« Je ne suis pas emballé » : le réalisateur de The Last of US tacle les jeux AAA
Bruce Straley, co-créateur et réalisateur de The Last of Us et d’Uncharted 4, a travaillé sur de nombreux titres AAA. Tellement qu’il a fini par prendre ses distances avec les grosses productions. Cela ne l’empêche toutefois pas de partager son ressenti sur l’industrie.
Il y a une certaine ironie à voir Bruce Straley critiquer les jeux AAA. Le réalisateur a passé près de vingt ans chez Naughty Dog et a notamment réalisé The Last of Us, aux côtés de Neil Druckmann, et Uncharted 4. Autrement dit, il connaît plutôt bien les énormes productions.
Dans un entretien accordé au magazine Edge, republié dans la newsletter Knowledge ce 17 septembre 2026, Bruce Straley explique avoir perdu son enthousiasme pour les grosses productions : « Je pense que les expériences que nous proposons dans le domaine du AAA sont… je dirais qu’elles sont ennuyeuses ».
Selon lui, le problème concerne l’industrie dans son ensemble : les gros jeux offrent de moins en moins d’espace pour « introduire des idées réellement nouvelles ou innovantes », bien qu’il reconnaisse l’énorme quantité de travail nécessaire pour produire un triple A moderne, prenant God of War: Laufey en exemple. Bruce Straley, désormais à la tête du studio Wildflower Interactive, admet qu’il garde toutefois en tête une idée de jeu AAA, tout en sachant qu’il « ne la concrétisera probablement jamais ».

Le réalisateur de The Last of Us s’éloigne des triple A avec son prochain jeu
Un constat qui explique le chemin pris par le développeur depuis son départ de Naughty Dog. Avec Wildflower Interactive, il développe des jeux plus modestes, avec une forte identité créative, tout le contraire de son idée d’un AAA d’aujourd’hui. Le site du studio met d’ailleurs en avant son identité à mille lieues des blockbusters : « Profitons-en également pour faire progresser notre secteur. Lancer une nouvelle aventure nous donne l’occasion de changer la donne, qu’il s’agisse des jeux que nous créons, de la culture que nous cultivons ou des méthodes que nous employons pour les deux », peut-on lire en page d’accueil.
Le studio explique également concevoir « des jeux de taille modeste, mais riches en créativité et dotés d’une identité visuelle unique, qui explorent tout le potentiel de notre médium ». Parallèlement, Wildflower Interactive s’engage à bâtir une équipe « soudée et bienveillante, composée de créateurs désireux de perfectionner leur savoir-faire tout en préservant un équilibre de vie sain ».
Vous l’aurez compris, ce ne sont donc pas seulement les jeux AAA qui l’ennuient, mais aussi toute l’industrie qui les entoure et la manière dont ils sont aujourd’hui développés. « Quand je regarde God of War: Laufey, chaque pixel est époustouflant. La quantité de travail et de savoir-faire investie dans chaque image… J’ai réalisé ce genre de jeux, et je reste sidéré », raconte Bruce Straley. « Mais quand je regarde concrètement ce que l’on fait dans le jeu, je ne suis pas emballé ».
Le premier jeu du studio Wildflower, Coven of the Chicken Foot, raconte les aventures d’une vieille sorcière aux pieds de poule et sa vie dans la forêt, dans laquelle elle devra nouer un lien avec une créature singulière. Le jeu semble offrir une expérience aux antipodes d’un triple A.
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