Test Redmi Note 17 Pro 5G : batterie record et sacrifices majeurs sont dans un smartphone, qui tombe à l’eau ?

Face à la crise de la RAM, tous les constructeurs n’adoptent pas la même stratégie, mais tous tentent de tirer leur épingle du jeu malgré les circonstances. Xiaomi ne fait évidemment pas exception, et s’inspire notamment de Oppo, qui décidait il y a peu de déjà sortir son Oppo Reno 16 Pro, avec une hausse de prix notable.
Le Redmi Note 17 Pro que nous testons ici, terminal de milieu de gamme coutant 450 euros, prend 50 euros dans l’opération et vient s’intercaler entre le modeste Redmi Note 17 5G (350 euros) et le plus onéreux Redmi Note 17 Max qui s’approche des 650 euros. Pour le coup, contrairement à Oppo, la hausse de la facture est relativement contenue (mais réelle). En revanche, dès la consultation des fiches techniques, il apparait évident que des concessions matérielles ont été opérées par rapport au Redmi Note 15 Pro.
Autre élément à prendre en compte : Xiaomi accélère le rythme. Voici donc déjà la gamme Xiaomi Redmi Note 17, alors que la gamme Redmi Note 15 (oui, le 16 est passé à la trappe) ne date que de janvier dernier. Pourquoi une sortie aussi avancée ? Jusqu’ici, nous devions attendre plusieurs mois en occident pour voir arriver chez nous les déclinaisons des Redmi. Mais la marque a retravaillé son processus d’industrialisation et nous aurons désormais très peu de temps écoulé entre les sorties chinoises et françaises.
Place au test complet pour voir si Xiaomi a malgré tout trouvé un bon équilibre, et si sa batterie monstrueuse tient ses promesses pour notamment compenser d’autres faiblesses.
Le Redmi Note 17 Pro 5G (la version 4G n’est, pour la première fois, pas commercialisée en France) est proposé en deux versions : 6 Go de RAM et 256 Go de stockage pour 449 euros, et 8 Go de RAM et 512 Go de stockage pour 549 euros. C’est donc 50 € de plus que la génération précédente.
Design : un jus de pomme sans risque
Comme bien d’autres terminaux cette année, l’influence des derniers iPhone se ressent franchement dans le design du Redmi Note 17 Pro. C’est surtout vrai pour son îlot photo au dos, avec son cartouche à liseré métallique surélevé, lui-même légèrement surélevé sur un carré transparent (ce qui déséquilibre le terminal, quand posé à plat sans coque). On relèvera d’ailleurs que l’on passe de quatre “capteurs” à seulement deux, car le capteur de profondeur semble regroupé avec l’ultra grand-angle, tandis que le flash dispose d’un simple poinçon à côté.

Tout de plastique doux vêtu, le terminal jouit comme souvent avec Xiaomi d’excellentes finitions pour le prix demandé. On retrouve notamment une certification IP68 et aucune jonction, parfois un peu vilaines visuellement, sur la tranche en faux aluminium. On appréciera également la présence de deux grilles de haut-parleur en haut et en bas (quand souvent seule une en bas est proposée), tandis que les boutons d’alimentation et de volume sont classiquement placés.

Par rapport au Redmi Note 15 Pro et à la concurrence, un point est cependant un peu regrettable, mais très probablement expliqué par la présence d’une batterie hors norme : l’épaisseur de l’appareil est un peu élevée (8,6 mm, contre 7,96 mm auparavant) et s’accompagne d’un poids également légèrement en hausse (223 g contre 210 g). Cela n’empêche absolument pas le smartphone d’être parfaitement confortable en mains, mais couplé à la coque fournie (ce qui est toujours sympa), l’appareil peut commencer à en imposer un peu.

Écran : peu de changements, mais ce n’est pas un problème
Si le design change beaucoup donc, l’écran lui reste proche de ce qui était proposé en janvier dernier. On retrouve ainsi une grande dalle de 6,83 pouces dotée d’une résolution de 447 PPP et d’une définition de 1280 x 2772 pixels. Le tout est protégé par du verre Gorilla Glass Victus 2 et capable de monter à un classique 120 Hz. OLED, l’écran est également compatible HDR, ce qui est toujours apprécié pour un téléphone autour des 500 euros.

Place aux mesures avec notre sonde colorimétrique et le logiciel de calibration Calman Ultimate de Portrait Displays. Tout d’abord, on relèvera que la promesse du constructeur d’un 3500 nits maximum est tenue. En effet, nous avons mesuré un pic lumineux maximum massif à 3949 cd/m². C’est beaucoup, mais moins que le précédent record du Honor 600 Pro. Reste que cela est largement suffisant pour affronter sereinement le soleil, et mieux que le Redmi Note 15 Pro et bien d’autres appareils souvent plus chers.
Côté calibration, nous vous recommandons de conserver le profil “Intense” sélectionné par défaut. C’est en effet le plus équilibré, grâce notamment à une balance des blancs proche de la valeur cible à 6512 K, tandis que les Delta E des couleurs sont assez satisfaisants, à savoir 2,5 en P3 et 3,1 en sRGB. Des concurrents se montrent plus justes, mais nous parlons ici de subtilités que la plupart des yeux ne verront pas. Bref, l’écran du Redmi Note 17 Pro est excellent.
Taille de l'écran Définition Résolution Ratio affichage/taille Pic lumineux Pic lumineux (boost) Pic lumineux HDR
Xiaomi Redmi Note 17 Pro 6,83 " 1280 x 2772 447 ppp 88,8 % 788 cd/m² 3949 cd/m² 690 cd/m²
Xiaomi Redmi Note 15 Pro 5G 6,83 " 1280 x 2772 447 ppp 90,6 % 611 cd/m² 3268 cd/m² 1736 cd/m²
Honor 600 6,57 " 2728 × 1264 458 ppp 91,8 % 488 cd/m² 5918 cd/m² 1648 cd/m²
Samsung Galaxy A57 6,7 " 2340 x 1080 385 ppp 89,7 % 474 cd/m² 1748 cd/m² 1809 cd/m²
Google Pixel 10a 6,3 " 1080 x 2424 422 ppp 83,8 % 1424 cd/m² 2914 cd/m² 2024 cd/m²
Performances : en retard, et des régressions regrettables
L’an dernier (pardon, il y a six mois), Xiaomi choisissait une puce MediaTek Dimensity 7400-Ultra qui empêchait le Redmi Note 15 Pro de faire jeu égal avec ses principaux concurrents. Cette fois, le constructeur a choisi de changer de crémerie avec un Snapdragon 6s Gen 4. Malheureusement, là encore, la génération retenue est un brin modeste en termes de performances, et fait peu ou prou comme le terminal précédent.

Dans notre version de test, la plus modeste dotée de seulement 6 Go de RAM, reste que la navigation au quotidien est tout à fait fluide et satisfaisante, sans accros notables. C’est pour les joueurs les plus exigeants que les choses risquent un peu de se compliquer, surtout dans les années à venir. Dans les jeux en 3D les plus gourmands, temps de chargement un peu long et sacrifices graphiques à faire pour maintenir un taux d’images par seconde satisfaisant sont de la partie. Reste que la solution demeure tout à fait praticable dans cette gamme de prix et a le bon goût de ne presque pas chauffer (35 °C maximum mesurés, c’est solide).
AnTuTu 11 Score AnTuTu 11 CPU AnTuTu 11 GPU
Xiaomi Redmi Note 17 Pro
896083 pts
323673 pts
84028 pts
Honor 600
1390547 pts
480870 pts
322771 pts
Samsung Galaxy A57
1374620 pts
516160 pts
375416 pts
Google Pixel 10a
1411814 pts
468107 pts
417809 pts
SoC Geekbench 6 Single-Core Geekbench 6 Multi-Core Geekbench 6 GPU
Xiaomi Redmi Note 17 Pro Qualcomm Snapdragon 6s Gen 4
1009 pts
2901 pts
3053 pts
Xiaomi Redmi Note 15 Pro 5G Mediatek Dimensity 7400-Ultra
1060 pts
2966 pts
3034 pts
Honor 600 Qualcomm Snapdragon 7 Gen 4
1318 pts
4075 pts
7514 pts
Samsung Galaxy A57 Samsung Exynos 1680
1381 pts
4465 pts
7604 pts
Google Pixel 10a Google Tensor G4
1654 pts
3960 pts
9933 pts
Cependant, impossible de ne pas relever deux régressions très regrettables pour 2026. Exit le Wifi 6 du modèle précédent, troqué contre du vieillissant WiFi 5, tandis que le Bluetooth aussi chute d’une norme 5.4 à du 5.1. Rien que ce point devrait dissuader les possesseurs du Redmi Note 15 Pro de passer à la nouvelle génération. Notons également que le slot SIM ne peut en accueillir qu’une et n’est donc pas compatible microSD.
Audio : pas de miracle
Sans grande surprise, le système son du Redmi Note 17 Pro est modeste. Malgré la présence agréable de deux vraies grilles pour ses haut-parleurs stéréo, on ne s’en servira que pour de l’appoint afin d’écouter des vidéos raisonnables. Le volume maximum est limité, et lorsque poussé dans ses retranchements, le son perd rapidement en propreté. Pour de vraies basses et un son mieux équilibré (et la santé mentale de vos voisins de métro), mettez un casque.
Autonomie : la démesure des chiffres, mais pour quelle réalité ?
De souvenir de testeur, je ne me souviens pas avoir eu directement affaire à un smartphone doté d’une batterie aussi énorme que celle du Redmi Note 17 Pro, même dans des terminaux coûtant deux à trois fois plus cher. 8340 mAh, pour un terminal vendu en France, c’est aujourd’hui un record. Merci la technologie silicone-carbone pour faire rentrer cela sans trop épaissir le produit en passant. Mais une grosse capacité ne veut pas forcément dire une grande autonomie, car l’optimisation reste capitale. La preuve avec notre test d’autonomie maison, qui simule une utilisation variée et moyenne du terminal. Xiaomi promet 3 jours d’autonomie, quand l’appareil a rendu l’âme après “seulement” 20 h 9 d’utilisation non-stop.

C’est bien, mais à peine mieux que la concurrence ou que le modèle précédent, qui n’intégrait une batterie que de 6580 mAh. Cela reste une belle performance pour le prix demandé, mais nous nous attendions malgré tout à beaucoup mieux. Cependant, notons que durant le test au quotidien du terminal, qui ne le sollicite pas autant que notre test d’autonomie gourmand, il nous a semblé que la batterie ne baissait que très peu lorsque l’appareil était laissé tranquille. Il n’est pas impossible que Xiaomi ait spécialement optimisé les choses quand l’écran, grand gourmand, est éteint. En étant en majorité en Wifi à domicile et en utilisant assez peu l’appareil, il n’a en effet pas été nécessaire de recharger avant trois jours. À vérifier dans un scénario plus exigeant, avec des séquences régulières de 5G hors de chez soi notamment.
Côté recharge enfin, Xiaomi a boosté la puissance de charge maximale filaire (pas de sans-fil) à 67 W pour ne pas avoir besoin de 2h de recharge rapide. Résultat, un raisonnable 1 h 33 est nécessaire pour passer de 0 à 100 %, tandis qu’il faudra en revanche se contenter d’un petit 11 % au bout de 10 minutes de recharge. Des chiffres qui restent respectables étant donné la taille de la batterie installée.
Capacité de la batterie Autonomie mixte Puissance de charge maximale filaire Temps de charge Charge en 10 min
Xiaomi Redmi Note 17 Pro 8340 mAh
20 h 9 mn
67 W 1 h 33 mn 11 %
Xiaomi Redmi Note 15 Pro 5G 6580 mAh
19 h 18 mn
45 W 1 h 21 mn 16 %
Honor 600 6400 mAh
19 h 36 mn
80 W 1 h 11 mn 24 %
Samsung Galaxy A57 5000 mAh
18 h 12 mn
45 W 1 h 17 mn 25 %
Google Pixel 10a 5100 mAh
17 h 27 mn
30 W 1 h 38 mn 18 %
Photo : adieu 200 Mpx
On sait que les Mpx, ça ne fait pas tout, mais tout de même. Parmi les régressions majeures de cette nouvelle génération, impossible de ne pas parler photo. Au moins, le capteur ultra grand-angle, totalement sacrifié sur le Redmi Note 17 (!) est toujours là, du haut de ses modestes 8 Mpx (f/2.2). En revanche, le capteur principal chute d’un généreux 200 Mpx à un beaucoup plus réduit 50 Mpx (f/1.8, pas d’OIS), ce qui le ramène davantage au niveau de ses concurrents, ou en dessous. Même chose pour le capteur à selfies, qui chute de 20 à 16 Mpx (f/2.45).
Le résultat n’est pas très flatteur. Comme souvent, un seul scénario permet au smartphone de s’en sortir plutôt bien, à savoir de jour avec le capteur principal sans trop zoomer. Dans ces conditions idéales, le rendu est honorable, bien que le piqué de certains concurrents s’avère meilleur. Le rendu des arbres ci-dessous par exemple, manque cruellement de finesse.
Dès qu’il est question de zoomer au-delà de X2 (sur un maximum de X10), ou bien d’utiliser le capteur ultra-grand angle, les choses se gâtent et les coutures craquent. Ce dernier perd non seulement en détails et en rendu des textures, mais la colorimétrie est aussi plus fade et moins juste.
De nuit, malgré des ciels bien noirs, les choses sont pires. Le résultat de l’ultra grand-angle s’approche parfois de la bouillie, et plus globalement du bruit s’invite à la fête pour encore faire baisser la qualité du rendu final de tous les capteurs, qui peinent parfois à gérer les contrastes et les scènes complexes.
Pour les selfies, rien à signaler de spécifique, le résultat étant à la hauteur du capteur proposé : correct pour la majorité des utilisateurs, mais les amateurs d’autoportraits spécialement réussis se tourneront vers des appareils dont c’est la spécialité.
Côté vidéo enfin, le sujet encapsule à merveille les régressions opérées par Xiaomi. Si le 15 Pro pouvait monter à 4K à 30 IPS ou en 1080p à 60 IPS, cette fois il faudra se contenter d’un très décevant 1080p ou 720p à 30 FPS maximum…
Logiciel : HyperOS 3, à la fois plus légère et plus lourde
HyperOS 3 (basée sur Android 16) est intégrée au Redmi Note 17 Pro. Si, au fil de ses mises à jour majeures, la surcouche a su s’améliorer côté ergonomie et rendu visuel pour proposer une interface claire et aisée à prendre en main, tout en proposant un nombre assez élevé de fonctionnalités (personnalisation, domotique…), HyperOS donne le sentiment de rester à la traîne par rapport à d’autres solutions.
Tout d’abord, Xiaomi est toujours le pire quand il s’agit des bloatwares, tant il y a de jeux et d’applications indésirables installées au premier lancement à supprimer. Ensuite, les adeptes d’IA trouveront probablement des constructeurs proposant un peu plus de fonctionnalités dopées à l’intelligence artificielle. Enfin, pour l’avenir, seuls 4 ans de mises à jour Android et 6 ans de patchs de sécurité sont évoqués, ce qui est aujourd’hui le minimum.
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