Répression anti-LGBTQ+ en Turquie | Le Canada demeure silencieux

(Ottawa) Le gouvernement Carney ne s’est pas joint à l’Allemagne, à la France et à d’autres pays pour condamner la répression menée par la Turquie à l’encontre des organisations LGBTQ+.
Publié à
Dylan Robertson La Presse Canadienne
Affaires mondiales Canada n’a fait aucune déclaration publique depuis que les autorités turques ont mené des perquisitions dans plusieurs organisations et arrêté des centaines de militants.
Le ministère a plutôt publié un communiqué de presse dans lequel il affirme soutenir la démocratie et les minorités sans mentionner spécifiquement la Turquie.
Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a écrit sur les réseaux sociaux que l’enquête visant 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises avait pour but de « protéger les enfants, l’institution de la famille et l’ordre public ».
L’organisation de défense des droits ILGA-Europe appelle les pays à se prononcer, indiquant qu’environ 300 personnes avaient été arrêtées jeudi et avertissant que cette répression pourrait conduire à de nouvelles mesures gouvernementales contraires à la démocratie et à l’État de droit.
« Ces perquisitions marquent une escalade d’une attaque concertée contre le militantisme LGBT+ et le soutien à la communauté », a écrit l’organisation dans un communiqué.
PHOTO DILARA SENKAYA, ARCHIVES REUTERS
Des personnes se rassemblent devant le tribunal de Çağlayan, connu sous le nom de Palais de justice, à Istanbul, en Turquie, le 15 septembre 2026, en signe de solidarité avec la communauté LGBTQ+ et pour protester contre une campagne gouvernementale ayant donné lieu à des raids de grande envergure visant des associations LGBTQ+.
Elle a précisé que l’hostilité du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, envers les groupes LGBTQ+ s’est traduite par « des restrictions et des détentions lors des marches des fiertés, la censure des contenus LGBTQ+, des pressions sur les organisations, ainsi que des discours politiques présentant les personnes LGBTQ+ comme des menaces pour les enfants, les familles et la moralité publique ».
L’Union européenne a fait part de ses inquiétudes concernant ces perquisitions et la France, la Suède, la Finlande, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Islande ont publié jeudi une déclaration commune à ce sujet, qualifiant cette répression de « profondément préoccupante ».
La déclaration précise que les personnes LGBTQ+ jouissent des droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme, que la Turquie a signée.
Interrogé à ce sujet, le ministère canadien des Affaires mondiales n’a pas expliqué pourquoi il ne s’était pas associé à cette déclaration. Il a affirmé son soutien aux droits des personnes LGBTQ+, sans faire aucune mention de la Turquie.
« Le Canada est fermement convaincu que chacun devrait pouvoir vivre librement, en sécurité et dans la dignité. Nous restons préoccupés par l’évolution de la situation dans certains pays où les droits des personnes LGBTQ+ sont restreints, a écrit la porte-parole du ministère, Thida Ith. Affaires mondiales Canada est en contact étroit avec les organisations et les défenseurs LGBTQ+ dans les pays où nous sommes présents. Ces partenaires de confiance fournissent des informations précieuses sur la situation sur le terrain et aident à orienter le soutien du Canada envers les personnes victimes de discrimination ou de persécution. »
Le Canada n’avait pas publié de déclaration en avril lorsque le Sénégal a renforcé les sanctions pénales à l’encontre des personnes LGBTQ+, bien qu’Affaires mondiales Canada ait mis à jour son avis aux voyageurs concernant ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Affaires mondiales avait alors déclaré être « au courant » de la loi et « travailler en étroite collaboration avec des partenaires [tels que les Nations Unies] pour évaluer la situation ».
Le Canada négocie actuellement un accord de libre-échange avec la Turquie et le premier ministre Mark Carney a déclaré qu’il limitait les critiques publiques du gouvernement concernant les droits de l’homme dans des pays tels que la Chine et l’Arabie saoudite.
Il a fait valoir que les discussions à huis clos sur les questions relatives aux droits de la personne étaient plus productives que de « faire la leçon aux pays à distance ».
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