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Saturday, November 7, 2026

Budget fédéral : les Belges vont-ils payer le prix du blocage politique ?

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La situation financière de la Belgique est préoccupante. La dette publique atteint désormais plus de 719 milliards d’euros, soit 110,2% du produit intérieur brut (PIB). Quant au déficit, il devrait avoisiner les 33 milliards d’euros en 2026.

Cette situation a déjà un coût considérable pour les finances publiques : chaque année, la Belgique consacre quelque 16 milliards d’euros au paiement des seuls intérêts de sa dette. Une facture qui risque encore de s’alourdir si le pays ne parvient pas à rassurer les investisseurs.

La Belgique emprunte déjà plus cher que l’Allemagne

Le blocage politique autour du budget fédéral n’est pas sans conséquences sur les marchés financiers. Les taux d’intérêt belges atteignent actuellement 4,4%, contre 3,4% pour l’Allemagne. Un écart qui témoigne de conditions de financement moins favorables pour la Belgique.

Pour Eric Dor, économiste et directeur des études économiques à l’IESEG, le temps joue contre le pays. Plus le gouvernement tarde à présenter un budget susceptible de rassurer les investisseurs, plus le risque d’une nouvelle hausse des taux augmente. "Plus nous attendons pour faire un budget qui rassure les investisseurs, plus les taux d’intérêt vont continuer à augmenter".

L’économiste souligne que la Belgique n’est pas seule dans cette situation. Avec la France, elle fait partie des pays de la zone euro où les taux d’intérêt augmentent davantage que dans les autres États membres. Un phénomène qu’il relie notamment à l’impasse politique dans laquelle se trouvent les deux pays. "On est dans une situation où le monde politique est bloqué, n’arrive pas à se mettre d’accord".

L’enjeu est donc aussi politique : l’absence d’accord budgétaire entretient l’incertitude et risque de rendre le financement de la dette toujours plus coûteux.

L’épargne des Belges, un filet de sécurité

Faut-il pour autant redouter un scénario catastrophe ? Pas nécessairement. La Belgique dispose d’un atout particulier : le niveau élevé de l’épargne de ses citoyens.

Geert Noels, économiste et directeur général d’Econopolis, rappelle que cette épargne constitue une garantie aux yeux des marchés financiers. Elle représente une réserve de financement potentielle pour l’État belge. "Les marchés financiers savent que la Belgique a un taux d’épargne très élevé et un gouvernement qui le veut pourrait forcer la main de l’épargne en Belgique pour prendre plus de dettes".

Mais cette possibilité ne signifie pas que la Belgique pourrait s’endetter sans conséquences supplémentaires. L’économiste attire notamment l’attention sur la dégradation de la qualité de la dette belge dans l’appréciation des agences de notation.

Et même si l’État parvient à trouver davantage de financement auprès des épargnants belges, cela pourrait lui coûter plus cher. "Alors que même si on peut le financer à l’intérieur, le Belge va demander de plus en plus de compensations".

Autrement dit, l’épargne nationale constitue une réserve potentielle, mais elle ne fait pas disparaître le problème : les prêteurs, qu’ils soient belges ou étrangers, attendent une rémunération en contrepartie de leur argent.

Une facture qui pèse sur les finances publiques

Pour la Belgique, l’urgence est donc de retrouver une trajectoire budgétaire crédible. La hausse des intérêts de la dette mobilise déjà des sommes considérables qui ne peuvent pas être affectées à d’autres dépenses publiques.

C’est aussi ce qui rend les négociations budgétaires particulièrement importantes pour les citoyens. Si le coût de l’endettement continue à augmenter, les marges financières de l’État risquent de se réduire davantage.

Sous la surveillance des grandes instances internationales, la Belgique n’a donc guère le choix : elle doit réduire ses dépenses et boucler un budget fédéral dans les meilleurs délais.

L’épargne des Belges peut offrir une certaine sécurité aux yeux des marchés, mais elle ne dispense pas le pays de s’attaquer à son déficit. Plus l’accord politique tarde, plus le risque d’une facture supplémentaire pour les finances publiques grandit.

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