Les abeilles noires sont en danger, 10 ruches ont été installées au cœur du parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse

Équipée de la tête aux pieds, Pascaline ouvre une ruche habitée exclusivement d’abeilles noires, "vous voyez, elles sont toutes noires, en fait, on les reconnaît parce qu’il n’y a pas de segment jaune au-dessus", Pascaline Bertrand est coordinatrice de l’ASBL Mellifica, en charge de la conservation des abeilles noires, aussi appelées abeilles mellifères. Des abeilles petites, mais trapues, qui peuvent vivre jusqu’à 40.000 dans une même ruche.
Des projets pour la sauvegarder
À Virelles, l’ASBL a installé une station de fécondation. Un espace extérieur sur lequel plusieurs petites ruches sont posées, des ruches habitées exclusivement d’abeilles noires. "Nous avons plusieurs ruchées composées de ruches à mâles pour saturer l’environnement en mâles de qualité ce qui permet de faire perdurer l’espèce". Cette station sert notamment à donner des cours aux apiculteurs qui souhaitent se spécialiser dans l’apiculture d’abeilles noires.
Car l’espèce est en déclin, à cause notamment de l’importation d’espèces étrangères ces dernières années, mais aussi et surtout à cause du manque d’habitats naturels en forêt. Pour y remédier, 10 ruches tronc viennent d’être installées au cœur du Parc National de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Ces ruches sont posées sur des chênes à 4 mètres de hauteur, pour imiter la position naturelle qu’un piqueur aurait faite dans l’arbre. "Il s’agit d’un tronc de bois évidé sur lequel on a mis un couvercle et un plancher. Il a une capacité de 30 litres, ce qui est suffisant pour héberger une colonie d’abeilles noires", explique Pascaline. Les ruches ont été installées en juin dernier, elles sont vides pour l’instant, mais l’ASBL espère que des colonies s’y installeront durant la période d’essaimage au printemps prochain, période durant laquelle les abeilles se divisent pour se reproduire et fonder une nouvelle colonie.
L’abeille noire, l’espèce indigène en Belgique
Ces projets ont deux objectifs. Le premier : faire survivre cette espèce indigène d’Europe de l’Ouest. Le second : faire de l’abeille noire, l’unique espèce d’abeille dans la région. Chimay et Momignies ont d’ailleurs déjà adopté un règlement communal qui interdit d’élever d’autres espèces d’abeilles. Car l’abeille noire, au-delà d’être une espèce originaire de la région, s’est adaptée à notre écosystème génération après génération. "C’est l’abeille qui est la plus rustique et la plus à même de faire face aux maladies et éventuellement aux modifications environnementales", nous rappelle Pascaline Bertrand. C’est aussi une espèce très résiliente. "Le but ici, c’est vraiment de redonner la place aux colonies sauvages d’abeilles mellifères dans leur environnement primaire qui est la forêt", conclut-elle.
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