Le meurtrier condamné qui étudiait à McGill est de retour en détention
Le meurtrier condamné Jeffrey George Ewert, qui a suscité la controverse en rejoignant les bancs de la faculté de droit de l’Université McGill, est retourné derrière les barreaux.
« Un mandat de suspension de la mise en liberté sous condition de Jeffrey Ewert a été émis et le délinquant est retourné sous garde pendant qu’une évaluation plus approfondie de la situation est en cours », confirme le Service correctionnel du Canada (SCC) dans une déclaration écrite.
M. Ewert était en liberté conditionnelle de jour depuis 2025, après avoir passé des décennies derrière les barreaux pour meurtre et tentative de meurtre. En 1984, il a agressé sexuellement et tué une femme en Colombie-Britannique. Un mois plus tard, il a battu une adolescente, la laissant pour morte dans un fossé. Cette dernière a survécu, mais est restée paralysée.
Dans sa déclaration, le SCC précise qu’il « peut suspendre la mise en liberté sous condition d’un délinquant lorsqu’il existe des motifs raisonnables de croire que celui-ci a contrevenu à une condition de sa mise en liberté ou que le risque qu’il présente ne peut plus être géré de façon sécuritaire dans la collectivité », sans donner davantage de détails.
Controverse
L’inscription de M. Ewert à des cours de droit de l’Université McGill, rendue publique par CBC News, a suscité la controverse à la mi-octobre. Sa session a été interrompue le 6 octobre, selon une déclaration de la vice-rectrice principale aux études de l’université.
Cet évènement divise la communauté étudiante de l’université montréalaise. Une première pétition demandant retour de Jeffrey George Ewert sur le campus a été transmise à la direction de l’université le 19 octobre dernier. Les étudiants y expriment leur « profonde inquiétude » quant au « précédent » que la décision de l’Université pourrait créer. « Pour les personnes ayant été incarcérées, l’accès à l’éducation est essentiel non seulement pour la réinsertion et la réduction de la récidive, mais aussi pour leur avenir », peut-on lire dans le document.
Ces derniers jours, plusieurs médias ont relayé une deuxième lettre dans laquelle des étudiants expriment leurs inquiétudes concernant la présence de M. Ewert sur le campus et demandent, entre autres, à l’université de maintenir son exclusion provisoire.
« À la suite d’une suspension [de liberté conditionnelle], le dossier est examiné conformément au processus décisionnel établi après la mise en liberté, ce qui peut comprendre un examen supplémentaire par la Commission des libérations conditionnelles du Canada », précise le SCC.
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