À la Une: le Brésil et les États-Unis à la croisée des chemins

« Deux élections majeures vont bientôt se tenir dans les Amériques, relève Libération à Paris, au Brésil dimanche, puis aux États-Unis le 3 novembre, et ces deux élections présentent les mêmes risques. Dans les deux cas, le scrutin s’annonce serré, les contestations risquent de fuser à peine les résultats annoncés, et des troubles importants sont à redouter. Surtout, pointe le quotidien français, le niveau du débat politique ne cesse d’être tiré vers le bas, les candidats populistes étant prêts à tout pour décrocher le graal (on l’a vu avec l’accord passé par Donald Trump avec Vladimir Poutine sur le diesel pour tenter de rassurer ses électeurs potentiels).
Au Brésil, poursuit Libération, le candidat le mieux placé est une sorte de Trump avec quelques décennies de moins. Flávio Bolsonaro, 45 ans, le fils de Jair qui régna sur le pays de 2019 à 2023. (…) Et comme son père, le candidat d’extrême droite ne recule devant aucune outrance pour marquer les esprits, accusant la gauche et le crime organisé de connivence et allant jusqu’à moquer le zézaiement de Lula lors du dernier débat télévisé. »
Un petit point d’écart
Et dans les sondages, les deux hommes sont toujours au coude à coude. D’après le quotidien brésilien O Globo, à quatre jours du scrutin, Flavio Bolsonaro obtiendrait 45 % des voix et Lula 44 % : un petit point d’écart donc… Et les deux candidats devront convaincre et mobiliser les abstentionnistes et les indécis. « Au premier tour, rappelle O Globo, plus de 33 millions d’électeurs ne se sont pas rendus aux urnes et près de 6 millions n’ont voté pour aucun des deux candidats. Cela représente près de 40 millions d’électeurs “désemparés“, probablement encore plus désenchantés après le débat entre les deux prétendants. »
Commentaire du journal : « L'élection présidentielle la plus imprévisible depuis le retour à la démocratie au Brésil s’achève sur une perspective insolite : le vainqueur sera celui qui aura convaincu les abstentionnistes du premier tour de voter cette fois-ci, et surtout de voter pour lui, et non pour son adversaire. La tâche est particulièrement ardue pour Lula, qui doit non seulement rattraper Flávio Bolsonaro, mais aussi le devancer dans la dernière ligne droite. »
Quelle sera l’ampleur de la vague bleue aux États-Unis ?
Aux États-Unis, d’après un tout dernier sondage publié par le New York Times, la cote de popularité de Donald Trump est au plus bas. « À deux semaines des élections de mi-mandat, seulement 36 % des électeurs potentiels se disent satisfaits de son action, tandis que 59 % la désapprouvent. (…) Les trois quarts des Américains jugent l’économie passable ou mauvaise. Et une majorité impute ce déclin à Trump : 69 % désapprouvent sa gestion du coût de la vie, 65 % sa gestion de la guerre en Iran et près des trois quarts sa gestion du prix du carburant qui dépasse désormais les 4 dollars le gallon. »
Résultat, pointe le Washington Post, « la plupart des analystes prévoient une victoire des démocrates à la Chambre des représentants cette année, la seule question étant de savoir quelle sera l’ampleur de cette vague bleue ».
Les uns s’appauvrissent, les autres s’enrichissent
Le Post qui souligne aussi que « d’après un sondage Fox News, la principale préoccupation des électeurs n’est apparemment pas la cherté de la vie, mais la corruption au sommet de l’État. Un nombre record de 89 % d’Américains estiment en effet que la corruption est généralisée au sein du gouvernement. Et Trump en fait les frais : une très large majorité pense qu’il privilégie ses propres intérêts commerciaux, son propre enrichissement, au détriment du pays et des citoyens ordinaires. »
Commentaire du journal : « la corruption transforme la compétition politique en un cirque pour nantis et Trump semble croire que ce spectacle détournera l’attention. Mais les électeurs ne sont pas de simples spectateurs, prévient le Washington Post. Le président et les Républicains ne devraient pas s’étonner si le lion se retourne contre son dompteur, si une vague bleue déferle sur les élections de mi-mandat. »
Enfin même métaphore circassienne pour le Guardian à Londres : « Trump organise des cirques, mais les électeurs veulent aussi du pain. »
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