«Michelle et les chats de ruelles»: la liberté, c’est tout!
Éplorée au pied de la falaise du Sault-au-Matelot, la mère Michelle (Anne Painchaud) raconte que son chat Moustache (Patrick Ouellet) s’est faufilé dans l’entrebâillement de la porte et a pris la clé des ruelles. Dans un ultime espoir, elle demande aux spectateurs de l’aider à le retrouver. Avec sa toute nouvelle création, le Théâtre des Confettis sort dans la rue et fait vibrer la ville au rythme d’une musique swing.
Adapté du projet musical Les chats de ruelles de Frédéric Brunet, Michelle et les chats de ruelles est une invitation à prendre part à l’histoire et à accompagner, le temps d’une petite marche, la maîtresse dans sa quête. Dans un parcours déambulatoire, les spectateurs quittent La Caserne, empruntent la rue Saint-Paul, ouvrent l’œil et découvrent quelques affiches évoquant la disparition du fugitif poilu noir et blanc — une récompense est même promise — puis arrivent à la rue Sous-le-Cap, où s’amorce ce théâtre musical. Une première rencontre a lieu entre la petite troupe et un chat de gouttière, rebelle aux allures de voyou (Frédéric Brunet). Cigarette au bec, slide guitare en main, il pourra peut-être aider contre quelques croquettes, mais rien n’est moins sûr. La discussion s’interrompt lorsque Moustache apparaît pour mieux disparaître sous les balcons de la ruelle. S’ensuit une deuxième rencontre tout aussi infertile avec une chatte farouche (Miryam Amrouche) et une troisième avec un balourd importuné par sa boule de poils (Steve Hamel). Maniant cymbales et caisses, Hamel ajoute à l’ambiance déjà festive de l’ensemble. L’arrivée de Moustache ou plutôt de Jack Lagriffe — son nom de rue — et son harmonica complète cette traversée enlevante. Hymne à la liberté, réflexions sur l’amour et ses limites, sur l’attachement et la possessivité, Michelle et les chats de ruelles est une proposition in situ, ancrée dans un univers en marge, une arrière-scène qui valorise le vivre et laisser vivre.
Scander la liberté
Cette balade rythmée, chantée et ficelée de rimes est mise en scène par Maxime Robin, qui exploite avec audace et finesse les beautés de cette partie de la ville de Québec tout en rapprochant le théâtre des gens. Inclusive et entraînante, sa proposition permet non seulement aux jeunes et moins jeunes de palper ce sixième art, de prendre part à l’histoire, mais aussi de réfléchir dans un espace ouvert à ces notions d’enfermement et de liberté. Tout dans ce spectacle invite par ailleurs à décloisonner les habitudes, à laisser chacun être « maître de son destin [car] la vie n’attend pas à demain ».
La musique swing de Frédéric Brunet traduit avec justesse le besoin d’évasion de ces chats — qui pourraient tout aussi être des humains — qui ne demandent qu’à être respectés dans leur marginalité, leur désir de s’épanouir en dehors des codes rigides et étouffants. Les costumes aux allures punk de Marianne Lebel épousent en ce sens cet univers de vagabondage et tranchent avec le nœud papillon du chat domestique Moustache. Un spectacle musical anticonformiste porté par une bande de comédiens-chanteurs incarnés qui donnent envie de voir jusqu’où la liberté peut nous mener. Fameux.
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