« J’ai toujours la peur du rejet, la peur de déranger » : victime de harcèlement à l’école, Benjamin de « L’amour est dans le pré » explique comment ça a impacté sa vie sentimentale

Benjamin n’a rien oublié. Ni les moqueries, ni les menaces, ni ces années passées à tenter de se faire oublier. « Ça a commencé en deuxième secondaire, vers 14-15 ans. C’était toujours le même groupe, trois ou quatre garçons », raconte le candidat de « L’amour est dans le pré ». Dans son école d’horticulture, les humiliations se répètent. « C’étaient des moqueries, des menaces. Un jour, l’un d’eux a pris un morceau de chou pourri dans une benne et il l’a étalé sur mon manteau. Une autre fois, on vidait une bouteille de déo pour voir si ça faisait des traces. On me disait que si j’en parlais, on allait me tomber dessus. Certains s’en prenaient à moi pour faire les malins devant les autres. C’est pire que si on m’avait donné des coups… Malgré tout, je suis loin d’être l’élève à avoir subi le pire là-bas. »
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Pendant près de six ans, Benjamin endure ce quotidien. « Le courage, je n’en avais pas. Le moral non plus. » La souffrance est telle que l’idée d’en finir lui traverse l’esprit. « Je n’ai jamais franchi le pas, parce que je me disais que je ferais de la tristesse dans ma famille. Et ça, je n’en avais pas envie. » Chaque matin, il retourne pourtant à l’école. « J’essayais de ne pas y penser. C’était difficile. Je crois que je me voilais la face et que je vivais au jour le jour en me faisant discret. » Il peut compter sur quelques camarades, mais se sent bien seul face à ses harceleurs.
Aujourd’hui, l’horticulteur reproche à son établissement de ne pas avoir suffisamment réagi. « Je crois que les écoles étouffent un peu la chose en disant : “Ça va passer”. » Son regard d’adulte reste sévère : « Sans vouloir être méchant, les profs font beaucoup de cinéma, mais au final, ils n’agissent pas vraiment. C’est mon avis personnel. Je sais que ce n’est pas un métier facile. »
Ces années ont profondément marqué sa vie sentimentale. « Durant toutes mes années d’école, j’essayais d’avoir le moins de vie sociale possible. » Vingt ans plus tard, l’agriculteur de la région de Sombreffe reconnaît certaines séquelles. « J’ai toujours la peur du rejet, la peur de déranger. Je crois que c’est lié à la peur d’attirer l’attention. On ne sait jamais sur qui on va tomber. Il y a toujours cette méfiance. » Sa reconstruction s’est faite progressivement, grâce à ses amis et à son travail. « Dans l’histoire de “L’amour est dans le pré”, Benjamin est le premier agriculteur à utiliser le mot harcèlement », confie Julie Netens, rédactrice en chef de l’émission. « Il l’a évoqué à la toute fin de son entretien. Souvent, les candidats parlent plus d’eux face aux caméras que face à leur famille. Sa maman était au courant du harcèlement subi par Benjamin, mais il a dû minimiser les faits car il n’aime pas se plaindre. »
Il a appris à se blinder
Avec la diffusion de « L’amour est dans le pré », Benjamin s’expose désormais au jugement des téléspectateurs, notamment sur les réseaux sociaux. Une situation délicate pour celui qui a longtemps souffert du regard des autres. « Je suis quelqu’un d’assez sensible. Je sais moins vite faire abstraction d’un commentaire négatif. » Malgré les conseils de son entourage, il reconnaît consulter régulièrement les réactions des internautes. « Il y a beaucoup de positif. Peu de gens crachent leur venin. Avec mon passé, j’ai appris à me blinder. » « Certains candidats ont été écartés du casting final car le psy de l’émission estimait qu’ils n’étaient pas prêts à faire face à la diffusion », relate la production. « Si Benjamin avait été trop fragile, il n’aurait jamais pu participer au programme. »
Son message aux jeunes
Aux jeunes qui subissent la même épreuve, il adresse un conseil : « Il faut en parler à sa famille. Il ne faut pas garder ça pour soi. Parce que rien que d’en parler, ça fait beaucoup de bien. » Envoyer un e-mail ou un courrier à l’école afin d’acter la situation ? Pourquoi pas, à condition « qu’un signalement ne provoque pas de nouvelles représailles », souligne-t-il. Pour Benjamin, le plus important est de ne pas s’isoler : « Il faut garder près de soi ses amis, même s’ils sont peu nombreux, parce que ce sont eux qui peuvent nous libérer. »
« L’amour est dans le pré », chaque dimanche à 20h50 sur RTL tvi.
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