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Wednesday, October 7, 2026

7-Octobre: trois ans de traumatismes accumulés pour les familles de Gaza

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Le 7 octobre 2023, Israël déclare l’état de guerre et lance des frappes militaires sur la bande de Gaza. Une campagne de bombardements intensifs qui visent officiellement le Hamas et qui se poursuit malgré un cessez-le-feu proclamé l'an dernier. Dans un territoire si densément peuplé et surtout sous blocus depuis 2007, c'est la population civile qui en subit les conséquences.

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Massacres, déplacements forcés, famine organisée, attaques systématiques contre les infrastructures civiles, notamment les hôpitaux : l’ampleur des crimes est telle que nombre d'experts et des organisations israéliennes dénoncent un génocide à Gaza. Dans une ordonnance historique en 2024, la Cour internationale de justice cite les propos de plusieurs hauts dirigeants israéliens déshumanisant les Palestiniens, et reconnaît le risque plausible de génocide. Plusieurs commissions d'enquête de l'ONU dénoncent le même crime, et notamment le ciblage des enfants.

Moufid a 12 ans, il rêve de devenir ingénieur. Pour l'heure, il vit à Gaza-ville avec ses deux petits frères et sa mère Manar. Tous les quatre ont survécu à ces trois années d'enfer, une douzaine de déplacements forcés, la famine et les frappes israéliennes quotidiennes. L'un des garçons a failli périr dans un bombardement israélien. Une expérience traumatisante parmi tant d'autres. « Quand j'y repense, je pleure, même s'il a survécu, Dieu merci. Cela m'a rendue plus forte », raconte Manar en se remémorant les longues heures d'inquiétude dans un hôpital dépourvu de matériel suffisant.

Moufid, 12 ans, fait ses devoirs dans la chambre sans fenêtres où loge sa famille.
Moufid, 12 ans, fait ses devoirs dans la chambre sans fenêtres où loge sa famille. © Photo prise par la famille de Manar, droits réservés

À l'annonce d'un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, Manar se joint aux immenses foules qui remontent vers le nord, vers la ville de Gaza. « Nous avons dû marcher environ 15 heures ! Vous le feriez-vous, avec des enfants ? Sur le chemin, nous avons vu des morts, des crânes, des corps décomposés », se remémore-t-elle. Elle tente alors d'empêcher ses enfants de voir l'horreur, mais elle ne peut rien faire lorsque leur maison est détruite ; c'est une tente qui finit par leur servir d'abri précaire. « Nous avons failli nous noyer, les rats rôdaient près de mes garçons endormis. C'étaient des nuits sans sommeil pour moi », poursuit Manar.

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Tout coûte cher à Gaza 

Après une cohabitation forcée avec sa belle-famille, elle a fini par trouver une chambre en sous-sol qu'elle loue 1 400 shekels par mois (environ 409 euros) mais elle cumule les impayés. Le père des enfants, le mari de Manar, travaillait en Israël avant le 7 octobre 2023. Comme des milliers de travailleurs palestiniens, son visa a été révoqué et il se trouve désormais coincé en Cisjordanie occupée. Son maigre salaire ne permet pas d'assurer les dépenses. Depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, les marchandises entrent mais en quantité insuffisante. Tout coûte cher à Gaza. Et désormais, le propriétaire de la petite chambre menace la femme de 33 ans : « Il m'a dit : "Je vais jeter vos affaires dans la rue. On verra qui vous logera". J'ai été forcée de m'endetter pour le faire taire », raconte Manar.

Désespérée, Manar redoute une chose, devoir quitter le confort relatif de sa chambre en sous-sol et sans fenêtre pour retourner dans une tente à l'approche de l'hiver. Pour économiser quelques shekels, elle a retiré son plus petit fils de l'école maternelle. Car l'enseignement, même public, est lui aussi payant à Gaza.

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