0,17 € le kWh : la guerre des centimes entre E.Leclerc et Lidl pour la recharge la moins chère de France
Après le coup d’éclat de Lidl abaissant son tarif de recharge AC à 0,18 €/kWh, E.Leclerc riposte immédiatement en dégainant une offre à 0,17 €/kWh sur ses bornes 22 kW. Que cache cette bataille sur le prix de la recharge ?
Sur le marché de la grande distribution, la bataille du pouvoir d’achat ne se joue plus seulement sur la boîte de conserve ou le paquet de pâtes, mais aussi sur le parking. Alors que l’essence reste chère et que les automobilistes bifurquent en masse vers l’électrique, afficher « la recharge la moins chère de France » est devenu le nouveau Graal marketing des enseignes. Enfin, surtout de deux enseignes.
En l’espace de deux semaines, Lidl et E.Leclerc se sont engagés dans un duel au sommet à coups de centimes d’euro, avec un seul objectif : claironner la première place sur les comparateurs. Les électromobilistes s’en réjouissent, mais cette guerre prête un peu à sourire.
La guerre des centimes : E.Leclerc répond du tac au tac à Lidl
Michel-Édouard Leclerc a depuis février accéléré la communication autour de la recharge « la moins chère de France », mais la réalité sur les parkings du supermarché n’était pas forcément aussi spectaculaire qu’annoncée. Puis, début juillet, l’enseigne annonce une recharge électrique à 0,19 €/kWh (sur les bornes lentes). Enfin un tarif réellement intéressant, pour ceux qui n’ont pas forcément de solution de recharge à domicile.

Le nouvel épisode a débuté mi-septembre lorsque Lidl a frappé un grand coup en baissant le tarif de ses bornes en courant alternatif (AC jusqu’à 22 kW) de 0,29 € à 0,18 €/kWh via son application Lidl Plus. Une ristourne spectaculaire de près de 38 % qui plaçait immédiatement le discounteur allemand en tête des réseaux les plus compétitifs de l’Hexagone.
La réplique ne s’est pas fait attendre. Via son application Charge E-Lec et sa carte de fidélité, l’enseigne d’hypermarchés a réajusté sa grille tarifaire pour afficher 0,17 €/kWh sur ses bornes 22 kW, et ce dès le 5 octobre 2026. Un centime de moins, tout pile, pour reprendre officiellement la couronne de la recharge la plus abordable du pays.
Ce que ça change vraiment pour le client
Si l’annonce fait les gros titres, quelle est la réalité économique pour l’automobiliste branché sur le parking ? Nos cousins de Frandroid se sont posé la question et ont sorti la calculatrice : l’écart réel sur une session de charge est minime par rapport à une charge à domicile. Cette offre s’adresse plus globalement aux clients qui n’ont pas forcément l’opportunité de se recharger chez eux. Mais mieux vaut alors faire ses courses très lentement pour récupérer suffisamment de kilomètres d’autonomie.

Cette offre est surtout intéressante pour ceux dont la voiture accepte la charge AC jusqu’à 22 kW (présente sur plusieurs véhicules Renault et, plus rarement, proposée en option chez des marques étrangères), et moins pour ceux qui sont limités à 11 kW (ou moins).
Sans tenir compte du temps de recharge, une recharge complète d’une batterie de 50 kWh (équivalent à une Renault 5 ou une Peugeot e-208) présente un écart de quelques centimes :
- Chez Lidl (0,18 €/kWh) : la facture s’élève à 9,00 €.
- Chez E.Leclerc (0,17 €/kWh) : la facture tombe à 8,50 €.
L’économie maximale réalisée en traversant la rue pour aller chez E.Leclerc plutôt que chez Lidl est de 50 centimes d’euro sur une recharge complète, et ce sera rarement le cas, vu qu’il s’agit de bornes lentes. Il est plus probable que vous ne récupériez qu’une partie de cette économie. Après, si vous faites cela plusieurs fois par semaine tout au long de l’année, l’écart peut devenir substantiel.
Un coup marketing plus qu’autre chose
Le véritable angle mort de cette guerre des prix réside dans la vitesse de charge en courant alternatif (AC). Les tarifs promotionnels affichés par les deux géants de la distribution concernent uniquement les bornes lentes ou semi-rapides plafonnées à 22 kW, et non les bornes rapides en courant continu (DC).
C’est un bon début, mais c’est insuffisant pour beaucoup de clients qui privilégient des bornes un peu plus rapides, notamment s’ils n’ont pas de chargeur à domicile. Ces bornes lentes ont en plus tendance à attirer des voitures ventouses, qui seront laissées par leur propriétaire toute la journée pendant qu’il travaille à proximité.
Ne boudons pas notre plaisir : payer une recharge à 0,17 € ou 0,18 € le kWh sur un parking de supermarché reste une bonne affaire, à un tarif inférieur au tarif réglementé d’EDF à la maison (hors offres Tempo ou heures creuses). Mais cette surenchère à un centime relève avant tout du coup de communication génial.
En cassant les prix sur de la recharge AC jusqu’à 22 kW, moins coûteuse à déployer que des stations rapides DC, E.Leclerc et Lidl s’offrent une vitrine publicitaire imbattable pour faire venir les automobilistes en magasin. Le consommateur y gagne quelques centimes sur sa recharge, mais ce sont les enseignes qui encaissent le panier de courses. Qui est vraiment le gagnant dans l’histoire ?
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