2 films, 1 État : les réserves indiennes, qui sont les sauvages ?

Les États-Unis reconnaissent 575 nations tribales et 336 territoires de réserve. Ces nations peuvent disposer de leur gouvernement, de tribunaux, d’une police et de lois propres. Elles ne sont toutefois pas indépendantes : leur souveraineté s’exerce dans le cadre du droit fédéral.
Près de dix millions d’Américains se déclarent autochtones. Environ 3% de la population. Peu à l’échelle nationale, mais un électorat décisif dans certains États, notamment l’Arizona. En 2020, Joe Biden y a devancé Donald Trump de seulement 10.500 voix, grâce notamment à la mobilisation navajo. En 2024, Trump a repris l’État, tandis que la participation a reculé dans les réserves.
Côté cinéma, il est intéressant de regarder comment Hollywood a représenté ceux qu’on appelait "les Indiens".
Avec La Chevauchée fantastique, un incroyable retournement de l’histoire
Le regard… des blancs évolue
Le regard évolue. En 1950, dans La Flèche brisée, Delmer Daves dépeint le chef apache Cochise comme un homme digne, capable de négocier la paix (et ce même s’il est joué par un acteur blanc).
En 1956, John Ford va plus loin avec La Prisonnière du désert.
John Wayne recherche sa nièce enlevée par des Comanches. La retrouvant intégrée à leur communauté, il envisage de la tuer. Le héros du film est raciste. Et si le véritable sauvage c’était lui ?
En 1970, Little Big Man, d’Arthur Penn, raconte l’histoire d’un Blanc élevé par des Cheyennes. Le film montre les massacres commis par l’armée américaine. Hollywood commence à reconnaître le vrai visage de la conquête de l’Ouest : dépossession, massacres et destruction des cultures.
En 1990, Danse avec les loups, de Kevin Costner, triomphe dans le monde entier. Un officier nordiste découvre la langue, les traditions et la richesse de la civilisation lakota. Un chef-d’œuvre qui ne vieillit pas.
Le tournant
Mais jusqu’ici, tout est raconté par des blancs. Cela change enfin en 1992. Le cinéaste hopi Victor Masayesva Jr. réalise Imagining Indians, un documentaire qui démonte les clichés hollywoodiens.
En 1998, Smoke Signals, de Chris Eyre, écrit par Sherman Alexie, suit deux jeunes Autochtones partis chercher les cendres d’un père. Ils rient, se disputent, souffrent. Ce ne sont plus des symboles figés dans le passé, mais des personnages d’aujourd’hui.
Cette nouvelle voix se prolonge avec la réalisatrice navajo Sydney Freeland qui, dans Drunktown’s Finest, parle de jeunesse, de pauvreté, d’identité et d’avenir.
Avec l’histoire, c’est toujours la même chose, elle dépend fortement de qui la raconte.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.