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Wednesday, September 30, 2026

Démantèlement du clan Lopez | Les enquêteurs se sont lancés dans un véritable travail de moine

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Cent-vingt téléphones cellulaires et autres appareils électroniques, une centaine de comptes bancaires par lesquels 45 000 opérations ont été effectuées en cinq ans, 80 000 documents divers, de la comptabilité, des transactions réalisées par le biais d’une vingtaine de fiducies et sociétés actives et inactives ; les enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada, des juricomptables et des employés de l’Agence du revenu du Canada ont passé des mois à analyser toute la preuve de l’enquête Chrome.

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Cela explique pourquoi il a fallu quatre ans de travail avant d’arrêter et d’accuser les membres du clan Lopez de la mafia montréalaise mardi matin.

« Nos enquêteurs ont dû extraire et analyser les données de dizaines de téléphones cellulaires. Imaginez tout ce que contient votre téléphone : les messages, photos, fichiers, etc. se comptent par milliers. Les policiers ont dû trier et identifier spécifiquement ce qui concerne des activités criminelles », a écrit à La Presse la caporale Marie-Pierre Guertin de la GRC.

PHOTO FOURNIE PAR LA GRC

Certains des équipements saisis par les enquêteurs durant leurs perquisitions.

« L’expertise des membres de l’Agence du revenu du Canada-dont certains ont travaillé directement dans les bureaux des enquêteurs de la GRC-nous a été essentielle dans l’analyse des preuves en lien avec le blanchiment d’argent et pour comprendre les stratagèmes complexes, entre autres en lien avec les fiducies, employés par l’organisation criminelle présumée ».

« Dans le cadre de cette enquête, nous avons également pu compter sur l’expertise du Groupe de gestion juricomptable, du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) et la Direction générale des biens saisis », a poursuivi la caporale.

Le travail de col blanc des enquêteurs n’est pas terminé ; ils doivent maintenant démontre que les immeubles bloqués appartenant à la famille Lopez ont servi de biens infractionnels ou sont le fruit de produits de la criminalité pour qu’ils puissent être confisqués par l’État.

Depuis que la Cour suprême du Canada a rendu en 2016 l’Arrêt Jordan, qui limite les délais judiciaires, la police doit amasser toute sa preuve, et la Poursuite, analyser la totalité de celle-ci, pour être prête à procéder dès le moment des arrestations et de la mise en accusation.

Une caution de plus de 100 000 $

Quinze individus reliés au clan Lopez-dont les présumées têtes dirigeantes Franco et son frère Pasquale Lopez-, ont été arrêtés mardi matin par les enquêteurs de l’Unité mixte d’enquête sur le crime organisé (UMÉCO) de la Région est (Québec et Maritimes) de la GRC.

Ils ont été accusés de gangstérisme, complot, trafic de cocaïne, possession de cocaïne dans un but de trafic, recyclage des produits de la criminalité et possession et trafic de biens criminellement obtenus, mardi après-midi au palais de justice de Montréal.

Les deux frères Lopez ont été remis en liberté sous caution et sous conditions strictes mardi.

La juge a ordonné à Franco Lopez de verser la somme de 75 000 $, en échange de sa libération. Celle de son frère, Pasquale, a été fixée à 30 000 $.

Il leur est notamment interdit de posséder ou de porter une arme. Ils seront soumis à un couvre-feu et ne pourront pas entrer en contact avec certains de leurs coaccusés.

« Ce sont des conditions extrêmement strictes, sévères. » -Me Nancy Perreault, procureure du Service des poursuites pénales du Canada.

Me Perreault a souligné que les perquisitions dans ce dossier avaient eu lieu il y a plus de deux ans et que plusieurs suspects savaient qu’ils étaient dans la mire depuis ce moment. Des discussions avaient déjà eu lieu concernant les conditions qu’ils pourraient respecter s’ils étaient remis en liberté dans l’attente de leur procès.

« Nous étions en contact avec les avocats des accusés et nous avons pu discuter des conditions », dit-elle.

Ils comparaîtront à nouveau le 7 décembre.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

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