Écrasement d’hélicoptère en 2019 | Le président de Savoura avait pris un « mauvais cocktail » de drogues

L’ancien président de Savoura avait consommé un « mauvais cocktail » de drogues avant de prendre les commandes de son hélicoptère, qui s’est écrasé en 2019. C’est ce que révèle un rapport que la succession de Stéphane Roy souhaitait garder secret dans le cadre d’une poursuite de 50 millions de dollars.
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« Malgré toute l’empathie que le Tribunal peut éprouver face à une telle tragédie […], la publicité des débats judiciaires doit être maintenue, la justice ne s’accommodant que très rarement de l’ombre et des portes closes », a conclu le juge Luc Morin, de la Cour supérieure du Québec, la semaine dernière.
La mort de Stéphane Roy et de Justin, son fils de 14 ans, avait fait les manchettes pendant des jours à l’été 2019. L’hélicoptère piloté par le PDG de l’entreprise Savoura s’était écrasé au nord du parc du Mont-Tremblant. La carcasse de l’appareil avait été retrouvée près du lac Valtrie après deux semaines de recherches.
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Stéphane Roy et son fils Justin
En 2025, la succession de Stéphane Roy a déposé une poursuite contre le constructeur de l’hélicoptère, Robinson Helicopter Company, dans laquelle elle réclame 50 millions de dollars.
Selon la succession, l’accident a été causé par une défaillance mécanique de l’appareil, touchant les pales de rotor de l’hélicoptère.
Niant toute responsabilité, l’entreprise Robinson, établie en Californie, reproche à Stéphane Roy d’avoir mal entretenu l’appareil et de l’avoir utilisé de façon « déficiente ». Une analyse toxicologique mise en annexe du rapport du coroner révèle la présence d’un « mauvais cocktail de MDMA (ecstasy), de méthamphétamine et de cannabis » dans l’urine de Stéphane Roy.
Selon le juge Morin, rien dans la preuve ne permet de « sérieusement » remettre en question ces résultats.
Aux yeux de la succession, ce rapport toxicologique porte atteinte à la dignité de Stéphane Roy et à celle de sa famille. C’est pourquoi la succession souhaitait que l’existence du rapport ne soit pas révélée. Elle réclamait sa mise sous scellés, le caviardage de toute mention du rapport, ainsi qu’un huis clos devant la cour.
Un simple « embarras », selon le juge
La publicité des débats judiciaires est la norme devant les tribunaux. La partie qui réclame une entorse à cette règle doit remplir un « lourd fardeau », rappelle le juge. Par exemple, on peut y déroger si la diffusion d’informations « très sensibles menace sérieusement la dignité d’une personne », souligne le juge.
Or, selon le juge Morin, la publicité du rapport de toxicologie ne risque pas de dépasser le seuil d’un « embarras » pour la famille Roy.
« L’embarras, s’il en est, découlerait non pas de la consommation de drogue en soi, mais bien plus du moment choisi par le défunt pour s’adonner à une telle consommation ayant potentiellement contribué à l’écrasement de son hélicoptère et ultimement, à son décès et celui de son fils », analyse le juge.
Dans un arrêt phare, la Cour suprême rappelle que « l’embarras » causé par la diffusion de renseignements personnels devant les tribunaux ne suffit pas à justifier le fait de limiter la publicité des débats.
En résumé, pour taire une information publique, il faut que ce renseignement révèle « quelque chose de si intime et de personnel sur la personne, sur son mode de vie […] que la confidentialité s’impose ».
En 2026, la consommation de drogue récréative n’est pas « stigmatisante », selon le juge. D’ailleurs, rien n’indique que Stéphane Roy avait un problème de toxicomanie, ajoute-t-il.
Bref, selon le juge, il n’est pas question de « dignité » dans cette affaire, mais plutôt « d’embarras, d’honneur et de réputation ».
« Si la divulgation du rapport peut être perçue comme un fort prix à payer, ce prix est proportionnel au sérieux des enjeux soulevés quant aux causes et circonstances ayant mené à l’écrasement de l’hélicoptère », conclut le magistrat.
Également, le juge a acquiescé à la demande de l’entreprise Robinson d’accéder aux dossiers médicaux de Stéphane Roy des cinq dernières années afin de connaître sa condition physique.
« Le certificat médical du défunt nécessaire au maintien de son permis de pilote était expiré depuis plus d’un an au moment de l’écrasement, ce qui soulève encore plus de questions sur son état physique durant cette période et est de nature à remettre en question les aptitudes du défunt à piloter l’hélicoptère », affirme le juge.
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