Meurtre de son voisin à Longueuil en 2025 | Le tueur est désigné « accusé à haut risque »

Un homme qui a tué son voisin, alors qu’il était en plein délire, l’an dernier à Longueuil, ne risque pas de sortir de l’institut psychiatrique de sitôt, puisqu’une juge l’a désigné lundi accusé « à haut risque ». Signe de sa dangerosité : Guy Durocher promet de cesser ses médicaments s’il devient libre.
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« La preuve est sans équivoque à l’effet que M. Guy Durocher présente un danger pour la société. L’accusé souffre d’un trouble mental grave dont les symptômes sont toujours présents, malgré la prise de médicaments », a affirmé la juge Hélène Di Salvo lundi au palais de justice de Longueuil.
Guy Durocher a tué son voisin, Patrick Synnott, le 8 janvier 2025. L’homme de 69 ans a été déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux l’an dernier, puisqu’il souffrait d’un trouble délirant paranoïde persécutant au moment des faits. Lundi, la juge l’a désigné « accusé à haut risque », un statut qui limitera considérablement ses sorties de l’institut psychiatrique.
PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE PATRICK SYNNOTT
Patrick Synnott
Guy Durocher était une bombe à retardement. Auparavant un voisin apprécié, il a commencé à terrifier son voisinage en 2024, alors que son état mental se détériorait rapidement. Il a contacté les policiers 12 fois en quelques mois, convaincu que ses voisins voulaient le tuer. Il disait entendre leurs menaces « à travers les murs ».
Dans le voisinage, tout le monde avait peur de lui. Ils étaient nombreux à appeler les policiers dans l’espoir qu’il soit pris en charge par le système. Mais ce n’est jamais arrivé. « Pourquoi le système ne s’est pas occupé de lui avant que tout ne dégénère ? », s’est interrogée une femme devant la cour, l’an dernier.
« Le Tribunal espère que cette décision apaisera l’inquiétude des anciens voisins de M. Durocher. Le Tribunal souligne également le courage et les efforts de ces gens, dont M. Synnott, qui ont tout fait pour aider l’accusé afin qu’il obtienne les soins appropriés », a conclu la juge Di Salvo.
« Papa, tu étais tout pour moi »
Hospitalisé en psychiatrie à deux reprises au printemps 2024, Guy Durocher retourne chez lui après avoir accepté d’être suivi et de prendre sa médication. Or, il cesse de la prendre et refuse de voir un intervenant. Il ne verra plus de médecin après juin 2024. Guy Durocher tombe dans les « craques du système ».
Quand Guy Durocher perce les pneus de la voiture de son voisin Patrick Synnott en janvier 2025, ce dernier se rend au poste de police pour faire part de son inquiétude. « Attendez-vous qu’il arrive un meurtre ? », lance-t-il alors à une policière. Six heures plus tard, Patrick Synnott était poignardé à trois reprises par son voisin délirant.
L’an dernier, la fille de 13 ans de la victime a rendu un hommage crève-cœur à son père devant le tribunal.
« Ta disparition a bouleversé ma vie. Treize ans ? C’est trop court. Quatre mille sept cents jours de bonheur et d’amour. Je pleure souvent… Je suis seule avec ce vide que rien ne comble vraiment. Papa, tu étais tout pour moi », écrivait l’adolescente.
« Mon père était une très bonne personne. Il ne méritait pas ça. Il est temps que les choses changent », a-t-elle ajouté.
Un an et demi plus tard, Guy Durocher nie toujours souffrir d’une maladie mentale. Il ne fait aucun lien entre son passage à l’acte et sa maladie. À ses yeux, il s’est défendu devant une menace réelle, selon un psychiatre.
Ainsi, s’il sort un jour de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, Guy Durocher a de fortes chances de faire à nouveau du mal à quelqu’un, comme il prévoit cesser immédiatement sa prise de médicaments, estime la juge.
Me Caroline Bouchard-Lauzon a représenté le ministère public, alors que Me Rémi Quintal et Me Agathe Léouffre ont défendu M. Durocher.
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