Pour donner vie à leur troisième lien, les conservateurs misent sur la mort du tramway
Les jours se suivent, mais les moyens de financer un troisième lien conservateur ne se ressemblent pas. Le chef Éric Duhaime répète depuis deux jours son intention de faire mourir le tramway de Québec pour récupérer des milliards nécessaires à la construction du pont entre l’île d’Orléans et Beaumont estimé à près de 3 milliards de dollars. Une proposition qui détonne par rapport aux prétentions formulées lundi par son porte-parole en matière d’économie.
Le candidat conservateur dans D’Arcy-McGee, Adrien Pouliot, suggérait à ce moment que des gains de productivité dans la construction suffiraient à financer son troisième lien ou qu’un partenariat public-privé apporterait le capital nécessaire à sa réalisation.
Le lendemain de la présentation du plan conservateur pour les infrastructures, Éric Duhaime présentait toutefois une autre option : c’est l’annulation du tramway qui apporterait les milliards requis pour bâtir le nouveau pont.
Il l’a répété mercredi matin au micro de Radio X. « Le tramway, il y a des travaux qui sont faits présentement, pis c’est correct parce qu’ils font le sous-sol et le sous-sol, il est à refaire, a affirmé Éric Duhaime. Donc, on peut refaire les canalisations pis repatcher ça par-dessus après et passer à un autre appel. »
Excavation d’un tunnel prévue en 2027
Cette position contraste avec celle exprimée par le candidat conservateur dans Vanier-Les Rivières, Patrick Paquet, un opposant notoire au tramway. Au moment d’annoncer sa candidature, il avait affirmé que le rôle du PCQ à l’Assemblée nationale serait moins d’interrompre la réalisation du réseau structurant que d’en « surveiller » les éventuels dépassements de coût.
« Je ne me mets pas la tête dans le sable, avait lancé Patrick Paquet. Je ne pense pas que c’est avec cette élection-ci qu’on va arrêter le tramway. » Le parti avait corrigé le tir quelques heures plus tard pour confirmer qu’un gouvernement conservateur appliquerait les freins sur le chantier.
Depuis les banquettes de l’opposition, les conservateurs auront toutefois un pouvoir limité pour arrêter les travaux en cours.
La phase majeure du chantier, qui inclut notamment l’excavation d’un tunnel entre la haute-ville et la basse-ville de Québec, doit démarrer l’an prochain avec la construction des stations et du centre d’entretien, l’implantation des rails et la mise en place du réseau électrique qui alimentera les rames.
Cette phase doit s’échelonner sur une période de cinq ans et se terminer en 2032. Il reste encore une dernière « entente de réalisation » à conclure au gouvernement pour que le tramway ait tous les feux verts nécessaires à sa réalisation. Celle-ci doit être paraphée, au plus tard, en juillet 2027.
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