PunchHelp fight human trafficking, NAPTIP urges Ogun border communitiesוואלהרוסיה: כוחות פגעו ב-2 ספינות בנמל צ'ורנומורסק באוקראינה한겨레농심배 첫승 변상일, 3연승 양딩신 돌풍 막아내…“자신의 바둑 보여줬다”ColliderTom Hanks’ 88% Rotten Tomatoes Western Is Officially a Must-Watch on StreamingSouth China Morning PostA symbol of harmony: Chinese scientists discover earliest dragon-phoenix pairing in ancient tombRTL BoulevardOproep om waakzaam te zijn in Delftse Hout na reeks aanrandingen en mishandelingenThe Sydney Morning HeraldNRL finals LIVE: Sharks open scoring against Cowboys in sudden-death finals clashالنهارالكواشرة... قلعة التركمان في شمال لبنانGhaflaMalindi Road upgrade: How better roads are changing life for Tuk Tuk driversStraits Times Sport‘Reach for the skies’ - para-sprinter James Ang aims high at Asian Para GamesSudinfoMichel Drucker très fier de sa petite-fille : elle se lance à son tour dans une carrière sous les projecteursBlick«Viele Leute geben Ratschläge»: Trotz weniger Transfers ist FCZ-Trainer Koller zufrieden
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, September 12, 2026

Législatives en Israël: un scrutin polarisé autour de Benyamin Netanyahu et l’onde de choc du 7-Octobre

Translate

La semaine politique a été agitée en Israël. Des élections législatives sont prévues le 27 octobre 2026 et le scrutin s’annonce serré. Trente-huit partis étaient inscrits à la clôture des listes, le mardi 8 septembre. Le même jour, le journal Haaretz publiait des informations selon lesquelles Benyamin Netanyahu aurait été prévenu que le Hamas préparait une attaque dix jours avant le 7-Octobre. Un peu plus tard dans la journée, douze pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont annoncé des sanctions commerciales contre les produits issus des colonies israéliennes, illégales au regard du droit international. C’est dans ce contexte tendu que sept millions d'Israéliens sont appelés à voter en octobre.

Partout dans le pays, cette même phrase revient en boucle : l’élection sera cruciale. Fin octobre, 120 sièges de députés sont à pourvoir à la Knesset, le Parlement israélien. 61 sièges sont nécessaires pour avoir une majorité. Le système électoral israélien est assez complexe, explique le politologue Ofer Kenig « Il s’agit d’un scrutin à la proportionnelle intégrale, avec un seuil électoral à 3,25% des voix. En passant ce seuil, vous obtenez 4 sièges automatiquement ». Cela favorise les petits partis et oblige les grandes formations à faire des alliances.

Les listes présentées comprennent toutes d’anciens militaires car le pays reste préoccupé par sa sécurité, il y a aussi des membres des familles endeuillées par le 7-Octobre ou celles d’anciens otages.

Une question : pour ou contre Benyamin Netanyahu

Le gouvernement sortant est le plus à droite de l’histoire du pays et les Israéliens résument souvent la future élection à cette question : « pour ou contre Benyamin Netanyahu» L’actuelle coalition est composée du Likoud, de partis religieux et d'ultranationalistes. Le Likoud est au pouvoir de façon presque ininterrompue depuis 2009. Libéral sur les questions économiques, c’est un parti sur lequel Benyamin Netanyahu a régné sans partage et il reste populaire aujourd’hui parmi les électeurs. Certains sont persuadés que les sondages se trompent lorsqu’ils prédisent la défaite du Premier ministre. « Le Likoud reste le plus fort », c’est le slogan entendu parmi les militants lors des primaires du parti qui ont eu lieu fin août.

À lire aussiÉlections en Israël: «La capacité de résilience de Benyamin Netanyahu ne doit pas être sous-estimée»

L'électorat israélien est fractionné en une multitude de partis

38% des Israéliens avouent dans les enquêtes d'opinion qu’ils ont glissé à droite depuis le 7-Octobre. Certains ont même dérivé à l’extrême droite. Uri est un ancien policier à la retraite, il a milité au Likoud toute sa vie. Rencontré à la sortie du meeting d’Itamar Ben Gvir, il affiche clairement ses positions : « J’ai toujours voté à droite. C’est la première fois que je vais voter pour Ben Gvir. Contrairement à ceux qui parlent beaucoup et ne font rien, lui a réalisé énormément de choses ». Itamar Ben Gvir a surtout beaucoup œuvré pour rétablir la peine de mort en Israël pour les Palestiniens reconnus coupables d’avoir tué des Israéliens juifs. Il encourage le port d’armes et sur ses autocollants de campagne, on peut lire « objectif 400 000 », soit le nombre de licences d’armes qu’il souhaite mettre en circulation s'il est élu. Le ministre de la Sécurité nationale fait campagne avec un parti aux relents racistes, Otzma Yehudit (force juive).

Naftali Bennett et son parti de centre droit Beyahad (Ensemble) cherchent à attirer les déçus du Likoud. Certains militants gardent d’ailleurs du respect et une forme de tendresse pour Benyamin Netanyahu, qui a occupé le poste de Premier ministre pendant 19 années. « Il a fait du bon travail mais il faut aujourd’hui passer la main », disait cet été Joey, un Israélien originaire d’Afrique du Sud lors d’une soirée électorale du parti. Naftali Bennett, ancien chef du gouvernement, s’est associé au très médiatique Yair Lapid, ex-journaliste, pour former une liste où se rassemblent des personnalités issues de la droite nationaliste et du bloc laïc, centriste.

Gadi Eisenkot est en tête dans les sondages

Les partis religieux sont aujourd’hui au cœur des tractations. La place de la religion en Israël occupe le débat public. Les ultrareligieux refusent par exemple de faire le service militaire. Le Shass, parti ultra-orthodoxe séfarade, a longtemps été un allié privilégié de Benyamin Netanyahu. Il y a aussi les partis les plus extrêmes : Hatzionout Hadatit (le sionisme religieux) qui milite pour l’annexion de la Cisjordanie occupée et pour renforcer le caractère religieux de l’État.

Ronit refuse cette option, la sexagénaire qui vit à Jérusalem a choisi de s’engager aux côtés de Gadi Eisenkot, le principal opposant à Benyamin Netanyahu. Elle regrette : « Les haredim, les ultra-orthodoxes, les sionistes religieux, les ultra-nationalistes ont tellement abîmé le pays ». Chercheuse en sciences, elle réclame un gouvernement honnête pour une génération qu’elle juge « sacrifiée par trois années de guerre ». Elle va donc voter pour un leader « qui est l’exact opposé de Benyamin Netanyahu ». Nouveau venu en politique, l'ancien chef d’état-major fait une campagne centrée sur le retour à la démocratie pour l’État d’Israël avec son parti Yashar (droit). L’homme revendique ses origines modestes d’Afrique du Nord. Il mise sur la sincérité et manque parfois de charisme mais les Israéliens sont sensibles à son parcours. Il a perdu son fils lors de la guerre à Gaza en 2023. Au Liban, où il a officié lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah pro-iranien, Gadi Eisenkot a été un des initiateurs de la « doctrine de Dahiyé », en référence au bastion du Hezbollah en banlieue de Beyrouth largement pilonné sous son commandement.

À lire aussiLégislatives en Israël: le couple Netanyahu joue la carte des théories complotistes sur le 7-Octobre

Et les partis arabes ?

À gauche du spectre politique israélien se trouvent les Démocrates. Ils sont crédités d'environ 10 sièges (sur 120) pour le prochain scrutin. À leur tête se trouve un autre général et ancien chef d'état-major adjoint, Yaïr Golan. C’est le seul parti à soutenir la solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Les Démocrates ont un programme clair, rappelle la porte-parole du mouvement Shana Orlik : « Comment être un État juif et démocratique qui respecte les droits des minorités ? Nous le disons avec fierté, un gouvernement doit prendre en considération le vote des Arabes israéliens ».

Est-ce que ces électeurs vont se mobiliser ? Ils représentent 20% de la population mais aux précédents scrutins, 500 000 arabes israéliens ne s’étaient pas déplacés pour aller voter. Trois partis se sont alliés il y a quelques mois pour faire front commun et passer le seuil d’éligibilité (Hadash, communiste, Taal et Balad). Raam, le parti arabe islamiste modéré a fait un choix plus audacieux, celui de convaincre un Israélien juif d’être sur sa liste. Il s'agit de Yoav Segalovitz, ancien haut responsable de la police qui veut lutter contre la criminalité dans le secteur arabe, un fléau meurtrier.

« Benyamin Netanyahu espère une impasse politique »

Aujourd’hui l’opposition est donc très hétéroclite. Toute la complexité de l’élection réside dans cette obligation : il ne s’agit pas seulement d’arriver en tête du scrutin, il faut ensuite former des alliances pour construire une coalition. Sur ce terrain, Benyamin Netanyahu a beaucoup d’expérience. Ofer Kenig, professeur à l’université d’Ashkelon et chercheur à l’Institut pour la démocratie israélienne, analyse les options du Premier ministre sortant : « Comme au foot, Netanyahu ne joue pas pour gagner. Il veut un match nul. Sa stratégie consiste donc à empêcher l’autre bloc, dirigé par Eisenkot, de former un gouvernement, car du point de vue de Netanyahu, une impasse politique est une bonne chose : tant qu’il n’y a pas de nouveau gouvernement, il reste Premier ministre par intérim ».

Les enjeux de la campagne

Dans les meetings politiques à travers tout le pays, il est question de sécurité, de coût de la vie, de conscription ou d’éducation... L’opposition est en mode frontal contre Benyamin Netanyahu mais il y a presque un consensus dans le pays pour appliquer une ligne dure sur la politique sécuritaire. En revanche, le bloc anti-Netanyahu se rejoint sur un point : les comptes à rendre pour l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023. 

Les récentes révélations d’Haaretz (qui assure que Benyamin Netanyahu avait des informations et ne les a pas transmises aux services de sécurité et à l’armée) ont créé un séisme politique.

Dans une rare communication commune, tous les leaders de l’opposition ont réclamé dans la foulée une enquête indépendante. Les partisans du Premier ministre, eux, sont persuadés que ce sont de fausses informations. Benyamin Netanyahu dément avec vigueur et menace de poursuivre le journal pour diffamation.

Le politologue Ofer Kenig n’est pas persuadé que cette enquête changera fondamentalement le rapport de force actuel. Pourtant certains sondages montrent cette semaine une baisse de popularité de Benyamin Netanyahu face à son principal rival. La dernière enquête d’opinion réalisée par le journal Maariv place le parti Yashar de Gadi Eisenkoten en tête des intentions de vote avec 25 sièges. Le Likoud se trouve 6 places derrière, sous la barre des 20 sièges, pour la première fois.

À lire aussi7-Octobre: après les révélations de «Haaretz», le parti de Benyamin Netanyahu accuse un Palestinien d'ingérence

View the original on RFI

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.