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Monday, October 26, 2026

Des délais 13 fois plus élevés que les cibles pour le dépistage du cancer du sein

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Les femmes de l’Abitibi-Témiscamingue admissibles au Programme québécois de dépistage du cancer du sein pourraient devoir attendre jusqu’à un an et demi avant d’avoir accès à une mammographie.

La cible du gouvernement du Québec est pourtant d’avoir accès à l’examen préventif en six semaines ou moins.

Les délais sont aussi bien au-delà des cibles de trois semaines pour les examens complémentaires.

La crainte de passer entre les mailles du filet

Mireille Pomerleau a 74 ans. Elle est dans sa dernière année d’éligibilité au Programme québécois de dépistage du cancer du sein, qui propose aux femmes de 50 à 74 ans de passer une mammographie tous les 2 ans.

Mireille Pomerleau pose pour la photo.

Mireille Pomerleau est dans sa dernière année d’éligibilité au Programme québécois de dépistage du cancer du sein.

Photo : Gracieuseté

La résidente de La Sarre participe depuis plusieurs années au programme de dépistage et elle a déjà eu à passer un examen de tomodensitométrie dans le passé pour s’assurer qu’elle n’avait pas un cancer.

En septembre, elle reçoit une lettre l’invitant à prendre rendez-vous.

C’est un système téléphonique qui répond et on me dit : "Pour ce qui est des mammographies, prenez note qu’il n’y a pas de rendez-vous avant un an", raconte-t-elle. Ça m’a surprise beaucoup, parce que moi, j’étais prévue en novembre.

Dans un an, est-ce que je vais faire partie du programme? Je vais être rendue à 75 ans, faque j’aurai manqué ma mammographie?

Mireille Pomerleau est loin d’être la seule dans cette situation. Les temps d’attente pour une mammographie dans la région sont parmi les plus longs au Québec.

Mammographie de dépistage du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS)

VilleTemps d'attente (en mois)
Amos19 mois
La Sarre18 mois
Rouyn-Noranda11 mois
Ville-Marie10 mois
Val-d'Or9 mois

Mammographies en hausse, sans personnel supplémentaire

Santé Québec Abitibi-Témiscamingue se dit bien conscient des enjeux liés aux délais.

Le nombre de mammographies effectuées au cours des dernières années n’a cessé d’augmenter, notamment en raison du vieillissement de la population et de l’élargissement du programme de dépistage.

Les équipes de la région ont réalisé jusqu’ici plus de 10 200 mammographies cette année, comparativement à 7100 à pareille date l’an dernier.

Les délais d’attente sont plus hauts que ce qu’on souhaiterait, mais on le sait aussi que ce qu’on fait en termes d’activité, c’est en augmentation, puis ça, avec le même personnel, explique Mylène Gauthier, directrice des services multidisciplinaires de santé et de services sociaux, qui ajoute que les cas les plus urgents seront vus plus rapidement, grâce à un système de priorisation.

Une masse cancereuse.

Le nombre de mammographies a augmenté ces dernières années en Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)

Photo : Associated Press / Torin Halsey

Des démarches sont aussi en cours pour recruter davantage de personnel, notamment des technologues en imagerie médicale, mais aussi des radiologistes.

Présentement, il manque 4 radiologistes sur 10 dans la région. Santé Québec Abitibi-Témiscamingue a quand même réussi à conclure des ententes avec des médecins spécialistes à l’extérieur de la région, qui peuvent analyser les mammographies à distance.

Depuis quelques mois, on a travaillé à différents niveaux, une des choses qu'on fait, c'est vraiment de travailler à avoir des radiologistes, par exemple, qui puissent s'assurer de la lecture de nos examens, parce qu'on peut produire vraiment plus d'examens, mais si on n'a pas de radiologiste en contrepartie pour faire l'analyse de l'examen, l'examen ne vaut pas grand-chose, soutient Mylène Gauthier.

Le déploiement de l’unité mobile CLARA de l’Institut national de santé publique peut aussi aider au dépistage.

Se déplacer ou aller au privé

Santé Québec Abitibi-Témiscamingue a décidé d’afficher les temps d’attente pour les mammographies sur son site web.

Ce qu'on donne comme information aux usagers, c'est qu'il est possible des fois d'aller chercher l'examen ailleurs que dans sa ville, c'est-à-dire qu'il y a certaines villes où les délais sont un peu moins grands en région. On travaille aussi à proposer des rendez-vous à nos usagers de la région pour qu'ils puissent aller chercher leurs examens dans une autre ville quand ça peut réduire leurs délais d'accès, explique Mylène Gauthier.

Elle invite aussi les patientes qui sont en mesure de se déplacer à faire affaire avec des cliniques privées.

Dans ces laboratoires-là, les examens sont parfois remboursables par la RAMQ [Régie de l’assurance maladie du Québec], ajoute-t-elle.

Mireille Pomerleau, de son côté, songe à aller chercher une mammographie ailleurs dans la région. Surtout qu’elle vient de perdre son médecin de famille, qui part à la retraite, ce qui lui fait craindre de ne pas pouvoir être vue à temps, en cas de problème.

Je le ferai peut-être, j’ai peur de manquer mon tour, conclut-elle.

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