Immigration: fin de l’accord «One in, one out» à la frontière franco-britannique

Conclu à l'été 2025, l’accord « One in, one out » était la cible des associations de défense des droits humains. L'accord franco-britannique d'échange de migrants est remisé au placard. Ce mercredi 30 septembre, Londres a annoncé la fin du dispositif, indiquant dans un communiqué qu'il n'y avait « plus de nouveaux dossiers traités » dans le cadre de cet accord, dont la période de test devait expirer ce jeudi 1er octobre.
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Le principe était inédit en matière d'immigration. Si Paris acceptait le renvoi d'un exilé arrivé au Royaume-Uni de façon illégale, Londres acceptait de son côté d'accueillir légalement un exilé se trouvant en France. Mais ce système d'échange, entre les deux côtés de la Manche, n'a pas atteint son objectif : dissuader les migrants de franchir illégalement cette mer frontière entre la France et la Grande-Bretagne, en ajoutant aux risques de la traversée celui de l'expulsion à l'arrivée en Angleterre.
Une initiative britannique
Longtemps, les Britanniques ont tenté de convaincre leurs voisins d'accepter le principe, traduit « Un pour un » en français. En juillet 2025, l'ancien Premier ministre, très anti-immigration, Keir Starmer y parvient. C'est Bruno Retailleau qui est alors ministre de l’Intérieur en France. Les deux pays se donnent un an et demi pour expérimenter ce système.
Interrogé en février sur son application par une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la frontière, Cyrille Baumgartner, l'ambassadeur de France chargé des migrations, précisait que son efficacité serait jugée en fonction de l’évolution du nombre de traversées. Or, les autorités britanniques en ont recensé 50 000 en 2025 et près de 17 000 sur les six premiers mois de l'année 2026, soit des chiffres qui ne cessent d’augmenter depuis 2023, et ce, malgré le risque d’expulsion.
« Des chiffres relativement modestes »
Le gouvernement britannique travailliste, qui présentait cet accord comme révolutionnaire, a tenté ces derniers mois d'obtenir la poursuite de l’expérimentation. Mais la ministre de l’Intérieur a fini par reconnaître les limites de l’exercice. « Cela ne va pas sans poser de défis, évidemment. Les chiffres restent relativement modestes, a avoué Shabana Mahmoud, il y a deux semaines, devant les parlementaires britanniques. Il y a de nombreux obstacles opérationnels pour pouvoir augmenter le nombre d'éloignements effectifs chaque semaine, notamment au regard du système français. La tâche est complexe aussi pour nous. »
Près de 1 400 personnes ont ainsi été transférées de Grande-Bretagne vers la France, pour un objectif initial de 2 600 échanges. Cela représente seulement 4 % des personnes arrivées par petites embarcations sur le sol anglais. Selon le journal britannique The Guardian, près de 50 migrants renvoyés par la Grande-Bretagne en France, ont traversé à nouveau la Manche.
La France se tourne vers l’Union européenne
Les obstacles à l'application de cet accord semblent venir de France. Paris a toujours été plus réticente à cet accord bilatéral. Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, disait en juin vouloir une approche plus européenne. Il estimait que la France ne pouvait plus être le seul pays à être responsable d’une frontière extérieure de l'Union.
De son côté, le Royaume-Uni, depuis le Brexit, ne bénéficie évidemment plus du même niveau de coopération avec Bruxelles. Pour l'actuel chef du gouvernement, Andy Burnham, la sortie de son pays de l'Union européenne a rendu plus difficile la lutte contre les traversées clandestines de la Manche. Son gouvernement envisagerait donc de changer complètement d'approche, en renforçant les mesures de contrôle tout en ouvrant des voies légales et sûres pour les demandeurs d'asile. Ce qui, selon Andy Burnham, mettrait fin à l'une des principales sources de revenus des passeurs.
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