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Sunday, October 25, 2026

18 000 espèces photographiées pour sauver le vivant : découvrez les portraits extraordinaires de cette arche de Noé

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Savez-vous qu'il se tient actuellement une COP sur la biodiversité du côté d'Erevan, en Arménie ?

Pourquoi préserver la biodiversité est une question de survie pour l'humanité ?

Les représentants de 196 pays sont, en ce moment même, réunis en Colombie. Parce que la biodiversité s’effondre. Personne ne le souhaite, mais voici un aperçu de ce qui pourrait se passer en cas d’extinction de masse.... Lire la suite

Si votre réponse est non, c'est presque normal tant les médias se sont peu saisis de ce sujet, pourtant aussi brûlant et urgent que le réchauffement climatique.

Ces photos sont l'occasion de braquer les projecteurs sur le projet Photo Ark, lancé il y a 20 ans pour National Geographic par l'explorateur Joel Sartore.

Référencé comme le 18 000ᵉ portrait du projet Photo Ark, le poisson-main rouge (Thymichthys politus) est le symbole ultime de ces espèces dites « critiques » – hyperspécialisées et restreintes à quelques hectares. C’est l’un des poissons les plus rares au monde : une étude récente (Journal of Fish Biology, 2024) estime qu’il ne reste que moins de 200 individus adultes à l’état sauvage, répartis sur seulement deux petits récifs en Tasmanie. Les modèles montrent que lorsqu’une espèce endémique perd plus de 90 % de son habitat d’origine, son risque d’extinction à court terme dépasse les 80 % sans intervention humaine directe. La création de réserves marines intégralement protégées, telles qu’inscrites à l’objectif 30x30, est la seule barrière entre sa survie et son extinction définitive. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

L’objectif 30x30 : un compte à rebours pour le vivant

La COP17 d'Erevan doit faire le bilan à mi-parcours de l'objectif 30x30 (comprenez, protéger au moins 30 % des terres et 30 % des mers de la planète d'ici 2030) adopté en 2022.

Le photographe, lui, vise à documenter toutes les espèces vivant sous protection humaine, afin de montrer au monde ce qui mérite d'être préservé.

Une étude conclut que si l’on parvient à protéger 30 % des terres tout en limitant le réchauffement climatique à +2 °C, on divise par deux le risque d’extinction pour environ 300 000 espèces de plantes et d’animaux tropicaux comme ce sifaka de Coquerel (Propithecus coquereli), un lémurien emblématique des forêts malgaches. Ici, un spécimen du zoo de Houston, au Texas, immortalisé par Joel Sartore. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

En 20 ans, Joel Sartore a tiré le portrait de milliers d'animaux, éliminant tout élément perturbateur dans le décor ainsi que toute comparaison de taille. L'idée : encourager le spectateur à regarder la nature droit « dans les yeux ».

Les populations des espèces d’eau douce ont déjà chuté de 84 % depuis 1970. Sans zones de protection connectées (fleuves, zones humides), les poissons migrateurs et les amphibiens, très sensibles aux polluants, n’auront plus d’échappatoire. Les espèces uniques des zones humides seront menacées. Cette grenouille arboricole de Rabbs (Ecnomiohyla rabborum) en est le symbole. Elle était déjà considérée comme éteinte à l’état sauvage et le dernier individu en captivité, « Toughie », est mort il y a 10 ans. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

L’équation mortelle de la fragmentation des habitats

Si ce face-à-face nous touche à l'échelle de l'individu, la menace, elle, frappe à l'échelle d'écosystèmes entiers.

Que se passerait-il si toute la vie marine disparaissait ?

Et si l'océan se vidait soudain de toute vie ? Du plancton microscopique aux baleines bleues, les organismes marins jouent un rôle insoupçonné dans l'équilibre du climat. Des chercheurs ont simulé ce scénario glaçant. Leur verdict : le CO2 atmosphérique grimperait de moitié.... Lire la suite

Loin des éclairages du studio photo, la disparition progressive des habitats naturels obéit à une arithmétique mortelle que les scientifiques savent aujourd'hui évaluer.

Les écologues utilisent des modèles mathématiques éprouvés pour lier la perte d’habitat à la disparition des espèces. Ils projettent ainsi qu’une perte de 70 % d’habitats naturels à l’échelle d’une région entraîne mathématiquement l’extinction d’environ 26 % des espèces qui y vivent. C’est ce qui menace le pangolin de la Sonde (Manis javanica), victime du braconnage et de trafic illégal pour sa viande et ses écailles utilisées en médecine traditionnelle. L’espèce est en danger critique d’extinction. Lucky, lui, est protégé par le Programme de conservation des carnivores et des pangolins, dans le parc national de Cuc Phuong, au Vietnam. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

Ce modèle d'extinction touche encore plus violemment les zones tropicales, véritables sanctuaires mondiaux de biodiversité où la notion de territoire est microscopique. Là-bas, la perte de quelques kilomètres carrés de couverture forestière suffit à rayer définitivement une espèce de la carte.

En Asie du Sud-Est ou en Amérique centrale, des centaines d’espèces de primates, d’oiseaux et d’orchidées endémiques, qui ne vivent que sur quelques hectares, s’éteindront si leurs forêts résiduelles ne sont pas sanctuarisées, à l’image de ce langur à crête orange (Pygathrix cinerea), luttant pour sa survie face à la déforestation. Un superbe portrait a été réalisé dans un centre de sauvetage au Vietnam. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

Du portrait photo à la sauvegarde sur le terrain

Face à cette trajectoire mathématique sombre, l'émerveillement reste un puissant levier d'action.

« Photo Ark va bien au-delà de la simple sensibilisation. Il stimule des actions concrètes de conservation sur le terrain. Les portraits de Joel font évoluer les mentalités : ils prouvent que, lorsque les individus prennent réellement conscience de la beauté de ces animaux, ils se sentent poussés à les protéger », explique Ian Miller, directeur scientifique et de l'innovation au sein de la National Geographic Society.

En Floride, la mise en lumière de la cicindèle de Miami, une espèce minuscule, mais hautement endémique, a contribué à mobiliser un soutien suffisant pour faire avorter d’importants projets d’aménagement commercial sur les dernières pinèdes sauvages. Alors que moins de 2 % de cet écosystème historique a survécu à l’urbanisation, la sanctuarisation de ces parcelles est vitale : elle protège l’habitat essentiel de coléoptères menacés et de dizaines d’autres espèces introuvables ailleurs sur Terre. © Joel Sartore, Photo Ark, National Geographic

En Équateur et à Hawaï, des subventions ciblées assurent une protection active sur le terrain pour des espèces Photo Ark de grenouilles et d'escargots arboricoles extrêmement menacées.

La nature va reprendre du terrain : comment ce grand plan européen peut mieux nous protéger

C’est désormais une évidence : la nature est en train de mourir en Europe et les conséquences ne touchent pas seulement la faune et la flore, elles bouleversent la société humaine. L'Europe veut restaurer ses zones naturelles les plus précieuses en l'espace de quelques années et le compte à rebours a déjà commencé.... Lire la suite

La preuve est faite. Lorsque la connaissance scientifique rencontre la prise de conscience citoyenne, les lignes bougent. Alors que les délégués réunis à Erevan négocient l'avenir de l'objectif 30x30, le projet Photo Ark nous rappelle une vérité fondamentale : il n'est pas trop tard pour inverser le cours des extinctions. Il suffit de choisir de protéger ce que nous avons appris à regarder.

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