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Monday, October 5, 2026

La dinde coûtera plus cher cette année à l’Action de grâce

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Le repas de l’Action de grâce devrait coûter plus cher cette année aux Canadiens qui souhaitent réunir leurs proches autour de la traditionnelle dinde rôtie.

Selon les calculs du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, le coût d’un repas pour quatre personnes grimpera cette année à 35,72 $, soit une augmentation estimée de 10 % par rapport à l’année précédente.

La facture était pourtant demeurée relativement stable entre 2024 et 2025, passant de 32,30 $ à 32,48 $, soit une hausse de seulement 18 sous.

Pour son étude, le laboratoire tient compte du prix d’un repas complet, soit la dinde et ses accompagnements : pommes de terre, carottes, petits pains, tarte à la citrouille, canneberges, farce et sauce. La volaille représente une bonne partie de l’augmentation, son prix passant, dans le scénario retenu par l’étude, de 10,43 $ à 12,53 $ (+ 2,10 $). Les carottes et les autres légumes contribuent aussi à la hausse.

Et ceux qui ont l’habitude de troquer la dinde pour le jambon, l’agneau ou le homard, verront aussi leur facture augmenter cette année. Le repas de jambon pour quatre personnes est estimé à 36,37 $ (+ 4,3 %), celui à l’agneau s’élèverait à 80,47 $ (+ 3,5 %) et le repas au homard monterait à 88,14 $ (+ 3,4 %).

Une dinde plus coûteuse

« En plus de l’inflation à l’épicerie en général, la volaille a connu des problèmes de production au cours des derniers mois. La demande a beaucoup augmenté alors que le prix du bœuf a explosé. Ça n’avait pas été anticipé », explique Sylvain Charlebois, professeur et directeur du laboratoire.

Du côté des Transformateurs de volailles et d’œufs du Canada (TVOC) et des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), on explique aussi la situation par l’augmentation du prix de l’alimentation animale, notamment le maïs et le soya, ainsi que par la hausse des coûts de l’énergie.

« [Il y a] les frais de transport, l’essence de chauffage — chauffer un dindon, ça prend beaucoup de carburant. Et avec la guerre en Iran, ça a fait exploser le prix du diesel, entre autres », fait valoir Benoît Fontaine, président de l’EVQ.

Et une fois la dinde sortie de la ferme, d’autres coûts s’ajoutent au fil de la chaîne d’approvisionnement, notamment pour le transport, la transformation et la main-d’œuvre.

Les consommateurs pourraient toutefois réduire leur facture. M. Charlebois conseille de surveiller les circulaires et les offres en ligne dans les jours précédant l’Action de grâce. Des rabais peuvent également être offerts directement en magasin sans être forcément annoncés en amont.

Un rendez-vous important

Pour les producteurs, l’Action de grâce est un moment important dans l’année pour faire des ventes. Au Québec, les ventes de dindons associées à cette fête représentaient 15 % des ventes annuelles en 2025, contre 11 % en 2024 et 9 % en 2023, selon le regroupement EVQ. Noël demeure la période la plus importante, avec environ 30 % des ventes annuelles.

« On remarque que les Québécois associent le dindon rôti au centre de la table pour les moments festifs, les moments de rassemblement », observe M. Fontaine. Il avance aussi l’hypothèse que les jeunes générations renouent davantage avec cette tradition plus anglo-saxonne.

À l’échelle canadienne, l’Action de grâce représente 30 % des ventes annuelles de dindons, la fête occupant une place plus importante chez les anglophones.

La consommation de dindes entières y est toutefois en baisse ces dernières années. Le directeur du secteur transformation primaire poulet et dindon du TVOC, Nicolas Paillat, explique cette diminution notamment par « les changements démographiques. la réduction de la taille des familles et une partie croissante de la population pour laquelle la consommation de dinde à l’Action de grâce ou Noël n’est pas une tradition. »

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