Visé au cœur : violent assassinat chez les Néandertaliens de Shanidar

Meurtre au Paléolithique : Violence et sensibilité cohabitaient chez les Néandertaliens de Shanidar
Par Sara de Lacerda le Lecture 6 min. Abonnés
Choisir le bois, le tailler, l’affûter pour fabriquer une lance qui perce la peau du gros gibier, tout cela les Néandertaliens savaient le faire. Mais c’est la première fois que l’on découvre qu’ils pouvaient aussi s’en servir comme arme pour tuer leurs semblables.
Vue ventrale et dorsale de l’omoplate perforée de Shanidar A, un Néandertalien mis au jour dans la grotte de Shanidar, dans le Kurdistan irakien (en haut). Âgé de 45 ans environ, il a succombé à une blessure portée par une lance en bois du même type que celles trouvées sur le site allemand de Schöningen, telle la lance VI, dont certains chercheurs pensent qu’elle a servi de lance d'estoc (en bas).
Emma Pomeroy / Dirk Leder / Cambridge University
Décidément, la grotte de Shanidar dans le Kurdistan irakien, n’en finit pas de livrer des informations primordiales sur les Néandertaliens. Alors que les premières campagnes de fouilles du 20e siècle avaient déjà démontré qu’il s’agissait du site comptant le plus grand nombre de représentants de cette espèce (une dizaine), les archéologues britanniques qui ont repris les recherches en 2015 sous la direction de l’université de Cambridge en ont identifié trois autres, dont Shanidar A, ayant vécu il y a 75.000 ans.
Ce Néandertalien d’environ 45 ans a été durement éprouvé, non seulement parce qu’il a reçu un coup violent à la tête, mais surtout parce qu’il est mort des suites d’une profonde blessure à l’omoplate. Cette blessure constitue un indice très précoce de l’utilisation d’une lance en bois comme arme et du recours à la violence au Paléolithique.
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