A l’avenir, pourra-t-on démonter les bâtiments "comme des LEGO" au lieu de les détruire ? La VUB teste de nouvelles techniques

Au premier coup d’œil, on dirait une nouvelle construction comme tant d’autres. Petite, rectangulaire, avec un bardage en bois. A l’intérieur, les pièces sont vides. Et pourtant, nous voici face à un véritable laboratoire de la VUB, fraîchement construit au sein du parc de recherche de Zellik. L’université participe à un programme de recherche européen. L’objectif ici, c’est de trouver des solutions concrètes pour réduire la quantité de déchets dans la construction.
Au sein du laboratoire d’expérimentation du Green Energy Park, situé dans le parc de recherche de Zellik, le projet européen « Horizon Europe » RECONSTRUCT inaugure un bâtiment de démonstration innovant qui concrétise l’avenir de la construction circulair © Juliette Pitisci
"C’est un système flexible", nous explique Anneke Hunninck, responsable du développement commercial à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). "Donc au lieu d’avoir une construction statique, ici on peut démonter et remonter tous les matériaux, la structure, même pour une autre fonction. On peut dire que c’est un peu comme un système de LEGO."
Par exemple, des premiers tests vont permettre de démonter entièrement le sol du bâtiment, sans le détruire. A la place, il sera remplacé par des plaques de ciment pas comme les autres…
Une structure en textile
Ce nouveau ciment, développé par la VUB, se distingue par son armature en textile." Il ne s’agit évidemment pas de textile au sens où on l’entend pour les vêtements ", précise Anneke Hunninck.
"C’est de la fibre de verre. Cette technique permet de réduire la quantité de béton nécessaire et de réaliser des structures beaucoup plus fines, plus légères et plus faciles à construire. Habituellement, on utilise de l’acier pour renforcer le béton. Il faut alors prévoir une épaisseur de béton suffisante pour protéger l’acier contre la corrosion. Avec la fibre de verre, ce problème ne se pose plus. On peut donc réduire la quantité de béton utilisée et, par conséquent, diminuer considérablement l’empreinte écologique de la construction. "
La technique permettrait de réduire jusqu’à 80% la quantité de béton utilisée dans une construction.
Cette armature en fibre de verre permettrait de réduire jusqu’à 80% la quantité de béton utilisée dans une construction. © Juliette Pitisci
Un passeport pour matériaux
Réutiliser les matériaux, c’est une chose. Mais pour organiser ce réemploi en est une autre. C’est pourquoi la VUB réfléchit à un système de passeport des matériaux.
"Sur nos passeports, il y a tout un tas d’informations", nous précise Inne Peersman, directrice du Green Energy Park. "La couleur de nos cheveux, de nos yeux, etc. Ici, ce passeport du bâtiment décrirait en détail tous les matériaux qui ont été utilisés pour construire ce bâtiment. Comme ça, une fois qu’on décide de déconstruire le bâtiment, on va pouvoir analyser quels matériaux peuvent être réutilisés, parfois pour toute une autre fonction, mais parfois aussi de nouveau dans la construction."
Dans ce bâtiment test, tous les matériaux sont démontables, même le sol. © Juliette Pitisci
Le projet dépasse nos frontières. Le bâtiment de démonstration bruxellois est l’un des deux projets pilotes européens, aux côtés d’un deuxième bâtiment de démonstration à Barcelone, où l’accent sera davantage mis sur le recyclage des matériaux.
"L’objectif, c’est de partager nos expériences, nos méthodes et les résultats de nos recherches respectives", explique Inne Peersman. "Nous cherchons à comprendre ce que nous pouvons apprendre les uns des autres et à nous inspirer mutuellement pour développer des solutions de construction plus durables."
Il faudra trouver des réponses, et vite. Dès 2030, l’Europe imposera que tous les bâtiments neufs affichent leur empreinte carbone sur l’ensemble de leur cycle de vie.
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