L'envolée des cours du pétrole contribue à accroître la précarité en France et en Europe

L'impasse dans la guerre au Moyen-Orient, l'extension du conflit vers la mer Rouge et les perturbations continues du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz provoquent une nouvelle flambée des cours du pétrole qui n'ont jamais été aussi hauts depuis le mois de mai. En France par exemple, le prix du litre de sans-plomb 95 - autour de 2,12 euros, soit 40 centimes de plus qu’il y a six mois (+31 %) - se rapproche du pic de 2022. Résultat : une hausse de la précarité en Europe où, depuis quatre ans, professionnels et particuliers apprennent à se serrer la ceinture.
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Des prix de l'essence qui flambent et des revenus qui ne suffisent plus pour boucler le mois : tel est le quotidien d'un nombre grandissant de Français et d'Européens, selon un baromètre de la précarité présenté, jeudi 10 septembre, par le Secours populaire français et des associations partenaires. D'après cette étude réalisée en mai et juin dernier par Ipsos auprès de 10 000 personnes dans 10 pays d'Europe, 26% des Français (+6 points en un an), et 29% des Européens (+1 point) se disent en situation de précarité.
Cette forte dégradation des conditions de vie s'explique en partie par l'envolée des prix de l'essence, liée au conflit au Moyen-Orient : 63% des Européens se disent inquiets de leur capacité à faire face à l'augmentation du prix du carburant (dont 71% des Français, +13 points), et 86% pour l'ensemble des factures d'énergie (électricité, gaz, essence).
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« On fait comme on peut »
Parmi les personnes les plus touchées par cette hausse des prix figurent les chauffeurs de taxi, comme Yassine qui finit de faire le plein de sa voiture en grimaçant : « J'en ai mis pour 70 euros... Avant, j'en mettais pour 50. C’est un véhicule hybride, avec un petit réservoir. Je fais le plein quasiment tous les jours en tant que taxi, donc à la fin de l’année, ça se ressent », témoigne celui-ci au micro d'Orianne Gendreau, du service France de RFI.
Alors que la hausse des prix de l'essence lui coûte entre 20 et 25 euros de plus au quotidien, Yassine essaie donc de limiter ses déplacements. « On essaie d’optimiser les courses au maximum. Et puis, dès qu’il n’y a plus de transports, on gare le véhicule et on fait comme on peut... », poursuit-il.
Si, l'an dernier, l’État avait mis en place une aide pour les grands rouleurs, Dylan, livreur depuis trois ans à Paris, estime pour sa part qu'il ne s'agit que d'une rustine : « On a reçu une aide assez ridicule : un chèque essence de 100 euros, c’est très maigre proportionnellement à ce qu’on paie tous les jours ! Moi, faire le plein me coûte environ 20 euros alors qu’avant, je pouvais le faire tranquillement pour 13 euros. On n’a pas le choix. »
Les particuliers, eux, l'ont un peu plus. Audrey, étudiante, a ainsi développé de petites techniques pour éviter les grosses dépenses : « Je cible les stations-service en dehors de Paris car elles sont un peu moins chères, explique-t-elle. Et je prends moins la voiture pour aller en vacances, par exemple : j’utilise le train et, dans Paris, je ne prends plus mon véhicule. »
Pour le moment, le gouvernement français se dit défavorable à un plafonnement des prix de l’essence.
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