Turquie: manifestation de journalistes et d'ONG de défense de la liberté de la presse

En Turquie, plusieurs milliers de personnes marchaient dans les rues ce samedi 24 octobre. Des syndicats de journalistes et des ONG de défense de la liberté de la presse appelaient à manifester dans une dizaine de villes du pays pour dénoncer une forte hausse du nombre de journalistes emprisonnés ces derniers mois, mais aussi la mise sous tutelle de plusieurs grands médias d’opposition et la fermeture de sites d’information. Ils accusent le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de tenter de faire taire les journalistes, et toute la société.
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Avec notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer
À Ankara, la capitale, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées. Ils sont venus pour leurs collègues privés de liberté, dont ils crient les noms un à un. Douze sont en prison, presque tous depuis moins de deux mois. Être journaliste en Turquie n’a jamais été simple, mais ceux qui sont ici assurent n’avoir jamais connu un tel niveau de répression.
« On ne peut plus respirer ! », s'exclame Sinan Tartanoğlu, représentant à Ankara du Syndicat des journalistes de Turquie (TGS). « On ne parle plus d’une simple politique de censure, de l’incarcération d’un journaliste ou du blocage d’un article… On vit désormais dans un climat où des dizaines de journalistes sont arrêtés, des chaînes de télé sont fermées, des sites d’information sont entièrement bloqués… C’est l’information elle-même qui est empêchée. »
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« Nous sommes confrontés à une offensive du pouvoir »
Dans la foule, beaucoup de simples citoyens, de militants et d’élus de l’opposition. Sevda Karaca est députée du parti de gauche EMEP. Pour elle, « le problème ne concerne pas seulement les journalistes et la liberté de la presse. Nous sommes confrontés à une offensive du pouvoir qui vise les fondements mêmes de nos droits constitutionnels. Il faut qu’on fasse enfin lutte commune. »
Tous disent craindre que la répression s’intensifie encore à l’approche des élections, prévues dans un an et demi.
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