J’aime Lane Hutson

Le petit valentin naît le 14 février 2004, à Holland au Michigan. Il grandit en Illinois, dans une banlieue de Chicago. Son nom de famille commence par H comme le mot hockey. Son père, Rob Hutson, est un ancien joueur de hockey, son frère aîné Quinn est un joueur de hockey, ses deux frères cadets, Cole et Lars, sont des joueurs de hockey. Et sa mère fait tout pour que sa gang soit hockey. La famille Hutson est la famille Dion du hockey.
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Lane est très petit pour un joueur de hockey. Les joueurs petits, normalement, décident d’être des attaquants. Lane décide d’être un défenseur. Parce qu’un défenseur ne fait pas que défendre, c’est lui, le quart-arrière, c’est lui qui organise la contre-attaque. Le défenseur récupère la rondelle et initie le mouvement.
C’est l’incroyable talent de Lane Hutson : savoir quoi faire avec la puck. C’est un créateur de contenu. Il imagine des séquences de quelques secondes qui déjouent les plans de l’adversaire. La force de Hutson est dans son casque, c’est son cerveau. Son intelligence du jeu. Dans sa tête, ça va encore plus vite que sur la glace. C’est la fast Lane, la voie rapide.
Malgré tous ses succès dans les rangs mineurs (63 points en 60 matchs, en 2021-2022, qui lui ont valu d’être nommé meilleur défenseur du Championnat mondial des moins de 18 ans), les recruteurs l’ont loin sur leur liste d’espoirs pour le repêchage de 2022.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
Lane Hutson au repêchage de 2022
Parce que les hommes de hockey aiment les gros défenseurs. Capables de tasser leurs rivaux, de leur rentrer dedans, de leur faire mal.
Malgré ses statistiques impressionnantes, les seuls chiffres qui frappent les bonzes de la LNH, c’est 5 pieds 8 pouces, 150 livres et quelques. Y est ben trop petit, y a rien à faire avec lui.
Avant la séance de repêchage à Montréal, Hutson rencontre plusieurs équipes, avec dans sa mallette un rapport médical rédigé par un endocrinologue ainsi que des radiographies des os de sa main démontrant que son âge osseux est inférieur à son âge réel. Bref, que sa croissance osseuse n’est pas terminée. Le petit Lane plaide sa cause : « Ne vous fiez pas à ce dont j’ai l’air en ce moment, un jour il y a de bonnes chances que je sois bien plus gros. »
Ça ne convainc personne. Le meilleur défenseur au Championnat mondial des moins de 18 ans est repêché au 62e rang. C’est le Canadien qui allume en premier. Il était temps.
Après deux années productives avec l’Université de Boston, Hutson joue les deux derniers matchs de la saison du CH, en avril 2024. Il amasse deux points. C’est parti dans la cour des grands !
En 2025, il remporte le trophée Calder, remis à la recrue de l’année, prouvant à tous les directeurs généraux que ce n’est pas la taille qui compte, c’est ce qu’on fait avec.
En 2026, il obtient encore plus de points et s’établit comme le chef d’orchestre du Tricolore. Sa baguette, c’est son bâton de hockey. Son coup de patin est sa danse. Sa partition, c’est la musique qu’on entend quand son club vient de scorer.
J’aime Lane Hutson.
Parce qu’il a la modestie des petits.
Parce qu’il a l’ambition des géants.
J’aime Lane Hutson.
Parce qu’il aime le hockey comme un enfant aime le hockey. Il n’en a jamais assez. Les 84 matchs, les séries, les entraînements, les entraînements optionnels, les matchs préparatoires, les parties entre amis l’été… si c’était juste de lui, il serait tout le temps sur la glace. Il dormirait avec ses patins.
Parce qu’il est un travailleur acharné, acharné comme l’est un travailleur qui n’a pas l’impression de travailler, mais de simplement exister. Parce qu’il ne cesse jamais de s’exercer pour améliorer son tir. Et ça fonctionne. Il a compris : vous avez beau être doué, il y a toujours quelque chose à peaufiner.
J’aime Lane Hutson.
Parce que j’ai toujours hâte qu’il saute sur la patinoire. Ça ne m’était pas arrivé depuis Guy Lafleur. D’espérer à répétition le retour d’un joueur au cours d’un match. Sa seule présence rendant tout possible. Sa seule présence faisant que j’y crois. J’y crois encore plus. Parce que le plus, c’est lui. Le +48. Quand il n’est pas là, je m’ennuie de lui, comme Gotham s’ennuie de Batman. On a besoin de toi, le héros, pour vaincre les méchants.
J’aime Lane Hutson.
Parce que bien qu’il soit le joueur le plus léger de la Ligue nationale, c’est lui le plus malin, comme Astérix et la Fourmi atomique. Enlevant la rondelle aux taupins pour défendre son gardien.
Parce que je n’ai jamais vu jouer un joueur comme lui joue. Toujours en train de changer de côtés, une épaule relevée. Toujours en train d’accélérer, de freiner, de zigzaguer, de chercher, et de chercher, et de chercher, pour finalement trouver le coéquipier dégagé, le coéquipier oublié, et lui remettre le disque pour le faire marquer.
J’aime Lane Hutson parce qu’il passe aux autres, parce qu’il pense aux autres.
J’aime Lane Hutson.
Parce que lorsqu’il se trompe, lorsqu’il fait une erreur, parce que ça lui arrive, comme ça arrive à tous ceux qui tentent de se surpasser, il s’en veut. Il l’assume. Mais ça ne l’arrête pas. Au contraire, ça le motive à faire mieux.
J’aime Lane Hutson.
Parce qu’après un exploit, il ne fanfaronne pas. Parce qu’après un match, il pense au prochain match.
J’aime Lane Hutson parce que c’est l’Américain qui rapporte le plus aux Canadiens !
J’aime Lane Hutson parce que depuis Jean Béliveau, Guy Lafleur et Patrick Roy, je n’ai jamais autant aimé un joueur de mon équipe préférée.
Merci, Lane, d’avoir créé, parmi tout ce que tu crées, ce sentiment en moi.
Qui fait qu’à cause de toi, j’aime encore plus le CH, j’aime encore plus le hockey.
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