Les pays européens réactivent leurs boucliers face à la hausse des prix du carburant

La flambée du pétrole oblige les gouvernements européens à réactiver leurs boucliers afin de réduire la facture des automobilistes confrontés à la hausse des prix à la pompe. Les exécutifs, confrontés à une inflation qui grimpe, improvisent des plans d'aides. Chacun a sa stratégie avec évidemment des contraintes budgétaires.
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• Prolongation d'aides sur le carburant en France
En France, le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu a prolongé les aides ciblées jusqu'au 31 décembre. Cela ne semble pas calmer la colère des pêcheurs qui ont bloqué deux ports et un dépôt pétrolier dans le sud de la France. La hausse des prix à la pompe a alimenté des appels à manifester évoquant les « Gilets jaunes », mouvement social d'ampleur qui avait secoué la France en 2018-2019.
• Le veto présidentiel sur la taxation des superprofits pétroliers en Pologne
En Pologne, le gouvernement de coalition de Donald Tusk avait déjà baissé deux fois la TVA sur les hydrocarbures, cette année, passant de 23 % à 8 %. La dernière baisse a été prolongée jusqu'à la fin août. Mais depuis, plus d'aides. La faute, selon le ministre de l'Énergie, au président nationaliste Karol Nawrocki. Son veto a bloqué un projet de loi pour taxer les superprofits pétroliers. Or, le gouvernement polonais comptait sur ces recettes pour financer son bouclier anti-inflation.
• Des aides ciblées en Espagne et en Hongrie
Le bouclier est réactivé en revanche en Espagne, mais jusqu'à la fin septembre. Une ristourne de 20 centimes a été décidée par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez sur le diesel seulement, dont le prix s'est envolé de plus de 15% sur un an.
Des aides ciblées, c'est la solution choisie par le Premier ministre hongrois, Péter Magyar. La Hongrie fait face à la pénurie inédite de diesel. Pour l'heure, 55 euros d'aides par véhicule diesel familial sont envisagés d'ici décembre, ainsi que des remboursements des taxes pour les agriculteurs.
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• En Allemagne, on attend encore
Pendant ce temps-là, l'Allemagne tergiverse. Le pouvoir d'achat des Allemands est un casse-tête pour le gouvernement du chancelier, Friedrich Merz, qui bat des records d'impopularité. Il a promis des mesures très prochainement. Le ministère de l'Économie penche pour des aides directes afin d'alléger la facture des ménages à faibles revenus. Une réduction temporaire de la TVA de 19 % à 7 % sur le carburant est aussi envisagée.
• L’Italie jongle entre les dispositifs
En Italie, le gouvernement de coalition de droite et d'extrême droite de Giorgia Meloni est à sa seizième prolongation de mesures anti-inflation. Rome a déjà mis en place des baisses des accises et de la TVA, ce qui a coûté à l'État 245 millions d'euros. Mais en octobre ce dispositif devra être remplacé par un chèque essence de 150 euros pour les ménages modestes. Les contraintes budgétaires sont bien là.
En Europe, des voix s'élèvent qui préconisent d'accélérer l'électrification face à l'ampleur de cette nouvelle crise d'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
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