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Thursday, September 17, 2026

"Parlons Solutions – Comment sauver l’école ?" : quelles pistes de solutions pour améliorer l’enseignement ?

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La dernière enquête PISA – un programme qui évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans dans les pays et régions de l’OCDE en maths, sciences et lecture - a dévoilé ses résultats cet été. Il ressort que le niveau des jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’est amélioré en sciences, mais s’est encore dégradé en maths et en lecture. Au niveau du classement, la Belgique francophone se situe toujours aux environs de la vingtième place.

Pour grappiller quelques places et se rapprocher du trio de tête de l’enquête PISA, l’une des pistes, d’après un ancien professeur, serait par exemple de ne plus faire d’examens sur base de points pour s’assurer de l’acquis des élèves. Si un élève est capable de lire ou calculer, "c’est valable. Si pas, on remédie. Mais il faut le faire très tôt, avant la sixième primaire", assure Marc Demuyser.

En fin de sixième année, les résultats au CEB sont meilleurs

Pierre Laurens, directeur de l’école fondamentale libre Saint-Antoine à Forest, à propos de la suppression des points

Une idée que Pierre Laurens, directeur de l’école fondamentale libre Saint-Antoine à Forest, en région bruxelloise, a déjà appliquée dans son établissement. Verdict ? "En prenant plus de temps pour travailler avec les élèves, et moins pour les évaluer, on voit qu’en fin de sixième année, les résultats au CEB sont meilleurs".

Autre idée : développer la ludopédagogie. Comprenez : le fait d’apprendre en s’amusant. Najib Bauwens l’a fait. Sur les réseaux sociaux, ce professeur de néerlandais est connu sous le pseudonyme de "Monsieur Nash". Son truc ? Créer des morceaux de rap pour apprendre les verbes irréguliers à ses élèves. "Ça fonctionne, les élèves me chantent la musique", se réjouit-il, même si pour lui, l’essentiel reste aussi de favoriser "les échanges entre francophones et néerlandophones".

Au centre de compétences Technocité, on est aussi partisan de développer le jeu pour instruire les jeunes. L’idée consiste à utiliser le jeu "Minecraft Education" pour enseigner les maths, le français ou encore la programmation en adaptant ses leçons. Pour Jérôme Marciniak, en charge du département Education du centre, cette technique permet de maintenir la concentration des ados.

Au niveau du CE1D, les résultats se sont nettement améliorés !

Dahlia Wolf, directrice de l’Athénée royal de Thil Lorrain (Verviers), à propos des "ateliers à la réussite"

Reste enfin le bénévolat et le tutorat. À l’Athénée royal de Thil Lorrain (Verviers), les élèves qui le souhaitent ont l’occasion, chaque mercredi, de rejoindre un "atelier de la réussite" pour être remis à niveau dans un ou deux cours. "On retravaille matière de base et l’élève ne reste que le temps nécessaire aux apprentissages", explique Dahlia Wolf, la directrice. "Cela fonctionne bien. Au niveau du CE1D, les résultats se sont nettement améliorés !".

Quant au tutorat, il peut être assuré à la fois par des élèves ou encore par (d’anciens) professeurs avec éventuellement la collaboration des parents.

Des idées qui plaisent à la présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse (Les Engagés) et au chef de groupe PS au Parlement de la FWB, Martin Casier.

Martin Casier plaide par ailleurs pour la diminution de la taille des classes tandis qu'Elisabeth Degryse imagine un accompagnement des parents pour aider au suivi scolaire à la maison. Une idée utile, pense Marc Demuyser, pour des parents perdus face aux changements de dénominations et à l’évolution du cursus scolaire.

Autre chapitre, autres pistes de réflexions. Avec la nouvelle réforme de l’enseignement et le passage de 20 à 22 périodes face classe dans l’enseignement secondaire supérieur, certains professeurs temporaires ou prioritaires se retrouvent avec un nombre d’heures réduit… Voire inexistant. D’autres profs, nommés eux, voient au contraire leur charge de travail augmenter considérablement.

Les écoles se sont organisées, on ne fera pas marche arrière demain

Diana Nikolic, cheffe de groupe MR au Parlement de la FWB

Pour la cheffe de groupe Ecolo au Parlement de la FWB, Bénédicte Linard, la solution est simple : il faut tout bonnement faire marche arrière. "Il faut mieux travailler sur l’objectivation de la charge de travail des profs", dénonce-t-elle. "Les écoles se sont organisées, on ne fera pas marche arrière demain", répond Diana Nikolic, son homologue du MR. "Par contre, dégager du temps sur les devoirs et les corrections (via la remédiation, ndlr) aiderait tant les enseignants, que les parents et les enfants".

Quant aux professeurs qui se retrouveraient avec un agenda (en partie) vide : "il existe une plateforme qui s’appelle Primoweb, sur laquelle se retrouvent toutes les offres d’emplois vacants depuis plus de trois mois", ajoute-t-elle.

Le décret programme 2 prévoit également que les enseignants temporaires prioritaires puissent assurer 13 missions au sein de leur école si la direction en fait la demande, rappelle Elisabeth Degryse.

Outre la simplification administrative ou encore l’accompagnement des jeunes enseignants, l’une des façons de permettre à tous de travailler sans faire exploser sa charge de travail serait pour cet étudiant de revoir les horaires. "Je suis peut-être un peu ambitieux, mais il faudrait revoir tous les horaires tant pour les élèves qui ont besoin de temps en dehors de l’école que pour les enseignants qui ont besoin de temps pour développer leurs cours et leurs techniques d’enseignement. Il faudrait procéder à la façon nordique : avoir des cours la matinée. Et l’après-midi, des remédiations, des heures pour des projets", détaille Guillaume Goosens.

Les trois-quarts des 14,5 milliards d’euros du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont consacrés à l’enseignement, dont 7,9 milliards d’euros rien que pour le salaire des professeurs. "Ce qui coûte très cher, ce n’est pas forcément le salaire des professeurs", intervient Jeanne Delaite, enseignante à la retraite. "C’est le fonctionnement de l’école en réseaux et la rénovation des bâtiments".

Selon elle, fusionner les réseaux pour n’en faire qu’un, comme dans les pays nordiques, permettrait de grandes économies. "Mais il ne faudrait pas pour autant faire perdre leur emploi à certains enseignants. Il faudrait profiter de ces enseignants "supplémentaires" pour faire du co-enseignement, de la remédiation etc.", nuance-t-elle.

Une proposition qui s’avère irréaliste pour le secrétaire général du SEGEC (Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique), Alexandre Lodez. "Prenons le cas de l’enseignement communal qui devrait reprendre l’enseignement libre. Même si on lui donnait les bâtiments, cela coûterait 1200 € de plus par enfant parce qu’il y a ce que donne la FWB et il y a ce que les communes injectent. Si je prends l’exemple de ma commune, cela ferait environ 500.000 € de plus au total".

"Avant d’aller jusqu’à la fusion des réseaux, la Région wallonne veut supprimer les provinces", rappelle Diana Nikolic, ce qui permettrait déjà selon elle "de rationaliser les fonctions de support".

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