La lieutenante-gouverneure regardera l’assermentation des ministres à la télévision

Paul St-Pierre Plamondon gagne une autre manche dans son combat contre la monarchie au Québec. La lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, accepte la demande du premier ministre désigné de ne pas assister physiquement à l’assermentation du Conseil des ministres prévue mercredi.
Elle ne souhaite pas devenir le centre de l’attention. […] La lieutenante-gouverneure fait preuve de discrétion et de retenue afin que l’attention reste portée sur les institutions démocratiques
, a expliqué son cabinet.
Mme Jeannotte suivra donc l’événement à partir de son bureau à un jet de pierre de l’Assemblée nationale.
Rien n’oblige le représentant du roi à assister à l’assermentation des ministres, mais, par le passé, il était toujours présent, dans une cérémonie privée ou publique. Sa signature est cependant toujours nécessaire pour officialiser les nominations, une responsabilité que le premier ministre désigné reconnaît dans une lettre envoyée lundi à Mme Jeannotte.
Ainsi, la lieutenante-gouverneure signera en temps réel, au fur et à mesure, en regardant la télévision, les documents nécessaires pour approuver chaque nomination.
Elle aura préalablement accepté la démission de Christine Fréchette et de son gouvernement lors d’une rencontre également prévue mercredi.
Le nouveau Conseil des ministres pourra donc siéger dès mercredi, Paul St-Pierre Plamondon ayant d'ailleurs prévu une première réunion de son cabinet en début de soirée.
Volonté renouvelée d'abolir la monarchie
Dans une lettre envoyée lundi à la lieutenante-gouverneure, Paul St-Pierre Plamondon réitère sa volonté d’abolir la monarchie au Québec.
Nous considérons évidemment que la légitimité des actions politiques et gouvernementales relève du peuple du Québec […] et non pas de la permission que pourrait nous octroyer un souverain étranger qui n’a aucune légitimité démocratique
, écrit-il.
Pour atteindre son but, le premier ministre désigné compte présenter et faire adopter un projet de loi à l’Assemblée nationale. Pour franchir ces étapes, il doit former son Conseil des ministres qui doit lui-même être autorisé
par le représentant du roi. L’assermentation du cabinet et la signature de la lieutenante-gouverneure sont donc des étapes incontournables.
Et le discours d’ouverture?
Le Parti québécois a aussi l’intention d’exclure Manon Jeannotte de la lecture du discours d’ouverture qui marquera la rentrée parlementaire, probablement à la fin de novembre.
Contrairement à ce qui a cours à Ottawa, ce n’est pas le représentant du roi qui lit le discours, mais il prononce tout de même une allocution.
Une étape à la fois
, nous dit une source proche du dossier, en précisant que c’est toujours l’intention de demander à la lieutenante-gouverneure de ne pas assister à la rentrée parlementaire.
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