Blocage des lycées en France: un mineur gravement blessé à la veille de l'«acte III» du mouvement

À la veille d'un « acte III » du mouvement lycéen auquel se joindront mardi 6 octobre des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi 5 octobre en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans, qui a vu sa main arrachée par une grenade policière.
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Un lycéen de 15 ans a eu une main arrachée lundi lors d'une manifestation à Lens, selon le préfet du Pas-de-Calais et le parquet de Béthune, qui n'ont pas communiqué pour le moment sur les circonstances des faits, qui demeurent floues. Selon une source policière interrogée par l'AFP, l'adolescent s'est blessé en ramassant une grenade.
Il y avait un regroupement de « 200, 250 » manifestants lundi matin devant le lycée Auguste-Béhal à Lens, qui projetaient « des pierres » ou des « mortiers » sur les policiers. Une compagnie de CRS est venue pour « maintenir l'ordre », et c'est dans ce cadre que « l'événement a eu lieu », a déclaré le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch lors d'un point presse sur place lundi en milieu de journée.
C'est un fait « très grave » mais « les jours de ce lycéen, fort heureusement, ne sont pas en danger » et il a été transféré « très rapidement » dans un hôpital à Lille, a ajouté le préfet. Cependant, François-Xavier Lauch s'est gardé d'en dire plus sur les causes de la blessure, invoquant « la phase judiciaire » qui s'est ouverte.
L'IGPN saisie par le procureur de Béthune
Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a dit avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour « délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente, afin que toute la lumière soit faite sur la chronologie et la relation des faits ». « À l'heure où je vous parle, je ne suis pas en mesure de vous répondre si cet adolescent avait formellement récupéré une grenade qui a explosé dans sa main, ou si la grenade aurait atterri sur lui », a-t-il ajouté.
« Je ne suis pas en mesure de confirmer ou d'infirmer l'usage de telle grenade plutôt qu'une autre », a continué le procureur dans la soirée. « Les investigations sont forcément complexes pour reconstituer la relation des faits », a-t-il justifié, citant l'exploitation de la vidéoprotection et des caméras piétons, des vidéos postées sur les réseaux sociaux, les auditions de la victime « quand son état le permettra », ainsi que des policiers présents au moment des faits, de témoins ou encore la retranscription des échanges sur les radios de la police.
Il s'agira aussi d'identifier les grenades utilisées et de « vérifier leur usage conforme à la doctrine et à la réglementation », a souligné Etienne Thieffry.
Le lycée Auguste-Béhal de Lens, où la victime était scolarisée en seconde professionnelle, est passé en enseignement à distance après les faits et une cellule d'écoute et de soutien a été ouverte. L'établissement restera fermé mardi, a annoncé la préfecture lundi soir.
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Manifestations à Lyon et à la Réunion
À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation d'ampleur, près de 600 lycées ont fait l'objet de perturbations en France. C’est le cas à Saint-Just, dans le 5e arrondissement de Lyon. Dans l’un des rares établissements encore ouverts du centre-ville, la police et les pompiers sont intervenus à deux reprises lundi, face à une cinquantaine de jeunes, scolarisés à Saint-Ju ou ailleurs. Manifester, c’est le seul moyen qu’il leur reste pour se faire entendre, et s’il le faut, ils resteront mobilisés aussi longtemps que les gilets jaunes.
En face des grilles du lycée, Mathilde et Mérième, élèves de terminale, rejoignent leurs camarades mobilisés. Impossible, pour elles, d’apprendre dans ces conditions. Elles estiment que l’État devrait aussi revoir ses priorités. « On a l'impression qu'ils s'intéressent pas trop à nous, qu'ils nous ont un peu laissé tomber. Et c'est vraiment dommage parce qu'on est l'avenir du pays », déplore une des lycéennes. « Je trouve ça choquant qu'on se concentre sur des trucs, par exemple le voile, plutôt que sur les profs, les horaires et comment améliorer la scolarité », ajoute une de ses camarades au micro de notre correspondante, Sarah Rodriguez.
À 10 000 km de l’hexagone, la contestation lycéenne s’organise aussi dans les territoires d’Outre-mer, notamment à la Réunion. Lundi, des manifestations ont été enregistrées devant 22 établissements de l’île, des lycées, mais aussi devant des collèges. Si la plupart ont eu lieu dans le calme, des échauffourées ont eu lieu à St-Benoît ou encore St-Louis, avec plusieurs interpellations à la clé.
Ce mardi, la mobilisation s’annonce massive, car à la Réunion, les motifs de la colère s’additionnent.
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À la Réunion, la mobilisation lycéenne se fait également entendre
Lola Fourmy
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