Minotaure est-il un bon film ? Voici les premiers avis spectateurs sur ce thriller lauréat du Grand Prix à Cannes !

Grand Prix au Festival de Cannes et représentant la France aux Oscars, "Minotaure" d'Andreï Zviaguintsev est actuellement en salles. Découvrez les premiers retours des spectateurs.

Il y a neuf ans, Andreï Zviaguintsev signait Faute d'amour, récompensé par le prix du jury au Festival de Cannes. Le réalisateur revient aujourd'hui avec Minotaure, portrait d'une famille en crise sur fond de politique et de dilemmes moraux. Auréolé du Grand Prix à Cannes, le film a été choisi pour représenter la France à la prochaine cérémonie des Oscars.
Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.
Qu'ont pensé les spectateurs de ce nouveau film du réalisateur russe ? Sur AlloCiné, le film obtient actuellement une moyenne de 4 sur 5, basée sur 166 notes et 58 critiques.
Un thriller glaçant
Les spectateurs saluent le retour d'Andreï Zviaguintsev avec un film saisissant, qui dépeint sans romantisme l'hypocrisie des élites russes et la décomposition d'une famille. Ils soulignent une mise en scène parfaitement maîtrisée, et un climat qui fait froid dans le dos.
Anna S (5/5) : "Le meilleur film de Zviaguintsev qui, sans aucun doute, restera dans l'histoire du cinéma comme l'un des rares films (unique ?) montrant l'ambiance dans la Russie actuelle sans le romantisme propre à la vision de ce pays. Et aucun espoir à la fin. Effrayant.
Dommage qu'il ne sorte que le 14 octobre. Il est trop important pour être vu ! Les Films du Losange, ne pourra-t-il pas sortir plus tôt ?"
Mimi33 (5/5) : "Avec Minotaure, Andreï Zviaguintsev revisite l'univers de Claude Chabrol pour dénoncer l'hypocrisie des élites russes contemporaines. Il s'intéresse à la décomposition du modèle familial à travers le quotidien de Gleb, de son épouse Galina et de leur fils adolescent. Derrière l'apparente perfection de cette famille se cachent pourtant des mensonges : tandis que Gleb doit envoyer ses employés combattre en Ukraine, Galina retrouve secrètement son amant.
La maison devient alors un véritable panoptique, où chacun observe et contrôle les autres afin de préserver les apparences. À l'inverse, l'extérieur incarne les vérités inavouables que la famille cherche à dissimuler. Le film met ainsi en évidence le prix moral de cette façade sociale, entretenue au détriment des plus vulnérables, sacrifiés par l'indifférence des puissants."
Copyright Anna Matveeva
Moca (5/5) : "Saisissant. Andreï Zviaguintsev signe son retour avec un très grand film. Une mise en scène parfaitement maîtrisée. Ma Palme d'or !"
Swaf75 (4,5/5) : "Brillantissime remake de La Femme infidèle transposée dans la Russie en guerre : c'est précisément par les nuances et petites différences entre les deux films que Zviaguintsev sublime son propos sur le pouvoir corrompu, la guerre et ce Minotaure qui exige qu'on lui livre 14 victimes innocentes."
Isabelle P. (4/5) : "Tout est dit sur une société russe vérolée et lâche. L'ambiance du film fait froid dans le dos. Le pouvoir et l'argent sont omniprésents. L'Homme est un pion qui ne compte pas, chair à canon il finira. Et l'avenir de l'enfant est bouché par de gros nuages de feu... sauf s'il se sauve. Mais ailleurs... n'est-ce pas identique ?
Un film intelligent, beau, avec des plans extras, je le recommande. 2h30 sans broncher sur mon siège dur de cinéma rural. Bravo."
Une mise en scène trop froide
Les spectateurs déçus reprochent à Minotaure une froideur extrême, qui fige les acteurs et laisse peu de place à la vie. Le rythme contemplatif peut ennuyer, et la crise de couple se mêle maladroitement au contexte de la guerre en Ukraine.
Domvill (3,5/5) : "La signature du Russe Andreï Zviaguintsev est reconnaissable entre toutes, dans la même lignée que ses précédentes réalisations, depuis Elena... : même façon de filmer, une caméra lente, posée, précise, maniaque dans ses moindres détails. L'histoire ici est revendiquée par le réalisateur comme sa version du film de Chabrol La Femme infidèle ; on devinera donc que la trame est celle d'un meurtre dans la Russie actuelle.
Mais le charme discret de la bourgeoisie française a été ici remplacé par l'univers social post-soviétique : celui des chefs d'entreprise, nouveaux riches prospères dans une économie de marché aux mains des oligarques qui naviguent entre compromissions et corruptions diverses. Il leur échoit également de fournir de la chair à canon pour alimenter en soldats les conflits actuels... Un pari réussi, même si ce film n'est pas très novateur dans sa forme."
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Hugo C. (2/5) : "Comment faire un film plus froid que celui-ci ? En prévoyant au millimètre près ses plans et ses séquences, le réalisateur a perdu toute âme de vie. Cependant, il y a de très beaux liens entre certaines séquences qui se font écho, heureusement que cet effet-là était réussi. Beaucoup de mal avec sa direction d'acteurs, qui semblent être plus des statues énonçant des répliques et appliquant des gestes, que des êtres contraints, frustrés ou lassés, comme le laisse penser le film."
Diego J (1/5) : "Franchement ennuyeux. À partir de 30 minutes, j'ai commencé à regarder ma montre. Au bout d'une heure, je me suis endormi. Ça commence plutôt bien avec une mise en perspective de la société russe pendant la guerre en Ukraine, puis on mélange maladroitement ce contexte avec une crise de couple. Rien ne m'a intéressé dans ce film au rythme traînant. Il ne se passe rien en fait pendant 2h20. Même la fin est ennuyeuse. S'il n'avait pas plu dehors, je serais sorti."
En résumé
Certains spectateurs reprochent à Minotaure une mise en scène d'une froideur extrême, qui fige les acteurs, ainsi qu'un rythme qui provoque parfois l'ennui. Mais la majorité y voit le retour réussi d'Andreï Zviaguintsev, avec une mise en scène maîtrisée, un portrait glaçant de la Russie actuelle et une dénonciation sans concession de l'hypocrisie des élites.
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