Meurtre à Montréal | Une femme tuée pendant une réunion virtuelle

« C’était quelqu’un de très joyeux, qui donnait à tout le monde sans compter. » Menel Ben Salem est « dans tous ses états » depuis le meurtre de sa sœur Leila, en pleine visioconférence pour le travail mardi. Elle a appris la nouvelle depuis la Tunisie, où elle habite, comme plusieurs proches de la victime.
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« On est en état de choc, rapporte Menel Ben Salem. J’ai passé beaucoup de coups de fil, au consulat aussi. Je suis épuisée. »
Leïla Ben Salem, 45 ans, a été retrouvée sans vie mardi soir dans l’arrondissement de Ville-Marie. Elle a été victime d’un meurtre, a conclu le Service de police de la Ville de Montréal, commis pendant qu’elle était en visioconférence.
Elle se trouvait en visioconférence avec un collègue de travail dans son appartement quand un homme y a fait irruption et l’a frappée avec un objet contondant, selon des informations que La Presse a pu confirmer de source sûre. C’est le collègue qui a alerté les services d’urgence. Le lien entre le suspect principal, un homme connu des policiers dont on n’a pas retrouvé trace après le drame, et la victime n’a pas été établi.
« Ma sœur était tranquille chez elle, déplore Menel Ben Salem. L’endroit où on devrait être le plus en sécurité au monde, c’est chez soi ! » Elle ne comprend pas comment un individu « très, très dangereux » a pu être en liberté et commettre un tel crime. « Le Canada n’est pas un endroit aussi sécuritaire qu’on le prétend », estime-t-elle.
Depuis juillet 2023, la victime, Leïla Ben Salem, était séparée de fait de son époux. Elle venait à peine de s’installer dans son condominium, acheté en juin dernier, selon le registre foncier consulté par La Presse. « Un petit condo qu’elle venait d’acheter, qu’elle était en train d’aménager. Elle n’a même pas eu le temps de le voir fini », s’attriste sa sœur.
« Elle ne traînait pas dans les quartiers, elle n’était pas toxicomane, rien de tout ça, affirme Menel Ben Salem. Dans ma vie, j’ai rarement croisé des personnes aussi généreuses que ma sœur. »
PHOTO EXTRAITE DU COMPTE FACEBOOK DE LEÏLA BEN SALEM
Depuis juillet 2023, la victime, Leïla Ben Salem, était séparée de fait de son époux. Elle venait à peine de s’installer dans son condominium, acheté en juin dernier.
Elle a quitté la Tunisie en janvier 2013 et aurait un enfant de 12 ans, peut-on voir sur son compte Facebook. Un départ déjà difficile pour sa petite sœur. « Je me suis dit qu’on allait se revoir tous les ans. Maintenant, on ne va plus jamais se revoir », souffle sa sœur, en sanglots.
Depuis juillet 2023, elle était séparée de fait de son époux, un mariage contracté en Tunisie en 2011. Au moment de l’achat, le 19 juin dernier, sa demande de divorce était « en cours d’instance », peut-on lire dans l’acte de vente.
Aucune arrestation
Au moment du passage de La Presse, mercredi matin, l’édifice abritant près de 70 copropriétés indivises sur 6 étages était étonnamment vide. Toute la façade avant de l’immeuble, plaquée d’échafaudages, était en rénovation. Aucun des rares occupants croisés ne connaissait la victime. Des policiers et des techniciens en identité judiciaire étaient toujours au 6e étage, là où résidait la femme de 45 ans.
C’est vers 15 h 25 mardi que les policiers ont été appelés à l’intersection du boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-Christophe. Ils ont trouvé dans un appartement une femme inconsciente, dont le décès a été constaté après des manœuvres de réanimation.
Aucune arrestation n’a toutefois été effectuée dans ce dossier, et « l’enquête est toujours en cours », indique mercredi Raphaël Bergeron, porte-parole du SPVM. Pourrait-il s’agir d’un féminicide en contexte conjugal ? « Pour l’instant, on n’écarte rien, on est en mode enquête », répond le policier.
Il s’agit du 19e meurtre survenu sur le territoire de l’agglomération de Montréal en 2026. L’enquête a été transférée à la Section des crimes majeurs du SPVM.
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