«Mongols», «nunuche» et «esti de voleur»: un candidat conservateur mitraillait les insultes sur X
Souverainistes comparés à des « mongols » ; partisans de la gestion de l’offre assimilés à des « esti de voleurs » ; chroniqueuse réduite à une « nunuche » : les propos passés de Dominique Dumas, ancien de Radio X aujourd’hui candidat conservateur dans Chutes-de-la-Chaudière, s’ajoutent aux controverses qui agitent le parti d’Éric Duhaime depuis le début de la campagne.
Un des premiers gestes que l’ancien animateur a posés à son arrivée en politique fut de se donner une virginité numérique par la suppression de centaines, voire de milliers de messages polémiques sur les réseaux sociaux.
« Ce n’est pas nécessairement que je n’assume pas ce que j’ai dit ou la manière dont j’ai débattu, mais je ne voulais pas non plus, explique le candidat, que mes propos soient sortis de leur contexte. »
Plusieurs d’entre eux font néanmoins aujourd’hui surface. Ils peignent le profil d’un internaute prompt à dégainer l’insulte face à ses adversaires et à exprimer son mépris devant des opinions contraires aux siennes.
En 2022, sur le réseau X, par exemple, il se moquait de Geneviève Pettersen, aujourd’hui candidate de la Coalition avenir Québec dans L’Assomption, en la qualifiant de « nunuche » pour avoir écrit dans une chronique que les complotistes et l’extrême droite voulaient « annihiler le système occidental ».
Dominique Dumas avait aussi comparé le confinement décrété pendant la pandémie à de la violence conjugale. « Je me sens de plus en plus comme une femme battue avec un conjoint violent et abuseur », avait-il écrit sur X en mars 2021. Il avait aussi mis en parallèle l’imposition du masque et du passeport vaccinal et les contraintes subies par les femmes sous la théocratie iranienne.
« Fuck les végans » et « esti de voleurs »
Une manifestation contre la cruauté animale tenue dans une succursale de Costco située à Montréal avait aussi fait bondir Dominique Dumas en septembre 2021. Dans plusieurs messages publiés sur X, il avait utilisé le mot-clic #SamediSoirFuckLesVegans à plusieurs reprises et multiplié les émojis de doigt d’honneur à l’endroit du mouvement.
La gestion de l’offre dans le secteur laitier ne trouvait pas plus grâce à ses yeux lors d’un échange avec un agriculteur sur X en 2019. Dans ce dernier, il comparait le système à une « mafia du lait » et tranchait le débat de la sorte : « Si t’es un producteur de lait qui reconnaît la merde dans la gestion de l’offre, t’es correct avec moi. Si tu défends le système, t’es un esti de voleur. »
Son propre chef, Éric Duhaime, a vanté la gestion de l’offre il y a deux semaines. « Il n’est pas question de reculer, a lancé le chef conservateur le 19 août dernier. Le système est là présentement et il fonctionne. »
Dominique Dumas a aussi saupoudré le terme « mongols » en guise d’insulte dans des dizaines de messages publiés au fil des ans, associant l’épithète dénigrante aux gens qui affichaient leur allégeance souverainiste en ligne, aux médias, aux « esti de Québécois mongols » qui ont hâte à l’hiver et, même, aux gens de Montréal.
« Y’a des mongols partout, mais à Mtl, ils sont assez nombreux pour entretenir leur maladie en groupe », écrivait-il en 2015 sur X. Dominique Dumas a aussi dénoncé « la fraude de l’équité salariale » en 2019 et suggéré sur un ton sarcastique, cette fois en 2009, qu’au nom de la parité, l’admission des femmes à l’université devrait être contingentée parce qu’elles étaient désormais plus diplômées que les hommes.
La faute aux réseaux sociaux
« Mon but n’était pas d’offenser le monde, assure l’homme de radio devenu politicien. Sur les réseaux sociaux, ça arrive qu’on s’enflamme, qu’on se traite de noms d’un bord pis de l’autre. Ça fait en sorte que nos propos dépassent notre pensée un peu. »
Le candidat impute ces débordements à la « nature » des plateformes en ligne. « Quand t’as pas une personne humaine en face de toi, un à un, c’est plus facile de s’emporter parce que tu réagis à l’écrit. »
Il insiste pour dire qu’au cours de sa carrière à la radio, il a toujours attaqué « les propos plutôt que les personnes elles-mêmes ». L’utilisation du terme « mongol », explique-t-il, n’avait aucune connotation péjorative à l’égard des personnes atteintes de trisomie. « C’est un peu comme se traiter de cave. C’était un mot parmi tant d’autres pour se traiter de niaiseux. Ça ne fait pas de toute personne qui n’est pas d’accord avec moi un mongol, un cave ou un épais. »
Il reconnaît néanmoins qu’il utilisait le terme « trop facilement par le passé » et promet qu’advenant son élection, il n’emploiera plus des mots semblables. « Anyway, ils doivent être bannis toute la gang — avec raison. »
Dominique Dumas soutient qu’en matière d’équité salariale, « le but est noble, mais la manière d’y arriver est un peu douteuse » parce que « des fois, c’est un peu tiré par les cheveux ».
Il émet aussi des réserves quant aux quotas fixés pour atteindre la parité. « Souvent, ça va soulever un doute : “Coudon, elle est-tu là à cause de ça ?” »
Plusieurs candidats, majoritairement conservateurs, ont vu leurs propos revenir les hanter depuis le lancement de la course électorale. Leur chef, Éric Duhaime, estime que les controverses soulevées constituent autant de « distractions » mises sur sa route par ses adversaires.
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