Un pêcheur croyait voir un rocher, c'était une épave romaine vieille de plus de deux mille ans

La découverte a eu lieu le 8 août au large de Mazara del Vallo, à l'ouest de la Sicile. Le ministre italien de la Culture, Alessandro Giuli, la présente comme l'une des plus importantes réalisées récemment en archéologie sous-marine. Son intérêt dépasse le nombre d'objets retrouvés : elle documente les circuits commerciaux en Méditerranée entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère.
Une prospection ordinaire, une épave intacte
Giacomo De Mola, pêcheur sous-marin, effectuait une journée de prospection lorsqu'il a aperçu la masse. Il raconte avoir d'abord pensé au rocher habituel, avant que l'approche ne lui coupe le souffle. Sous lui s'étendait une immense nappe d'amphores. Sous ces vases se trouvait la coque, longue de 21 mètres, large de 6 et haute de 2, accompagnée de deux ancres en plomb.
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Les premières analyses font état d'une épave exceptionnelle, indique-t-il, décrivant le sentiment d'être parmi les premiers humains à revoir ce lieu après près de vingt siècles.
Ce que les amphores racontent
Ces récipients en terre cuite servaient au transport maritime des marchandises. Leur intérêt archéologique tient à ce qu'ils constituent des marqueurs datables : la forme d'une amphore renseigne sur sa provenance, son époque et son contenu. La classification de référence a été établie par l'archéologue allemand Heinrich Dressel à la fin du XIXe siècle.
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Sur cette épave, selon Giacomo De Mola, la majorité des vases relève du type Dressel 1A. S'y ajoutent des Lamboglia 2, de probables amphores nord-africaines et une amphore néopunique.
Cette diversité constitue une information qui évoque un navire chargé dans plusieurs zones, ou circulant sur des routes reliant des aires de production distinctes.
Une multitude d'amphores de différentes formes a permis de déterminer leur provenance, leur époque et leur usage. Surtout, elles dessinent avec précision les routes maritimes commerciales en Méditerranée entre le IIe et le Ier siècle avant J.-C. © Ministère de la Culture italien
Des conteneurs à vin de la fin de la République
Les amphores Dressel 1A sont datées de la fin du IIe siècle et du début du Ier siècle avant notre ère.
De forme cylindrique et munies d'anses, elles transportaient du vin. Elles correspondent à une période d'intensification des exportations viticoles italiennes vers la Gaule et la Méditerranée occidentale, ce qui en fait un marqueur classique de ces échanges.
La suite des opérations
L'épave de Mazara del Vallo et son chargement doivent maintenant être étudiés par les archéologues de la Surintendance de la Mer, structure sicilienne chargée du patrimoine sous-marin. L'objectif consiste à préciser l'origine du navire et les circonstances de son naufrage, avant une éventuelle présentation au public.
Le bon état de conservation de cet ensemble prend un relief particulier au regard des risques qui pèsent sur ce type de site. En mai 2022, quatre-vingts amphores avaient été retrouvées dans un garage à Cannes, un mois après le pillage d'un navire antique. Les épaves méditerranéennes, souvent accessibles en plongée, constituent des cibles régulières, et la préservation d'un chargement complet demeure exceptionnelle.
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