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Monday, October 5, 2026

Des roquettes contre des drones kamikazes : le lanceur Rampart de Naval Group vient de tirer en mer pour la première fois

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Le Rampart, le nouveau lanceur anti-drones de Naval Group, a fait ses premiers tirs en mer lors de l’exercice Wildfire de la Marine nationale, au large de Toulon, du 28 septembre au 2 octobre.

Le lanceur Rampart de Naval Group franchit une nouvelle étape de son développement. Après des tirs à terre au camp de Canjuers (Var) plus tôt cette année, ce nouvel armement multi-cibles vient de passer ses premiers essais en mer. C’est ce que rapporte Naval News, un site spécialisé dans la défense navale, dans un article publié ce lundi 5 octobre, avec une vidéo à l’appui.

Les tirs ont eu lieu durant Wildfire, un exercice de lutte anti-drones de la force d’action navale, qui regroupe les navires de surface de la Marine. Cette sixième édition, organisée du 28 septembre au 2 octobre, a réuni six bâtiments, dont deux frégates de défense aérienne Horizon. Pour la première fois, un porte-hélicoptères amphibie (PHA) y participait : le Tonnerre, de la classe Mistral.

C’est lui qui embarquait le Rampart, comme des photos l’avaient montré au moment de son appareillage, le 21 septembre à Toulon. Depuis l’île du Levant (Var), les équipes de la Direction générale de l’armement (DGA) ont mis en œuvre des drones qui jouaient le rôle de menaces.

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Un seul lanceur pour abattre des roquettes, des drones et des missiles

Naval Group a conçu le Rampart pour donner aux navires un moyen d’abattre des drones bon marché sans tirer à chaque fois un missile bien plus cher. Surtout, il s’agit de proposer une plateforme polyvalente : selon la mission, le Rampart peut être chargé en roquettes (guidées ou non), en missiles sol-air ou en missiles antinavires.

Le lanceur compte quatre emplacements pour autant de modules interchangeables. Chaque module peut contenir 20 roquettes guidées de 68 mm, soit 80 pour un lanceur complet. Malgré une portée qui peut atteindre 10 kilomètres selon la munition (5 kilomètres pour la roquette guidée de 68 mm), Naval Group présente le Rampart comme un système d’arme rapproché, c’est-à-dire la dernière défense d’un navire quand une menace est déjà tout près.

mistral PHA
Un PHA de classe Mistral. // Source : Montage Numerama, Gary Jane

Un Rampart renforcerait nettement la protection d’un PHA. Ces navires sont peu armés par rapport aux frégates : deux canons de 20 mm téléopérés, quatre mitrailleuses de 12,7 mm et deux systèmes d’autodéfense à très courte portée Simbad, qui tirent des missiles Mistral.

Un PHA peut aussi compter sur son escorte, mais les frégates ne peuvent pas forcément faire face à un essaim de drones, sans même parler du coût des missiles. Face à des attaques saturantes, la Marine a besoin d’armes de dernier recours peu coûteuses, comme des roquettes.

Les drones ont transformé la guerre navale en quelques années. En mer Rouge, les rebelles houthis s’en prennent depuis fin 2023 aux navires marchands et aux bâtiments de guerre occidentaux. En mer Noire, ce sont les drones navals ukrainiens qui visent la flotte russe. Certains ont même détruit un hélicoptère russe avec un missile fin 2024, puis abattu un avion de combat Su-30 en mai 2025.

Selon Naval News, le Rampart a tiré des roquettes non guidées de 68 mm, fabriquées par Thales, sur une cible flottante. Il a aussi tiré une roquette guidée de 68 mm, elle aussi signée Thales, sur un drone cible en vol. Un missile sol-air polonais Piorun était chargé dans l’un des quatre modules. Il n’a pas été tiré, ce n’était pas prévu pour cette première campagne en mer, mais son autodirecteur a bien accroché le drone cible.

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