Blainville | Trois ans de prison pour avoir mis de la drogue dans le café de ses collègues

Un homme qui a drogué le café de ses collègues de travail l’an dernier a été condamné lundi à 34 mois de détention. Ses motivations demeurent un mystère à ce jour.
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« C’est toujours surprenant de ne pas avoir d’explication pour justifier quelque chose comme ça, qui sort de nulle part. Mais que voulez-vous », a affirmé la juge Sophie Lavergne, lundi après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme.
Thanh Tung Van, un Montréalais de 47 ans, a plaidé coupable en août dernier à des accusations d’administration de substances délétères et de trafic de stupéfiants.
Ce trafiquant détenait chez lui plus de 15 000 comprimés pouvant correspondre à de la méthamphétamine.
Ce qui frappe l’imaginaire dans ce dossier, c’est le modus operandi de Thanh Tung Van. Pour une raison inconnue, il a versé de la MDMA (Ecstasy) dans le café de plusieurs de ses collègues de chez EffectiV HVAC, une entreprise manufacturière de Blainville.
Une victime raconte avoir recraché le contenu de son café, car il goûtait « très amer et chimique ». Il s’est alors senti étourdi et déshydraté. Il a été pris de maux de tête et a eu des palpitations cardiaques.
Sur les caméras de surveillance, on peut voir Thanh Tung Van faire des allers-retours à sa voiture pour y saisir des objets et les mettre dans ses poches. On le voit ensuite laisser tomber quelque chose dans le café de son collègue.
De la MDMA a même été retrouvée dans le contenant à lait de la machine à café.
Trois autres collègues se sont plaints d’avoir ressenti de tels symptômes après avoir consommé du café dans les semaines précédentes
La Couronne et la défense ont présenté une suggestion commune de peine de 34 mois de détention, à laquelle le temps passé en détention préventive doit être soustrait. En pratique, il lui reste un an de prison à purger.
Les parties ont présenté leurs positions en seulement quelques secondes. La procureure de la Couronne, Me Naomi Bisson Paiement, a évoqué le risque de récidive « modéré » du délinquant et son absence d’antécédent judiciaire.
L’avocat de la défense, Me Diba Ntumba Muntu, « n’avait rien à ajouter ».
La juge s’est étonnée que la peine maximale en matière d’administration de substances délétère soit seulement de deux ans de prison. « C’est quand même surprenant », a-t-elle lâché. Elle a entériné la suggestion commune en évoquant qu’il y avait très peu de jurisprudence en cette matière.
Thanh Tung Van n’a pas témoigné.
Il sera soumis à une probation de trois ans à sa sortie de prison.
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