Les plantes transmettent-elles des maladies aux humains, comme le font les animaux ?

Cet article est extrait du numéro 957 du mensuel Sciences et Avenir, daté de novembre 2026. Il est issu de notre rubrique « Forum », qui nous permet de répondre aux questions posées par nos lectrices et lecteurs. Posez-nous les vôtres sur la page Facebook de Sciences et Avenir ! Nous répondons régulièrement à une sélection d'entre elles. Celle-ci nous a été posée par Jean-Christophe S.
En 2023, un cas insolite a marqué la communauté scientifique : un champignon qui s’attaque habituellement aux arbres a été identifié dans la trachée d’un homme de 61 ans. Il s’agissait de Chondrostereum purpureum, une espèce responsable de la maladie du plomb chez les arbres fruitiers, et dont la capacité à infecter l’être humain n’avait jamais été documentée.
"Plusieurs affections humaines peuvent être causées par des champignons responsables de maladies chez les végétaux ", expose Laurence Lachaud, à la tête du service de parasitologie- mycologie au CHU de Montpellier, par exemple les champignons du genre Fusarium.
« C’est, le plus souvent, par les voies respiratoires que ces champignons pénètrent dans notre organisme, puisque nous respirons en permanence leurs spores », remarque-t-elle.
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Des récepteurs différents selon les espèces, un obstacle à l’infection
Mais, contrairement aux champignons dont le mode d’infection dépend peu d’une reconnaissance spécifique de l’hôte, les bactéries et virus doivent se fixer à des récepteurs présents à la surface des cellules humaines pour pouvoir les infecter ou s’y répliquer. Or celles-ci ne possèdent pas les mêmes récepteurs que les cellules végétales.
À cela s’ajoute une température corporelle humaine trop élevée pour permettre à la plupart de ces agents de se multiplier. L’un des seuls virus issus de plantes retrouvés chez l’humain est celui de la marbrure légère du piment. Il ne s’agit pas d’une véritable infection : le virus, ingéré par l’alimentation, transite dans l’organisme sans s’y répliquer ni provoquer de maladie.
Du côté des bactéries, on peut citer le cas de Pseudomonas aeruginosa, dont les infections ont été observées chez des personnes immunodéprimées. Il faut enfin distinguer ces situations des affections où la plante joue un rôle de vecteur passif de transmission : la douve du foie et l’échinococcose (« maladie du renard ») par exemple. Ces parasites d’origine animale sont généralement contractés en consommant des végétaux contaminés.
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