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Sunday, October 25, 2026

À Tel-Aviv, rassemblement massif contre Nétanyahou avant les élections

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Des milliers de personnes se sont retrouvées à Tel-Aviv samedi pour une manifestation contre le gouvernement israélien, à trois jours d’élections législatives largement perçues comme un référendum pour ou contre Benjamin Nétanyahou.

L’événement est organisé par le Conseil d’octobre, un groupe fondé par des familles de victimes et d’otages du 7 octobre pour réclamer une commission d’enquête sur les failles sécuritaires ayant permis ce jour-là l’attaque du Hamas palestinien, la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Des journalistes de l’AFP à Tel-Aviv ont vu des milliers de personnes marcher vers la place des Otages, une esplanade désignée ainsi pendant la guerre à Gaza pour accueillir les manifestations hebdomadaires réclamant le retour des personnes qui avaient été enlevées par le Hamas.

Le gouvernement de Benjamin Nétanyahou a refusé jusqu’ici d’instaurer une commission d’enquête, pourtant réclamée par de nombreux Israéliens.

Les principales figures d’opposition se présentant aux élections de mardi — les premières depuis le 7 octobre 2023 — ont toutes promis de la mettre en place en cas de victoire.

Elles ont fait une apparition au rassemblement, selon la télévision publique israélienne.

Principal rival du premier ministre, le centriste Gadi Eisenkot a été chaudement accueilli. L’ancien chef de l’armée a été très critique pendant la campagne de la gestion du 7 octobre et la conduite de la guerre à Gaza par l’actuel premier ministre.

Étaient aussi présent au rassemblement le chef de l’opposition actuelle, Yaïr Lapid (centre), et son allié Naftali Bennett (centre droit nationaliste), l’ancien ministre de la Défense, Avigdor Liberman (droite), et le chef des démocrates, Yaïr Golan (gauche).

Dans cette dernière ligne droite avant les élections, les ultimes sondages autorisés à être publiés — vendredi soir — donnent des résultats toujours aussi serrés. Les deux forces font jeu égal, avec 50 sièges pour le bloc de M. Nétanyahou et 52 pour le bloc d’opposition constitué autour de M. Eisenkot, soit loin des 61 sièges nécessaires à la Knesset pour gouverner.

Gadi Einsenkot a prévu un dernier événement de campagne dimanche, et Naftali Bennett et Yaïr Lapid doivent rencontrer des partisans à Tel-Aviv. Les autres, notamment Benjamin Nétanyahou, n’ont pour l’heure rien annoncé.

« Changer la façon dont le monde nous voit »

L’événement organisé « trois jours avant les élections », est « le point culminant de trois ans de combat pour la vérité, pour demander des comptes », selon les organisateurs.

« Ceux qui nous ont dirigés ces quatre dernières années ont fait un travail lamentable », a dit à l’AFP Hadas Feuershtein, 68 ans, peu avant le début du rassemblement. « Israël n’a jamais été dans une telle situation ».

Les organisateurs avaient dit craindre de possibles « provocations » de la part de militants pros gouvernementaux pendant le rassemblement. Un homme de 23 ans accusé de s’en être pris à l’équipe de sécurité de Naftali Bennett a été arrêté, selon la police.

Naama Bitterman, 18 ans et qui vote pour la première fois, espère une victoire d’un bloc anti-Nétanyahou pour mettre fin à la détérioration de l’image d’Israël à l’international, après trois ans d’une guerre dévastatrice à Gaza, sans compter le conflit avec l’Iran et le Hezbollah libanais, et les attaques de plus en plus violentes de colons à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée.

« Je pense que si on gagne — et je crois qu’on va gagner — on peut changer la façon dont le monde nous voit », espère-t-elle.

Sous l’impulsion du Royaume-Uni, plusieurs pays dont la France ont récemment imposé des sanctions sur les produits en provenance des colonies israéliennes de Cisjordanie, illégales au regard du droit international, en réponse à l’explosion du nombre de colonies et la multiplication des violences.

Benjamin Nétanyahou, qui dirige depuis 2022 l’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire du pays, a suggéré vendredi qu’Israël pourrait devoir développer une économie alternative pour contourner des sanctions internationales, notamment bancaires, s’attirant samedi les moqueries de ses adversaires.

« Nétanyahou dit que s’il est élu à nouveau, Israël se déconnectera de l’économie mondiale. Pas de shopping en ligne, pas d’investissement de high-tech, pas de sécurité. On doit s’assurer que bbcoin ne détruise pas Israël », a notamment tancé sur X M. Eisenkot, en référence au surnom « Bibi » du premier ministre.

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