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Thursday, October 1, 2026

Dix ans après le Brexit, le Royaume-Uni pense ouvertement à un retour dans l'Union européenne

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C’était une petite musique en sourdine depuis des mois. Cette fois, le Premier ministre britannique Andy Burnham le dit à voix haute. Il n’exclut pas une nouvelle adhésion à l’Union européenne, un peu plus de dix ans après le référendum sur le Brexit remporté à près de 52 % par les partisans du retrait de l’UE. C’est le Premier ministre britannique qui va le plus loin dans ce sens depuis le vote. 

Toc Toc Toc ! C'est le bruit de l’ex toxique qui revient frapper à votre porte après avoir constaté que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Pendant des décennies, entre Margaret Thatcher et surtout David Cameron, c’est ce qu’ont prétendu certains chefs du gouvernement britannique, en essayant d’obtenir le maximum de l’Europe et en donnant le moins possible. Et en misant notamment sur la relation spéciale avec les États-Unis. Seulement voilà, les États-Unis aujourd’hui, c'est Donald Trump. Andy Burnham se garde bien de dire quelle est son opinion et propose plusieurs possibilités : le statu quo, un retour dans l’union douanière, un retour dans le marché unique ou bien réintégrer l’UE.  

« Bregret »

Il faut dire que les lendemains économiques promis par les Brexiters ne chantent pas vraiment. Les entreprises exportatrices sont en difficulté. Et puis un sentiment de « Bregret », le regret du Brexit s’est diffusé dans la société britannique. Les sondages montrent que si un nouveau référendum avait lieu aujourd'hui, la réadhésion à l’Union européenne l’emporterait. Et puis il y a ce qui s’est passé le 16 septembre au Parlement européen de Strasbourg. Et la proposition d’Ursula von der Leyen au Canada de devenir membre associé de l’Union. C’est-à-dire pas un membre à part entière, mais l’ouverture d’une discussion. Une sorte d’adhésion à la carte. Alors que précisément, les négociateurs européens, le français Michel Bernier en tête, ont expliqué aux Britanniques pendant des années que c’était tout ou rien. Et la proposition faite au Canada n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.   

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« Trahison »

Au Royaume-Uni, les réactions sont plutôt prudentes chez les travaillistes. Andy Burnham a fait cette sortie en plein congrès du Labour. Il s’agit donc de motiver les troupes. Ils savent que le débat est explosif. Et ils savent aussi qu’un sondage qui donnait en juin 55 % en faveur de la réadhésion peut être retourné par une bonne campagne. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé en 2016. Le parti Reform UK de Nigel Farage parle de trahison. Et c’est vrai qu’il y a eu un référendum pour la sortie en 2016. Personne n’en conteste le résultat. Et il y a eu aussi des mandats clairs pour que les conservateurs concrétisent le Brexit.  

Une procédure longue

Les Européens qui ont réagi comme Emmanuel Macron et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez souhaitent déjà la bienvenue au Royaume-Uni, qui est un bon partenaire en matière de défense. Il va néanmoins falloir discuter. Cela peut commencer lors du sommet Royaume-Uni-UE en novembre. Mais ce sera une procédure longue. Il faut faire une demande d'adhésion entièrement nouvelle. Les Britanniques doivent valider un éventuel accord. Et il doit être ratifié par l’ensemble des 27. Autrement dit, la porte risque de ne pas s'ouvrir avant un petit moment. 

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