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Tuesday, October 20, 2026

États-Unis: Donald Trump rattrapé par l'inflation dans la campagne des midterms

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Le coût de la vie est le principal sujet de préoccupation des électeurs américains dans la campagne pour les élections législatives de mi-mandat, qui se tiendront le 3 novembre aux États-Unis. Donald Trump n'a pas tenu sa promesse de faire baisser les prix. De nombreux Américains, y compris au sein de son propre camp, lui en tiennent rigueur. En Caroline du nord, État traditionnellement conservateur, la question de l'inflation pourrait ainsi permettre à un candidat démocrate d'être élu au Sénat, qui n'a plus envoyé de démocrates à la chambre haute depuis 20 ans.

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« Make stuff cost less. » (« Faire baisser le prix des choses ») Le slogan de campagne de Roy Cooper, 69 ans, et plus largement, son discours sur le coût de la vie, séduisent les électeurs de Caroline du nord. En tête des sondages devant un proche de Donald Trump, l'ancien gouverneur démocrate de cet État de la côte est des États-Unis promet de faire baisser le prix de la nourriture, de l'électricité, de l'essence, de la santé, des logements et de la garde d'enfants. Sur ses réseaux sociaux, il poste régulièrement ce qu'il présente comme des témoignages d'habitants de Caroline du nord. « L'essence, le prix de l'essence, c'est fou ! » s'exclame un agriculteur dans l'un de ces spots de campagne. « Il a augmenté de 200%. Tout augmente à cause des taxes et de la guerre. Toutes les fermes de Caroline du nord sont confrontées à la même situation. » Et de conclure : « Roy Cooper comprend nos problèmes et il est déterminé à se battre pour nous au Sénat. »

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Il n'y a pas que dans cet État rural que le coût de la vie est une préoccupation majeure. C'est le sujet principal pour les électeurs américains dans cette campagne alors que Donald Trump s'était fait élire sur la promesse de faire baisser les prix. L'inflation est, certes, moins élevée aujourd'hui que sous Joe Biden. Mais les prix repartent à la hausse : +3,7% sur un an, en septembre, alors que quand Donald Trump a remporté la présidentielle, il y a deux ans, l'inflation s'élevait à 2,7%. Les coûts de l'énergie s'envolent tout particulièrement.

Un problème que Donald Trump semble ne pas voir

La plupart des Américains ont bien compris ce qui tire les prix vers le haut : la guerre des droits de douane et la guerre en Iran, toutes deux déclenchées par Donald Trump. Le président américain avait pourtant juré qu'il n'engagerait plus son pays dans des conflits à l'étranger. Cet autre engagement non tenu fait grincer des dents, y compris au sein du camp républicain, note Antoine Yoshinaka, professeur de sciences politiques à l'université de l'État de New York à Buffalo. « Cette promesse était très attrayante aux yeux des électeurs républicains car elle concordait parfaitement avec le message populiste de l'Amérique d'abord. Certains républicains sont déçus et se sentent trahis. D'ailleurs, des élus républicains au Congrès votent contre Donald Trump pour tenter de mettre fin à la guerre. »

Donald Trump ne semble pas prendre la mesure du mécontentement actuel. Bien souvent, il relativise l'ampleur de l'inflation ou il nie tout simplement son existence. Venu soutenir son ami Michael Whatley, l'opposant de Roy Cooper, lors d'un meeting de campagne mi-septembre, il a surtout parlé d'insécurité. « Avant, personne ne considérait la Caroline du nord comme un État dangereux. On disait : "La Caroline du nord, c'est magnifique !" Aujourd'hui, c'est l'un des États les plus violents du pays, l'un des pires. Et tout ça, c'est de la faute de Cooper ! Il protège les assassins. Il a libéré 3 500 meurtriers et criminels ! » s'est-il emporté. D'après des données du FBI, en 2024, la Caroline du nord était le 19e État le plus dangereux du pays, sur un total de 50.

« Donald Trump vit dans une réalité parallèle et très souvent, ces supporters le croient sur parole », constate le politologue Antoine Yoshinaka. Dimanche 11 octobre, le président étasunien a annoncé une baisse prochaine du prix du diesel grâce à la reprise des importations russes, malgré les sanctions qui pèsent contre Moscou. Mais ces livraisons ne seront pas suffisantes pour avoir un impact réel, estiment des experts. Peu importe. Tout ce qui compte, c'est que les fermiers américains qui mettent du diesel dans leurs tracteurs, eux, le croient.

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