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Saturday, September 26, 2026

"La culture, elle n’est belle que si elle est diverse" : Grand Corps Malade présente "Voir la mer" et raconte ce qui nourrit ses textes

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Seize chansons et plusieurs ambiances différentes : avec Voir la mer, Grand Corps Malade a voulu laisser de la place à plusieurs émotions. Le titre de l’album résume cette envie de prendre du recul.

"Voir la mer, c’est un peu symbolique de faire une pause, de prendre une respiration, de poser ses yeux ailleurs, sur un autre horizon. Et ça correspondait un petit peu à une année que j’ai passée à Montréal, loin de Paris, loin de la France", explique-t-il.

Mais cette respiration ne signifie pas pour autant détourner le regard. Sur plusieurs morceaux, Grand Corps Malade revient au contraire à ce qu’il observe autour de lui. La montée de l’extrême droite et les tensions de la société française apparaissent notamment dans ses textes. Il décrit un climat où les divisions se multiplient, où les personnes sont de plus en plus souvent "mises dans des cases" et où certains propos racistes semblent davantage assumés qu’auparavant.

"J’ai grandi dans une époque où être raciste était honteux. Celui qui était raciste, il ne criait pas sur les toits. Là, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on l’entend beaucoup, on entend des propos qu’on n’aurait pas acceptés il y a 15 ans", confie l’artiste.

Pour autant, Grand Corps Malade ne prétend pas expliquer les causes de cette évolution : "Je suis juste artiste et des fois je constate et je chronique des choses que je vois et qui m’inquiètent et je me permets d’essayer de mettre des mots dessus". Face à cette haine, il préfère mettre en avant les gestes qui peuvent, à son échelle, recréer du lien : "C’est se tendre la main, c’est essayer de retrouver un peu de curiosité de l’autre".

Une parole forgée en banlieue

Cette manière de regarder la société est aussi liée à son histoire. Il a grandi en banlieue parisienne, un environnement qu’il décrit comme "très riche, très cosmopolite, très multiculturel". "Je pense et je revendique que c’est une chance de grandir dans ce milieu-là où on ne se pose pas la question de la couleur de peau, de la religion, on est tous ensemble depuis le plus jeune âge et ça nous paraît naturel", raconte Grand Corps Malade.

Il refuse pourtant d’idéaliser ces territoires, dont il reconnaît les difficultés et l’abandon. Mais derrière ces réalités, il insiste sur une énergie et une créativité qui dépassent largement les clichés : "Il y a beaucoup de choses qui se passent en banlieue et il y a beaucoup d’artistes, de sportifs, mais pas que. Des avocats, des profs, des fonctionnaires. C’est un territoire où on peut faire beaucoup de choses".

Grand Corps Malade reste aussi attaché à ce qui l’a poussé à écrire. Sur le plateau, le slameur décide de lire à haute voix l’un de ses premiers textes, qu’il avait retrouvé dans un classeur et offert à son producteur. Un texte qui résonne encore particulièrement aujourd’hui : "Cette flamme est la preuve, laisse-moi t’en faire une démo, qu’il est possible de combattre le mal par les mots".

Une culture ouverte à tous

Cette idée de faire passer des messages par les mots rejoint sa vision plus large de la culture. Elle doit permettre à des univers et des personnes différentes de s’exprimer : "La culture n’est belle que si elle est diverse, que si beaucoup de gens très différents peuvent s’exprimer. Et voilà, la culture, elle parle de tout le monde. La culture, peut-être qu’elle nous aidera et peut-être qu’elle nous sauvera même".

C’est aussi ce qui l’a séduit chez Teddy Bear, son coup de cœur culturel bien de chez nous. Il l’a découvert récemment et apprécie chez lui une forme de sincérité : "Tu sens que c’est du vécu, tu sens que c’est du vrai. J’ai l’impression qu’il chante avec ses tripes. J’aime beaucoup les textes et j’aime sa manière de les interpréter".

Et après vingt ans de carrière, l’envie d’écrire et de créer ne semble pas près de disparaître. Lorsqu’on lui demande quel est son prochain rêve, Grand Corps Malade ne cherche d’ailleurs pas très loin : "Je crois que c’est la tournée. C’est un rêve que j’ai déjà connu, mais comme je ne me lasse pas, je ne suis pas blasé, je m’émerveille toujours de me dire, j’ai la chance de faire des tournées dans des grandes salles où il y a 6000 personnes qui m’attendent".

Un rêve qui, finalement, n’est peut-être pas si loin pour celui qui s’est produit ce vendredi soir sur la Grand-Place, à l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Et puisqu’il est aussi question de découvertes culturelles dans cette émission, François De Brigode propose, pour terminer, ses recommandations : une bande dessinée autour d’un détective inspiré de Conan Doyle, le festival du film coréen qui débute à Bruxelles et Les Remarquables, à retrouver sur la RTBF.

Voilà pour ce numéro de Culture en Prime. Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite, à retrouver sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.

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