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Sunday, September 13, 2026

Exercices cognitifs contre la démence | Quand vitesse rime avec prévention

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Pratiquer des jeux mentaux pendant un temps limité aiderait à diminuer le risque de démence, montrent deux études récentes. Des chercheurs montréalais ont lancé un essai clinique misant sur ces résultats afin d’améliorer la prévention.

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Améliorer sa performance…

Tous les exercices cognitifs ne se valent pas si l’objectif est de prévenir la démence. « Il faut absolument avoir certains ingrédients », expose Étienne de Villers-Sidani, neurologue à l’Institut neurologique de Montréal (Neuro). « Il faut que l’exercice soit de plus en plus difficile et qu’il y ait une limite de temps. Il faut que l’un des objectifs soit d’augmenter la vitesse d’exécution. Il faut être capable de bloquer dans son environnement des choses qui distraient. »

Dans une étude publiée en 2025 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR), le Dr de Villers-Sidani a montré que ce type d’exercice cognitif améliore le fonctionnement de régions du cerveau responsables de la mémoire et de l’apprentissage. Dans ses travaux, l’exercice cognitif consistait à identifier des détails dans des images, avec des séances de 30 minutes par jour pendant 10 semaines. Le groupe-témoin jouait quant à lui à des jeux de type Candy Crush ou solitaire.

Il ne suffit pas de faire des mots croisés tous les matins sans limite de temps, résume le chercheur. Peut-on se fixer des objectifs comme faire le mot croisé en un temps donné, ou alors aller le faire dans un café bruyant pour s’exercer à se concentrer malgré les distractions ? « L’important, c’est de viser à s’améliorer, dit le Dr de Villers-Sidani. Il y a plein d’autres choses qui pourraient fonctionner. »

… et sa vitesse

L’autre étude étant arrivée à la même conclusion portait sur un exercice visant à améliorer au jour le jour la vitesse de résolution d’un problème. Publiée l’hiver dernier dans la revue Alzheimer’s & Dementia, elle a montré que le risque de démence diminuait de 25 %. Cette baisse du risque est comparable à l’augmentation du risque de démence liée à l’obésité ou à l’abus d’alcool, selon Marilyn Albert, neuroscientifique de l’Université Johns Hopkins à Baltimore.

« Il s’agit d’exercices simples, par exemple identifier une voiture ou un camion dans une image », dit Mme Albert, l’autrice principale de l’étude d’Alzheimer’s & Dementia. « L’important, c’est d’améliorer sa vitesse. »

La chercheuse Marilyn Albert avance que la capacité à porter son attention sur des choses précises est un élément essentiel des exercices cognitifs prévenant la démence.

« Il ne s’agit pas de faire des additions le plus vite possible ; c’est un exercice entièrement visuel. Le succès dépend de la capacité à diviser son attention entre le centre et la périphérie d’une image. »

Un autre exercice commençait par montrer une image de paysage. Ensuite, il fallait cliquer sur un bouton quand on voyait une image de paysage différente, et ne pas cliquer sur le bouton quand le même paysage apparaissait.

L’étude de Mme Albert a suivi plus de 2000 personnes pendant 20 ans.

Essayez le test de paysage (en anglais)

Trouble cognitif léger

Pour tester l’effet clinique de ces exercices cognitifs, le Dr de Villers-Sidani est en train de recruter des patients qui ont un diagnostic de « trouble cognitif léger » (MCI selon le sigle anglais). Ce diagnostic mène à une démence dans les cinq ans pour une personne sur trois.

L’objectif de l’essai clinique « Amélioration de la santé neurologique par le biais de l’acétylcholine avec des exercices informatiques neuroplastiques pour les patients MCI » (Inhance-MCI) est de déterminer si ces exercices cognitifs visant une amélioration de la performance et de la vitesse d’exécution peuvent diminuer le risque d’apparition de la démence après un diagnostic de MCI.

« On vise à recruter 85 personnes », dit le chercheur du Neuro.

Contactez l’essai clinique Inhance-MCI

Index de santé du cerveau

Le Dr de Villers-Sidani a montré l’efficacité de ce type d’entraînement cognitif en mesurant la quantité d’acétylcholine, un neurotransmetteur présent dans le cerveau lié à la mémoire et à l’apprentissage. « On a vu une augmentation de l’acétylcholine dans les zones clés du cerveau seulement dans le groupe d’intervention », dit-il.

L’acétylcholine est un « biomarqueur » de la démence.

L’une des grandes questions de recherche actuellement est d’identifier des biomarqueurs sanguins qui vont nous aider à évaluer le risque de démence.

Marilyn Albert, neuroscientifique de l’Université Johns Hopkins

De tels biomarqueurs pourront aussi permettre de déterminer plus rapidement quels exercices cognitifs ou quels comportements préviennent le déclin cognitif, dit Roby Honea, une neuroscientifique de l’Université du Kansas qui travaille sur différents biomarqueurs de la « santé du cerveau ».

« On veut définir de quoi a l’air un cerveau en santé et de quoi a l’air un cerveau dont la santé s’améliore », dit Mme Honea.

La chercheuse du Kansas collabore aussi à un gigantesque projet visant à tester un « index de santé du cerveau » (BHI), auprès de 100 000 personnes de 65 pays. « On aimerait avoir un test qui serait aussi précis que ceux qui évaluent le risque cardiovasculaire », dit Sandi Chapman, neuroscientifique de l’Université de Dallas qui dirige le projet. « Ça permettrait par exemple de détecter immédiatement toute baisse de la santé du cerveau, par exemple à la ménopause ou durant une chimiothérapie, pour pouvoir intervenir rapidement. »

Le BHI combine des évaluations psychologiques et cognitives avec des analyses des facteurs de risque.

En savoir plus

  • 7 %
    Proportion des femmes québécoises de 65 ans et plus qui ont un diagnostic de démence

    5,9 %
    Proportion des hommes québécois de 65 ans et plus qui ont un diagnostic de démence

    Source : Institut national de santé publique du Québec

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