Nicaragua: l’ONU alerte sur la dérive autoritaire et la concentration des pouvoirs

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a déploré mercredi 16 septembre 2026 l'accaparement du pouvoir par l'exécutif et le parti au pouvoir au Nicaragua, pays dirigé d'une main de fer par le président Daniel Ortega depuis 2007.
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« Le pouvoir est de plus en plus concentré entre les mains de l'exécutif et du parti au pouvoir », a averti mercredi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, à l'occasion de la publication d'un rapport détaillant « le démantèlement progressif des institutions démocratiques et de l'État de droit » au Nicaragua, mettant « fin de facto à la séparation des pouvoirs. »
Le rapport (à consulter ici, en anglais) documente une « prise de contrôle quasi totale », ainsi que « des abus systématiques de pouvoir qui ont affaibli les contre-pouvoirs institutionnels », a déclaré le Haut-Commissaire, cité dans un communiqué. Le texte rappelle notamment que début septembre, l'Assemblée nationale a approuvé à l'unanimité une réforme constitutionnelle empêchant les opposants de participer aux élections, verrouillant un peu plus le pouvoir du président Ortega.
La détention arbitraire comme outil de répression
Selon le rapport, « le parti au pouvoir contrôle actuellement le pouvoir législatif, les 153 municipalités ainsi que les deux conseils régionaux des régions autonomes de la côte caraïbe », et une loi adoptée l'an dernier « a placé plusieurs organes essentiels de contrôle sous l'autorité du président. »
Les auteurs soulignent également un « recours systématique aux détentions arbitraires comme principal outil de répression ». À la fin de la période juin 2025-juin 2026 couverte par le rapport, des organisations de la société civile faisaient état d'au moins 46 personnes toujours détenues.
Le Haut-Commissariat a également recensé au moins huit cas de disparition forcée et quatre décès en détention imputés aux autorités. Le rapport, évoquant « une impunité généralisée », indique que ces chiffres, non exhaustifs, pourraient être plus élevés en raison notamment de l'absence d'accès au pays, du refus des autorités de coopérer, et de la crainte de représailles parmi les victimes et témoins.
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Organisations fermées, médias mis au silence
Au cours de l'année écoulée, quatre nouvelles organisations de la société civile ont été contraintes de fermer, portant à 5 539 le nombre d'entités arbitrairement dissoutes au cours des huit dernières années. Les autorités ont également ordonné la fermeture d'un nouveau média, portant à au moins 56 le nombre de médias fermés sur la même période.
« Il ne reste presque plus rien à fermer », a commenté le Haut-Commissaire, alors que le rapport indique que les confiscations judiciaires de biens ont été « systématiquement utilisées » par le gouvernement comme un moyen de s'emparer des actifs d'opposants ou de personnes considérées comme tels. « La situation est absolument indéfendable », a encore commenté Volker Türk.
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