Deux morts du virus du Nil en Belgique : les réponses aux questions que vous vous posez, « on va devoir prendre de nouvelles habitudes »

Deux personnes contaminées par le virus du Nil occidental ont perdu la vie en Flandre, a indiqué jeudi l’agence flamande de la santé. Il s’agit de personnes qui étaient à risque de développer une forme grave de la maladie.
Faut-il s’inquiéter ? Quels sont les risques d’être contaminé ? Certaines personnes doivent-elles se protéger ? Éléments de réponses avec le virologue Yves Van Laethem.
Qu’est-ce que le virus du Nil ?
Le virus du Nil occidental (ou West Nile Virus) est un arbovirus principalement transmis par des moustiques et susceptible de provoquer des atteintes neurologiques chez l’être humain. Présent chez les oiseaux, il peut être transmis à l’humain par des moustiques s’étant nourris du sang d’un oiseau infecté.
Deux morts en Belgique, est-ce une surprise ?
Non. « On ne fait que suivre nos amis Néerlandais qui ont déjà plusieurs morts et de nombreux cas », explique Yves Van Laethem. En Belgique, seuls quelques cas ont été recensés, mais tout porte à croire que le virus circule de manière plus importante. « On est au courant des cas cliniques. 80% des cas sont asymptomatiques, 20% sont symptomatiques dont seulement 1 % correspond à des cas sévères », poursuit l’expert. Chez ces cas sévères, le taux de mortalité est toutefois élevé, de 20 à 30 %. Statistiquement, on peut donc imaginer que plusieurs centaines de personnes sont contaminées dans notre pays.
La transmission interhumaine est-elle possible ?
Non. Le risque de transmission entre humain est nul. Si plusieurs personnes d’une même famille sont contaminées, c’est parce qu’elles ont toutes été piquées par le moustique porteur du virus.
Les risques sont-ils plus importants en cette période de l’année ?
Heureusement, la saison du virus du Nil se termine. Elle est liée à la présence de moustiques, donc de juillet à la mi-octobre. Le virus est transmis uniquement par les moustiques. Et on ne parle pas ici des moustiques exotiques comme le moustique tigre. Ce sont des « culex », des moustiques classiques que l’on voit dans nos jardins, au bord des étangs et qui ont eux été contaminés par des oiseaux auparavant.
Certaines régions sont-elles plus à risque ?
Présent depuis longtemps dans certaines régions d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie occidentale et d’Europe, le virus s’est propagé plus au nord ces dernières années. Les culex piquent plus souvent en soirée et la nuit que la journée. Plutôt dans les campagnes qu’en ville. Ils peuvent piquer aussi bien dans les habitations qu’en dehors.
Y a-t-il un risque d’épidémie ?
Non, il n’y a pas de risque. Le virus est désormais introduit dans le pays et deviendra une réalité chaque année pendant l’été et durant le début de l’automne. Contrairement au coronavirus par exemple, il n’y a pas moyen d’en atténuer les symptômes. 80 % des personnes sont asymptomatiques et ça restera comme ça.
Existe-t-il un vaccin ?
Non. Il n’existe pas de médicament ou de vaccin pour les humains. Il existe un vaccin pour les chevaux, qui sont également vulnérables.
Certaines personnes sont-elles plus à risque ?
Comme souvent, les personnes fragiles, âgées ou immunodéprimées ont plus de chance de développer des formes sévères de la maladie.
Quels risques après la maladie ?
30% des personnes qui survivent après avoir développé la forme sévère de la maladie gardent des séquelles neurologiques.
Existe-t-il un moyen de se protéger ?
« On va devoir commencer à se protéger des vecteurs », suggère Yves Van Laethem. « On va devoir prendre de nouvelles habitudes et, de manière préventive, mettre de l’antimoustique quand il commence à faire humide le soir et que l’on est dehors. C’est un moyen simple, facile et pas coûteux ». Il y a peu, Steven Van Gucht recommandait simplement d’éviter les eaux stagnantes autour des habitations, comme l’eau qui peut rester dans des pots de fleurs ou d’autres récipients.
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