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Friday, September 25, 2026

Le roman «C’était ça ou mourir» de Thélyson Orélien retiré de la sélection pour le prix Goncourt

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L’Académie Goncourt a annoncé vendredi qu’elle retirait le roman de l’auteur canado-haïtien Thélyson Orélien de sa sélection pour le prix Goncourt en raison des accusations de plagiats et d’utilisation de l’intelligence artificielle le visant.

Cette décision « est dictée par la volonté de préserver l’intégrité du prix Goncourt et celle de l’Académie, dont le rôle central consiste à promouvoir et couronner la littérature écrite par des femmes et des hommes », explique dans un communiqué transmis à l’AFP l’Académie, qui avait placé le roman C’était ça ou mourir dans sa première sélection pour le prestigieux prix décerné le 4 novembre.

Pour justifier ce choix, l’Académie met en avant les « plagiats dont son auteur s’est rendu coupable au fil du temps et qui viennent d’être révélés, ainsi que du résultat convergent de plusieurs analyses de chercheurs et journalistes dignes de foi mettant en évidence le fait que C’était ça ou mourir est selon toute vraisemblance très largement le produit d’une intelligence artificielle ».

« Il s’agit d’envoyer un message clair » pour « affirmer que nous ne cautionnons ni n’adoubons d’une façon ou d’une autre la création de textes générés avec l’aide de l’IA », ajoute-t-elle.

L’Académie, présidée par l’écrivain Philippe Claudel, rendra publique sa deuxième liste le 6 octobre.

C’était ça ou mourir, publié initialement au Québec puis en France en août, est l’un des best-sellers de la rentrée littéraire. Il a obtenu lundi le prix du roman Fnac et fait partie des sélections des principaux prix de l’automne, dont ceux du Fémina et du Médicis.

Un des accusateurs d’Orélien se dévoile

Après plusieurs jours de mystère, le voile a été partiellement levé sur le compte X anonyme « Balance ton Claude », qui a accusé lundi Thélyson Orélien d’avoir « presque intégralement » écrit son livre C’était ça ou mourir avec une intelligence artificielle.

L’essayiste Samuel Fitoussi, chroniqueur au Figaro, a reconnu vendredi sur X faire partie de ce « projet collectif », dont les autres acteurs n’ont pas révélé leur identité à ce stade.

Il a expliqué avoir agi en défense de la littérature. « Pourtant plutôt techno-optimiste, je redoute qu’après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l’écrit, l’IA provoque la disparition de la lecture et de l’écriture », écrit-il dans un long message.

« Ni les idées politiques d’Orélien ni le thème de son livre ne nous importaient », a-t-il assuré, alors que C’était ça ou mourir raconte le périple à travers 12 pays d’un professeur d’histoire-géographie qui fuit son pays englué dans la violence des gangs.

« À tous ceux qui nous reprochent d’avoir nui à Orélien, pensez plutôt à l’auteur qui a passé des centaines d’heures sur son manuscrit pour écrire un magnifique livre, qui aurait mérité le Goncourt, et qui ne l’aurait pas eu », a-t-il poursuivi.

Quelques mots sur « Balance ton Claude », projet à travers lequel nous avons révélé que « C’était ça ou mourir », livre phénomène de la rentrée littéraire, est sans doute très largement rédigé par une IA.

1) Je n’étais pas seul ; il s’agissait d’un projet collectif. Les autres…

— Samuel Fitoussi (@SamuelFitouss10) September 25, 2026

Interrogé ces derniers jours par l’AFP sur son implication dans cette polémique, Samuel Fitoussi avait assuré à plusieurs reprises ne pas être derrière le compte qui en est à l’origine.

Aux accusations d’avoir eu recours à une IA se sont ajoutées mercredi des allégations de plagiat au Québec pour des textes publiés il y a plus de dix ans.

Cette affaire est la première liée à l’IA à secouer le monde littéraire français qui, jusqu’à présent, n’a pas établi de règles collectives face au développement très rapide de cet outil.

« Le monde de l’édition doit réagir vite, sans panique mais sans naïveté, sinon, il laissera s’installer un doute durable sur la valeur même des livres », affirme Arnaud Nourry, ancien p.-d.g. de Hachette et patron des Nouveaux Éditeurs, vendredi dans Le Parisien.

Jeudi, les éditions du Boréal, basées à Montréal, ont annoncé suspendre « les activités promotionnelles » autour du livre qu’elles ont publié au printemps, puis vendu à de nombreux éditeurs étrangers, dont Grasset en France.

Le Salon du livre de l’Estrie a également annoncé jeudi exclure de sa programmation l’auteur, indiquant « qu’il retire à M. Thélyson Orélien le titre d’invité d’honneur et l’invitation à participer aux deux activités qui figuraient à la programmation ».

En France, aucune annonce n’a été faite à ce stade sur la poursuite de la tournée de promotion de l’écrivain, qui doit se rendre dans plusieurs librairies dans les prochains jours et figure dans les premières sélections de plusieurs prix littéraires.

Il a ainsi présenté jeudi son livre devant plusieurs centaines de personnes, qui l’ont applaudi, au festival du livre de Manosque.

Visiblement fatigué, le romancier a indiqué à l’AFP qu’il était « prêt à (s’)exprimer quand tout sera calme ». « Parce que maintenant, il y a quand même cette volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (...), de me faire taire », a-t-il ajouté.

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