"La mort la plus comique du cinéma" : il y a 35 ans, Alain Chabat nous offrait une séquence aussi culte que gênante dans son premier film

Avant le succès, Alain Chabat faisait ses débuts au cinéma dans un film d’horreur. Une apparition sanglante, marquée par une mort si excessive qu’elle a fait rire un plateau de télévision. L’acteur a depuis expliqué ce qui s’était passé.

Quand un acteur multiplie les propositions pendant une scène, encore faut-il que quelqu’un fasse le tri. Alain Chabat l’a appris dès sa première apparition sur grand écran, dans Baby Blood, sorti en 1990. Une expérience sanglante dont il a raconté les coulisses avec beaucoup d’autodérision sur le plateau des Enfants de la télé.
Une seule prise et un réalisateur qui garde tout
Comment expliquer une mort aussi démonstrative ? À en croire le comédien, les moyens limités du tournage et sa volonté de donner du choix au cinéaste ont beaucoup joué.
“Je crois qu’on avait qu’une prise”, se remémore-t-il devant Arthur.
L’acteur avait donc décidé de concentrer plusieurs propositions dans cette unique tentative, persuadé que seule une partie de sa prestation serait conservée : “C’était un petit film, avec un petit budget. Je me suis dit que j’allais faire plein de trucs, pour que le réalisateur prenne quelque chose là-dedans. Et il a tout pris, il a tout monté.”
Ce qui devait constituer une réserve d’idées est ainsi devenu une longue succession de réactions. Un souvenir qui fait rire le plateau lorsqu’Alain Chabat en dévoile l’explication.
Neuf de Cœur Productions
Des débuts dans un cauchemar gore
Avant de devenir une figure incontournable de la comédie française, l’ancien membre des Nuls a donc fait ses premiers pas au cinéma dans l’horreur. Derrière la caméra de Baby Blood, Alain Robak imagine une grossesse particulièrement monstrueuse.
L’héroïne, Yanka, est interprétée par Emmanuelle Escourrou. Cette jeune femme partage l’existence du directeur d’un cirque ambulant, mais aspire à une autre vie. Tout bascule lorsqu’une créature trouve refuge dans son ventre. Capable de lui parler, cet être impose bientôt ses exigences : pour grandir, il lui faut du sang.
Le personnage de Chabat croise malheureusement sa route. Son apparition s’achève par un coup de couteau dans le cou, suivi d’une agonie pour le moins mouvementée.
Mourir à l’écran, tout un exercice
Sur le plateau des Enfants de la télé, Arthur aborde justement cette difficulté : “Est-ce que c’est dur de jouer quelqu’un qui meurt ?”
“C’est dur”, reconnaît son invité, avant de décrire les conditions très particulières de cette scène.
“J’ai joué une fois un type qui se faisait poignarder dans le cou, dans un film gore. C’était rigolo parce qu’il y avait du sang partout. Tu as des espèces de tuyaux partout, des pompes, et puis des mecs derrière qui balancent le sang, et toi, pendant de ce temps, tu dois faire semblant de mourir.”
L’animateur diffuse alors l’extrait, qu’il présente comme la “mort la plus comique qui existe”. Yeux qui se révulsent, convulsions, tremblements : avant de tomber, Alain Chabat accumule les manifestations de souffrance avec une énergie difficile à oublier.
Depuis, le réalisateur de Mission Cléopâtre a largement démontré l’étendue de son talent, jusqu’à recevoir en 2025 le César du meilleur acteur dans un second rôle pour L’Amour ouf, de Gilles Lellouche. Mais ses débuts lui auront au moins laissé une anecdote savoureuse : à vouloir offrir plusieurs morts au réalisateur, il les a finalement toutes jouées dans la même scène.
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