Le Bloc québécois demande à Ottawa d’exiger des redevances des géants numériques

(Ottawa) Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, estime que le gouvernement fédéral a un devoir moral « de soutenir, comme c’est son mandat fondamental, les arts, la culture, l’information, les médias dans toutes les régions », surtout dans l’état de détresse actuel où se trouve le secteur.
Publié à
Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne
C’est ce lundi que sera débattue la motion présentée la semaine dernière par le Bloc québécois qui demande au gouvernement de Mark Carney de verser les 600 millions qu’il a promis au secteur culturel à la place de la redevance de 15 % que le CRTC souhaitait imposer aux géants numériques américains. La motion demande également que soit respectée cette décision du CRTC d’imposer cette redevance que le gouvernement libéral a abolie dans l’espoir d’apaiser les velléités tarifaires de l’administration Trump en marge des négociations d’un nouvel accord de libre-échange.
Bien qu’il ne se fasse pas d’illusions sur le sort que réservera le gouvernement à cette motion, il se dit prêt à donner « la chance au coureur ».
Désescalade de la guerre tarifaire
Réagissant aux informations voulant que les États-Unis auraient l’intention d’intensifier les négociations à l’approche des élections américaines de mi-mandat, M. Blanchet affirme que ses échanges récents avec des officiels américains laissent croire que le président Trump cherche à faire des annonces qui auraient un impact positif sur l’inflation. « La meilleure manière d’améliorer l’économie américaine, notamment en matière d’inflation, comme l’économie canadienne présentement, c’est une désescalade des tarifs. Il y aurait une occasion et je n’hésite pas à dire au premier ministre : vous devez envisager, explorer l’hypothèse qu’on ait devant nous une opportunité d’entamer une désescalade des tarifs. On ne peut pas avoir une négociation commerciale saine et sereine tant qu’on est dans une guerre qui est essentiellement tarifaire et qui fait extrêmement mal aux économies du Québec, du Canada comme des États-Unis. »
Cependant, M. Blanchet a ajouté que, s’il y a une telle occasion, « espérons qu’il est vrai que cette fois-là, le gouvernement canadien envisage de négocier, parce que la réalité, d’à peu près qui que ce soit à qui on en parle, c’est que depuis un bon moment, le Canada n’a aucune volonté de négocier ».
Découvrabilité et souveraineté
Quant à la loi 109 adoptée en décembre 2025 par laquelle le gouvernement du Québec veut imposer aux géants du web d’offrir une plus grande découvrabilité des contenus culturels francophones québécois, Yves-François Blanchet se dit convaincu qu’une telle approche relève bel et bien du gouvernement du Québec, et « qu’il a une juridiction claire pour le faire ».
Selon lui, le Québec a le pouvoir de négociation de sa juridiction pour agir en ce sens, mais s’il devait s’avérer que son poids n’est pas suffisant, « on ferait des constats qui nous amèneraient à d’autres décisions, qu’il faut qu’on se donne le poids. Ultimement le poids pour prendre toutes ces décisions-là, il vient avec la souveraineté », a tranché le chef bloquiste.
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