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Tuesday, October 6, 2026

Les Canadiens resserrent leur budget pour les Fêtes

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Les Canadiens préféreront jouer de prudence pour le temps des Fêtes face à l’augmentation du coût de la vie, à la hausse du prix de l’essence et aux incertitudes géopolitiques. Pour une deuxième année de suite, ils prévoient de réduire leurs dépenses et de courir les aubaines. Seuls les Québécois font exception et envisagent de conserver le même budget que l’an dernier.

Selon un rapport de PwC publié mardi, les consommateurs canadiens prévoient débourser en moyenne 1487 $ en cadeaux, en voyages et en divertissement, soit 11 % de moins que l’an dernier. C’est la deuxième année d’affilée que le budget des Fêtes diminue dans la majorité du pays, après une année 2024 record.

« Les gens font attention, ils font des choix et ils adoptent des stratégies pour optimiser leur budget des Fêtes », résume Sébastien Doyon, associé, services-conseils chez PwC Canada. Selon lui, la hausse générale du coût de la vie réduit le revenu disponible pour les dépenses discrétionnaires, tandis que l’incertitude économique et géopolitique rend les consommateurs plus frileux.

Les prévisions varient d’une génération à l’autre, selon ce coup de sonde mené auprès de 1000 personnes. La génération X prévoit de réduire ses dépenses de 21 %, les baby-boomers de 18 % et les millénariaux de 6 %.

Les familles avec enfants font bande à part : elles prévoient de dépenser près de deux fois plus que les ménages sans enfant. « Les millénariaux sont dans une période de leur vie où les dépenses sont à leur maximum, explique M. Doyon. Ils ont les cadeaux pour les enfants à prévoir, mais aussi les déplacements pour aller voir la famille. »

La génération Z est la seule à prévoir d’augmenter son budget, de 8 %.

Les voyages écopent

Ce sont les voyages — séjours au soleil, week-ends de ski ou visites à la famille — qui seront les plus touchés, avec une baisse de 14 % des dépenses prévues. La hausse du prix de l’essence et du kérosène, dans le contexte de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz en février, n’y est pas étrangère.

Pour continuer de gâter leurs proches, 38 % des membres de la génération Z et 33 % des millénariaux comptent magasiner durant le Vendredi fou, tandis que 43 % des baby-boomers miseront sur les rabais de dernière minute en décembre.

Le Québec, une exception

Le Québec est la seule province où les intentions de dépenses demeurent stables : les Québécois prévoient débourser 1497 $ contre 1532 $ en 2025 (-2 %).

M. Doyon avance que la hausse des coûts de l’énergie y a été moins importante qu’ailleurs, ce qui a pu atténuer la pression sur les ménages. « On a aussi un taux d’emploi quand même bon au Québec, notre économie est plus diversifiée que d’autres provinces, on a donc une plus grande résilience », souligne-t-il.

Et comme le budget des Québécois est depuis des années bien en deçà de celui des autres provinces, il y voit aussi « une forme de rattrapage ».

Achat local

Comme l’an dernier, la guerre commerciale entre Ottawa et Washington risque de s’inviter sous le sapin. Selon PwC, 72 % des Canadiens comptent rechercher des cadeaux fabriqués ailleurs qu’aux États-Unis, et 54 % choisiront, entre deux produits comparables, celui fabriqué au Canada même s’il coûte plus cher. Ils étaient 49 % à l’affirmer l’an dernier.

Le sondage ayant été mené au début de l’été, avant la nouvelle escalade tarifaire, ces chiffres pourraient être plus élevés. Reste que le patriotisme économique a ses limites. « Il y a un prix à payer pour acheter local, et le budget des Canadiens n’est pas élastique », nuance M. Doyon.

L’IA, compagnon de magasinage

L’intelligence artificielle gagne par ailleurs du terrain dans les habitudes de magasinage. Selon PwC, 28 % des répondants prévoient d’utiliser l’intelligence artificielle pour comparer les prix et les produits ou trouver des idées de cadeaux, contre 17 % en 2025. Le phénomène est marqué chez les jeunes, même si 59 % des membres de la génération Z et des millénariaux disent ne pas vouloir y recourir. Par ailleurs, 74 % des Canadiens privilégient encore les achats en magasin.

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