CNN TürkMilyonlarca kişiyi ilgilendiriyor: Gayrimenkul alım satımında yeni kurallar geliyorThe Jerusalem PostPakistan launches precision airstrikes on Afghanistan following thwarted drone attack from borderPunchEngland can win trophies without copying Spain’s style — GordonBollywood HungamaHurun Rich List 2025: Shah Rukh Khan’s Rs. 12,490 crore wealth surpasses the combined wealth of Juhi Chawla, Hrithik Roshan & Karan JoharESPNMen's divisional rankings: 'Pitbull' Cruz beats Bravo to enter junior welterweight top 5InquirerCyclone east of N. Luzon expected to enter PAR Thursday morning한겨레Korea to waive highway tolls during this week’s Chuseok holidayESPN DeportesJavier Aguirre y sus cinco mejores momentos en EspañaSky TG24Insetti e vermi nel cibo destinato ai bambini: blitz dei Nas e sequestri a CaivanoRapplerFACT CHECK: Marcos did not say he wants another 6-year presidential termSCMP ChinaWhy did Trump wear gloves to greet China’s Xi Jinping at Joint Base Andrews?7sur7“Il a violé leur fille de quatre ans”: comment les violences sexuelles deviennent des armes de guerre en Ukraine
The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, September 24, 2026

Comment prouver qu’on a écrit son propre livre?

Translate

Dans la foulée de la saga techno-littéraire entourant Thélyson Orélien et C’était ça ou mourir, son roman phénomène, une question émerge : comment un auteur peut-il prouver rapidement qu’il a écrit son propre livre ?

« C’est vraiment un défi d’établir l’authenticité d’un texte en cette ère de l’IA », indique le professeur en éthique à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM Dominic Martin.

« Les auteurs ne sont plus présumés être des auteurs ; ils doivent désormais le prouver », observe de son côté Dave Anctil, chercheur affilié à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique de l’Université Laval. Selon lui, on assiste littéralement (et littérairement) à un « renversement du fardeau de la preuve ».

Et « c’est extrêmement compliqué de démontrer dans un temps court, médiatique et rapide le travail humain d’écriture et d’édition qui a été fait », enchaîne Benoit Bordeleau, de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). « Car c’est un travail qui se fait dans un temps long, avec toute une chaîne professionnelle humaine — réviseur, éditeur, traducteur, graphiste — et de nombreuses conversations et allers-retours basés sur l’authenticité. »

La valeur du carnet de notes

Comment protéger un chemin de création dans le monde d’aujourd’hui ? Un auteur doit adopter de bonnes pratiques, documenter sa démarche et ses étapes de travail, ses échanges avec l’éditeur, conserver les apports, retraits et changements qui ont été faits sur le texte, énumère M. Bordeleau. Mais le porte-parole de l’UNEQ est lui-même auteur et il reconnaît les difficultés de sa recommandation. « Quel auteur garde aujourd’hui toutes les versions de son manuscrit ? Nous sommes plusieurs à écraser dans [le logiciel] Word la version précédente » après chaque changement.

« Nous écrivons dans un écosystème technologique qui fait que les traces, les éléments de la démarche sont dispersés » entre les échanges courriel, les manuscrits sur papier annotés au stylo et les versions numériques historiques et en travail. Autant d’archives auxquelles on peut ajouter les carnets de notes, et les idées griffonnées à la va-vite sur des bouts de papier attrapés au vol.

Mais « je ne connais personne qui a un dossier tout prêt et qui y place ces éléments » au fil de sa création, reconnaît Benoît Bordeleau.

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) estime que « la publication d’un livre repose sur un travail intime et collaboratif entre un auteur et son éditeur ». Et c’est dans le lien de confiance que se déploie l’originalité d’un texte, selon la présidente de l’ANEL et directrice de la maison d’édition L’Instant même, Geneviève Pigeon. Aucun créateur, aucun éditeur ne souhaite avoir à défendre sur la place publique la paternité d’une œuvre, remise en doute sur la foi d’outils peu fiables, ajoute Mme Pigeon.

Légalement, « la tendance mondiale est de rappeler que toute œuvre destinée à la publication doit être le fruit du propre talent et du jugement de son auteur, une création originale dont il est le premier titulaire, et non le résultat d’une technologie », dit pour sa part Stéphanie Hénault, directrice des affaires juridiques de l’ANEL.

« Cette exigence revêt une importance capitale en matière de qualité, d’éthique et de responsabilité morale et juridique envers le secteur du livre et le public. C’est aussi la seule garantie pour qu’une œuvre bénéficie de la protection du droit d’auteur et [pour que son auteur se voit] accorder les droits exclusifs inhérents à son contrat d’édition. »

Les créations de demain

« Je ne sais pas si dans le futur on va être capable plus facilement de déterminer si un texte est d’origine humaine ou artificielle, renchérit Dominic Martin. Je pense que ça va être de plus en plus difficile. Parce que la technologie évolue vraiment vite. »

Dave Anctil souligne de son côté qu’« en science, on emploie l’IA sans aucun sentiment de culpabilité pour augmenter la recherche scientifique. Il s’agit seulement de respecter l’intégrité et la rigueur scientifiques ». « Est-ce différent en culture ? se demande-t-il. Est-ce qu’il y a vraiment un problème à ce qu’un auteur littéraire utilise ces nouveaux outils pour enrichir et diversifier son processus créatif ? »

Ce débat a lieu depuis longtemps dans la création audiovisuelle, rappelle M. Anctil. Certains artistes de ce domaine pensent que seules les méthodes et technologies pré-IA sont acceptables. D’autres croient que la liberté artistique passe d’abord, et qu’un créateur a le droit de mobiliser tout ce qui lui permet de créer — y compris l’IA générative.

« La société semble préférer stigmatiser la cocréation de l’humain avec l’IA plutôt que de soutenir la transparence et l’ouverture face à cette technologie très “humaine”, puisqu’elle peut accomplir ce que seul l’humain pouvait faire jusqu’à récemment : des œuvres de l’esprit, de l’intelligence », observe le chercheur.

« Comme philosophe des technologies, je pense que c’est ce dernier questionnement qui mériterait notre attention et nos discussions. »

View the original on Le Devoir

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.