L’approche de la CAQ pour contrer la pénurie d’enseignants décriée

« J'ai l'impression qu'on a pris l'enjeu de la pénurie de personnel dans le milieu enseignant par le mauvais bout. » La candidate libérale Madwa-Nika Cadet déplore que le gouvernement de la CAQ ait fait émerger en très peu de temps 58 programmes courts en enseignement sans s’assurer de leur efficacité au niveau de la rétention des enseignants.
Créer à la va-vite autant de programmes, c’est énorme et ça donne l’impression qu’on essaie de trouver des solutions à la pièce plutôt que de vraiment vouloir trouver des solutions réfléchies
, ajoute-t-elle en entrevue avec Radio-Canada. Voilà une stratégie qui est à l’image de la manière de faire de la CAQ
, selon elle.
Il va falloir évaluer sérieusement comment ces programmes sont construits et voir comment tous ces programmes-là assurent la cohérence des voies d’accès [à l’enseignement] dans le réseau.
Du côté du Parti québécois, on dénonce le fait que la CAQ a préféré jouer dans les structures au lieu d’améliorer notre système d’éducation
.
Pour le député sortant et candidat du PQ dans la circonscription de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, ces programmes courts ont été implantés en catastrophe, sans réel processus de validation au départ, pour répondre à une crise que la CAQ a créée de toutes pièces
.

Pascal Bérubé aux côtés de son chef, Paul St-Pierre Plamondon, lors de leur passage à Rimouski le 6 septembre dernier, en pleine campagne électorale.
Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque
Il est temps maintenant que les programmes mis en place en urgence soient évalués rigoureusement et qu’on évalue surtout si les enseignants formés [par ces programmes courts] ont le niveau d’aptitude requis et comptent rester en classe
, affirme M. Bérubé.
Québec solidaire mise sur la fin de l’école à trois vitesses
À Québec solidaire, on explique que la pénurie d’enseignants qualifiés devrait plutôt être attaquée en rémunérant les stages des étudiants en enseignement et en améliorant les conditions de travail dans le réseau scolaire.
Et pour ce faire, la députée sortante et candidate solidaire dans la circonscription de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, rappelle que son parti met de l’avant le réseau scolaire commun, une initiative du regroupement l’École ensemble pour mettre fin à l’école à trois vitesses.
Notre approche permettrait une meilleure répartition des élèves en difficulté entre les classes, ce qui va alléger la tâche pour les nouveaux enseignants et améliorer leur soutien.

Alejandra Zaga Mendez aux côtés de la co-porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal lors d'une annonce en éducation le 26 août 2026.
Photo : Radio-Canada / Martin Hazel
En réaction au reportage de Radio-Canada, le regroupement Je protège mon école publique
écrit en ligne qu’il est nécessaire de valoriser le baccalauréat en enseignement, mais aussi définir des voies différentes pour mettre à profit d'autres parcours
. Il ajoute toutefois qu’avant de pérenniser quoi que ce soit, plus de données et d'écoute du terrain – dans les équipes-écoles – sont nécessaires pour connaître les retombées de ces nouvelles voies pour devenir enseignant ou enseignante
.
Parce que la pénurie d'enseignants est un phénomène complexe, qui ne va pas se résorber avec cette seule approche, parlons-en aussi au cours d'une prochaine et nécessaire conversation nationale sur l'éducation et les écoles publiques.
Le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et Québec solidaire se sont engagés à lancer des états généraux en éducation s’ils étaient portés au pouvoir.
L’équipe de campagne de la Coalition avenir Québec a préféré s’en tenir à la déclaration de la ministre de l’Éducation Sonia LeBel dans ce dossier. Elle y précisait que diversifier les voies d’accès ne signifie pas baisser les exigences, mais plutôt permettre à davantage de personnes compétentes d’accéder à la profession, dans un contexte où plus de 10 000 enseignants non légalement qualifiés sont présents dans les écoles du Québec.
Au moment de publier ces lignes, le Parti conservateur du Québec n’avait pas réagi au contenu du reportage de Radio-Canada.
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